Qu'est-ce qui distingue l'esprit de Munich de l'esprit d'Assise ?
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2014-12-22 15:26:47
Qu'est-ce qui distingue l'esprit de Munich de l'esprit d'Assise ?
Rebonjour à Aigle,
1. A Munich, en 1938,
- on a cédé à une personne qui était bien présente, et qui incarnait la puissance invitante,
- on a cédé à cette personne et à cette puissance dans le domaine politique,
- on leur a accordé des concessions territoriales, au préjudice de personnes qui étaient absentes, car elles avaient été éloignées.
2. A Assise, en 1986,
- on a cédé (consciemment ? volontairement ?) à un principe qui était bien présent : un principe général d'équivaluation relative, un principe extrêmement puissant, qui s'est invité lui-même,
- on a cédé à ce principe et à cette puissance dans le domaine religieux,
- on leur a accordé des concessions théologales, au préjudice d'objections qui étaient absentes, car elles avaient été éludées.
Dans chacun des deux cas, on a voulu : "la paix, la paix, la paix".
3. Sans doute Jean-Paul II n'a-t-il pas eu l'intention de céder, ni avant, ni pendant, ni après Assise, au principe et à la puissance d'équivaluation interreligieuse évoqués ci-dessus. Il n'empêche que c'est devant les pieds de ce principe et de cette puissance que l'on n'a pas cessé, depuis Assise, de dérouler le tapis rouge.
4. En effet, de même que l'égalisation des conditions consiste à les rendre les plus égales possible, de même, l'équivaluation entre les religions consiste à les tenir pour les plus équivalentes possible. Or, qui, aujourd'hui, combat fermement ou dénonce franchement ce principe général d'équivaluation relative, depuis l'intérieur de l'Eglise, sans se faire traiter d'"intégriste" ?
5. Ce qui précède ne doit en aucuns cas être perçu par qui que ce soit comme une intention de considérer que ce principe puissant est d'inspiration hitlérienne ou nazie ; après tout, quand Philippe SEGUIN, en 1993, a parlé d'un "Munich social", à propos du consentement contemporain au chômage de masse, il n'a pas dit, par exemple, que tous les employeurs qui licencient sont des amoureux du III° Reich, des disciples du Fuhrer, ou quoi que ce soit de ce type.
6. Je suis tenté de parler d'un "Munich (inter)religieux", vis-à-vis du consentement contemporain au "gommage de masse", car c'est bien ce dont il est question ici : on n'efface pas les différences de forme, entre les différentes religions ou traditions, mais on efface le fait que les différences de forme sont elles-mêmes porteuses de divergences de fond ; or, ce sont ces dernières que l'on soumet à un tel "gommage de masse", plus consensuel et utopique que vraiment respectueux de la réalité spécifique au christianisme, par rapport aux religions ou traditions non chrétiennes.
Et ce n'est pas parce que Jean-Paul II n'a certes pas voulu cela que je n'ai pas le droit de constater que c'est surtout à partir du milieu des années 1980 que ce nouvel "esprit de Munich" a commencé à sévir, y compris ailleurs qu'à Assise et un peu avant Assise.
Bonne journée et à bientôt.
Scrutator.
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