Adolescence, adulescence, incohérence et inconséquence.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2015-01-09 08:06:10

Adolescence, adulescence, incohérence et inconséquence.

Bonjour et merci, PEB.

1. Dans cette affaire, depuis le mercredi 7 janvier 2015, le clergé, la classe médiatique, et la noblesse, la classe politique, mettent en demeure et en mesure le tiers état de se conformer à un niveau ou à un quantum d'adolescence, d'adulescence, d'incohérence et d'inconséquence rarement rencontrés jusqu'ici.

2. Nous sommes ainsi "sommés", pendant l'office du soir, qui commence à 20 heures :

- de réagir, que dis-je, de ressentir, sans réfléchir : or, si s'émouvoir, c'est opiner, ressentir, c'est approuver, c'est souscrire au conditionnement falsificateur et manipulatoire dont on est l'objet ;

- d'élever les dessinateurs et les journalistes victimes de cet attentat au rang d'icônes ou d'idoles, de combattants de la liberté, comme si la liberté était anoblie, couronnée, à chaque fois, ou à coup sûr, par la transgression ;

- de ne pas nous poser quelques questions fondamentales

a) sur l'identité, les intentions, les intérêts, les objectifs, de ceux qui financent, de ceux qui permettent (notamment la promotion), et de ceux qui promeuvent le djihad, que ce soit en France ou hors de France ;

a) sur le lien entre la mise en avant et en valeur du djihad, sur le sol de France, et la mise en oeuvre et en place du même djihad, sur le territoire national ;

- de ne pas nous poser d'autres questions également fondamentales, sur l'inconséquence qui consiste à émettre des mots d'ordre, dans l'espoir d'unifier autour de ces mots d'ordre, pour l'amour et la paix, donc contre la guerre et la haine, sans désigner concrètement, précisément, la source d'inspiration des principes et des pratiques contre lesquels il s'agit de partir en "résistance".

3. L'opinion publique est ainsi mise sous tension, une certaine forme de désorientation générale étant à la fois l'origine et la conséquence de cette mobilisation générale : après-demain, sinon demain, on nous dira en substance :

- si vous n'êtes pas pour la liberté d'expression, c'est que vous avez une attitude liberticide,

- si vous faites l'amalgame entre islam et islamisme, c'est que vous avez un comportement islamophobe,

comme s'il n'était pas possible

- de distinguer entre l'adhésion à la liberté d'expression et la critique de l'usage qu'en faisaient, ou de la vision qu'en avaient, les dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo,

- de constater que ce que l'on trouve dans les fondements et principes de l'islam comporte des éléments qui sont plutôt de nature à prescrire que de nature à proscrire le passage à l'acte djihadiste.

4. Et puis, il y a ceci :

a) Petit Larousse illustré - Grand format, année 1996 :

Page 350 : "Djihad" : "guerre sainte que tout musulman doit accomplir pour défendre ou, éventuellement, étendre, le domaine de l'islam".

Page 1491 : "Mahomet" : (...) "L'institution de la guerre sainte (djihad), devoir de combattre ceux qui n'adhéraient pas à la foi nouvelle, a donné à l'islam le fondement de son expansion future. La Mecque, après de durs affrontements (624, 625, 627), se rallia en 630. Quand Mahomet mourut, l'Arabie était acquise à l'islam."

Islamophobe, le Petit Larousse illustré ?

b) :

Ici.

Ici..

Islamovigilante, la République française ?

5. Prochaine étape de "la manip pour tous" : l'accentuation de l'excommunication médiatique et politique, mais aussi, j'en ai peur, "évangélique", notamment et surtout de tous ceux qui sont à la fois chrétiens, adversaires de l'atlantisme, et adversaires de l'islamisme, et de tous ceux qui sont défenseurs ou promoteurs de la liberté responsable et de la vérité objective.

6. Entendons-nous bien : moi aussi, j'ai de la peine, pour les victimes de cet attentat, pour leurs amis, conjoints, enfants, parents, collègues, confrères, et, en un sens, pour nous tous, enfin ; je pense aussi, à tort ou à raison, aux parents, aux proches, des auteurs de cet attentat ; et c'est sans cynisme, sans ironie, que j'ai écrit ce qui précède.

Mais cette peine ne m'empêche pas d'essayer de réfléchir, d'autant plus que c'est avant tout la mise en oeuvre de la réflexion (et non avant tout celle de la transgression), la réflexion respectueuse des personnes (mais pas nécessairement acritique face aux principes et aux pratiques qui sont les leurs), qui est la plus libératrice et la plus responsabilisante, me semble-t-il.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
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