Quelques précisions

Le Forum Catholique

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Lycobates -  2014-12-14 23:35:37

Quelques précisions

à vos remarques intéressantes, dont je vous remercie.


il a disposé d'une structure lui permettant d'ordonner des prêtres; il resta en effet préfet jusqu'en 1973. Il est intéressant de constater qu'il a bien ordonné quelques prêtres, qui, ainsi, ont pu être incardinés (question: certes, la préfecture apostolique ne disparaît pas en cas d'exil, mais est-il possible d'y incardiner des prêtres qui ne seraient plus sur son territoire ? La préfecture apostolique peut-elle continuer ses évêques lorsque son titulaire n'est plus sur le territoire géographique de cette dernière ?)



Je ne crois pas, mais il faudrait regarder dans ce cas précis, qu'il y ait eu beaucoup de "structures" dans un vicariat ou une préfecture de mission. Cela dépend un peu des circonstances. En Chine l'Église a eu très peu de temps au XXe siècle. L'abbé Jeker, que j'ai mentionné, et qui avait été ordonné formellement sur le titre de la préfecture de Yung Chow, effectua dans les années 80 un voyage de reconnaissance en Chine pour retrouver les traces de l'oeuvre de Mgr. Kurz. Mais ce fut bien peu.
Or, un préfet apostolique est comme un ordinaire du lieu, même si ce lieu est vaste et n'a pas de structures fixes, même s'il dépend de la Propagande. Sa juridiction est ordinaire, même si le préfet ou le vicaire apostolique l'exerce directement au nom du Pape. Le droit lui impose l'obligation de résidence, et celle de la visitation des quasi-paroisses ou postes de mission, comme aux Ordinaires (sauf force-majeure bien entendu). Il porte sa juridiction ordinaire avec lui où il va, comme un évêque diocésain, et peut l'exercer sur ses sujets, ou ceux qui le deviennent, chez lui, dans sa juridiction ou en dehors, s'il se fait qu'ils sont exilés, comme ce fut le cas. Normalement (mais j'ignore si ce fut fait) un préfet ou un vicaire de mission nomme un propréfet ou un provicaire pour le remplacer en cas d'empêchement; en l'absence de ces derniers c'est le missionnaire le plus âgé qui reprend la préfecture ou le vicariat en main. Mais ici, probablement, tout ce clergé (qui ne fut pas chinois) fut expulsé, et bon nombre des fidèles (eux, des Chinois) ont fui : puisqu'ils se sont retrouvés en partie à New York sous la houlette de leur Préfet.
Ce n'est pas tellement une structure qui rend possible l'ordination de prêtres, c'est d'abord une valide potestas ordinis, mais c'est évident, et c'est la présence d'une juridiction ordinaire qui le permet canoniquement, partout dans le monde en principe. Ce n'est qu'au cas où il souhaite l'excercer sur des non-sujets de sa préfecture, ou dans des cathédrales d'autrui, qu'il faudra s'accorder avec les ordinaires du lieu où il se trouve et où il compte agir.


on peut donc affirmer qu'il est l'un des premières figures du mouvement traditionaliste à opter pour ce qui s'apparente à un sédévacantisme.



En quelque sorte, oui.
Il est certain que (comme d'autres avant lui et d'autres après lui) Mgr. Kurz considérait que les prévaricateurs modernistes avaient par leur hérésie perdu leur juridiction et que par conséquent ils se retrouvaient, malgré le maintien visible (mais trompeur et abusif) de leurs charges, en dehors de la communion de la Catholica, à laquelle lui, Mgr. Kurz, et les prêtres qu'il ordonna, voulaient et veulent continuer à appartenir. Au fond le "sédévacantisme", c'est cela, mais le terme est mal choisi, puisqu'il se fixe sur un aspect externe qui n'est que la conséquence de la rupture de communion (et la perte de juridiction) que constitue (et que cause) par elle-même toute defectio publica a fide.
Mais Mgr. Kurz (tout comme les "sédévacantistes" "après la lettre") n'a certainement pas considéré qu'il était l'adepte d'un -isme de la sorte.
Il faut faire attention avec ce terme. J'en ai déjà parlé
ICI
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=765770