Trop de liberté d'expression plutôt que pas assez...

Le Forum Catholique

Imprimer le Fil Complet

PEB -  2014-11-26 23:33:43

Trop de liberté d'expression plutôt que pas assez...

Saint Louis, dans son célèbre testament, a déclaré qu'il valait mieux laisser parler un peu trop le clergé que de le vouloir trop brimer. C'est un renoncement du pouvoir de police devant la liberté de la Religion.

Sois bien diligent de protéger dans tes domaines toutes sortes de gens, surtout les gens de sainte Eglise ; défends qu’on ne leur fasse tort ni violence en leurs personnes ou en leurs biens. Et je veux te rappeler ici une parole que dit le roi Philippe, mon aïeul, comme quelqu’un de son conseil m’a dit l’avoir entendue. Le roi était un jour avec son conseil privé-comme l’était aussi celui qui m’a parlé de la chose- et quelques membres de son conseil lui disaient que les clercs lui faisaient grand tort et que l’on se demandait avec étonnement comment il le supportait. Et il répondit : « Je crois bien qu’ils me font grand tort ; mais, quand je pense aux honneurs que Notre Seigneur me fait, je préfère de beaucoup souffrir mon dommage, que faire chose par laquelle il arrive esclandre entre moi et sainte Eglise. » Je te rappelle ceci pour que tu ne sois pas trop dispos à croire autrui contre les personnes de sainte Eglise. Tu dois donc les honorer et les protéger afin qu’elles puissent faire le service de Notre Seigneur en paix.



Cela est typique d'une société libérale où le sacré et ses serviteurs tracent une limite à l'exercice du pouvoir public. Il s'agit essentiellement de protéger le for interne du prochain, c'est-à-dire de n'importe quel sujet et concitoyen. C'est considérer qu'il a, lui aussi, une conscience morale digne d'être écouté. C'est au débat public d'en établir la bonne volonté.

Certes, les Juifs n'avaient pas droit de cité mais, paradoxalement, leur relégation leur a permis de conserver leur culte, culture et coutumes. La répression du catharisme s'inscrit dans une grande entreprise d'ordre public. Le refus du serment et le mépris des choses terrestres risquaient de briser les solidarités sociales. (Je simplifie.)

Mais, en revanche, la liberté garantie aux clercs et donc à l'Université donnèrent aux sciences françaises un éclat millénaire. Sans liberté de pensée et d'expression, il est impossible de concevoir de grandes œuvres. Saint Thomas d'Aquin doit beaucoup à l'air frais qui circulait à la Cour.

La propriété privé est aussi une marque de ces libertés. La puissance politique ne saurait accaparer injustement les biens d'autrui comme le rappelait aussi le prophète Élie. (1R 21, 17-19)

La parole du Seigneur fut adressée au prophète Élie de Tishbé :
« Lève-toi, va trouver Acab, qui règne sur Israël à Samarie. Il est en ce moment dans la vigne de Naboth, où il s’est rendu pour en prendre possession.
Tu lui diras : “Ainsi parle le Seigneur : Tu as commis un meurtre, et maintenant tu prends possession. C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : À l’endroit même où les chiens ont lapé le sang de Naboth, les chiens laperont ton sang à toi aussi.” »

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=764207