Je parlerais plutôt de destitution d'un recentrage commencé avant 1981.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2014-09-20 08:08:19

Je parlerais plutôt de destitution d'un recentrage commencé avant 1981.

Bonjour New Catholic,

Je trouve dangereuse la notion de dératzingérisation, car elle personnalise la problématique : que je sache, le recentrage apparemment pris à parti par le Pape François, sur certaines questions, n'a pas attendu l'année 1981, l'année de la nomination du futur Benoît XVI à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, pour commencer à se manifester, pour le bien de l'Eglise et de la Foi catholiques.

Je vais d'ailleurs finir par croire que c'est cela qui est reproché à ce recentrage : en surface, on l'accuse d'être conservateur, mais en profondeur, on lui reproche d'être substantialiste.

Ma vision des choses, certainement améliorable ou reformulable, est celle-ci : le périphérisme n'est pas seulement un anti-prosélytisme, sous son angle pastoral, mais est aussi un anti-substantialisme, sous son angle doctrinal.

De même qu'il y a eu du périphérisme, au sein de l'Eglise, en amont de l'élection du Pape François, il y a eu du recentrage, en amont de l'arrivée à Rome du futur Benoît XVI ; en ce sens, le recentrage ratzingérien n'est jamais que la composante ratzingérienne d'un recentrage initié avant lui, accompli avec lui, sous le pontificat de Jean-Paul II, continué par lui, sous son propre pontificat, mais apparemment ou probablement interrompu après lui.

La personnalisation de la problématique peut accréditer l'opinion selon laquelle chaque Pape a non seulement le droit d'avoir sa personnalité, mais aussi celui de faire en sorte que sa vision personnelle ait plus d'autorité, plus d'influence, sur lui-même et sur les autres, que l'Ecriture, la Tradition, le Magistère, le plus normatif et officiel, antérieur à son élection.

Imaginons un seul instant que la destitution actuelle du recentrage substantialiste soit interrompue, à l'issue du pontificat du Pape François, et que ce recentrage soit réactivé, par un Souverain pontife, jeune, et d'origine africaine et asiatique : qui oserait alors parler de re-ratzingérisation ? Cela n'aurait pas beaucoup de sens.

A mon avis, c'est le sens de mon refus de personnaliser ce dont il est question, le "bergoglionisme" n'est innovateur, original, sans précédent, que dans la mesure où il se manifeste depuis là où il se manifeste, mais il ne l'est pas de par son contenu doctrinal, ni de par son déploiement pastoral, si j'ose dire.

J'ai parlé de périphérisme, mais j'aurais aussi bien pu parler de décentrement ; ce décentrement n'a certes pas attendu l'élection du Pape François pour commencer à se manifester dans l'Eglise...avec les résultats que l'on connaît, et subit, depuis bientôt trois quarts de siècle, et, en ce sens, le spécifique du décentrement n'est pas d'inspiration "bergoglienne", mais c'est bien plutôt le Pape François qui est ou semble vraiment être sensible à la logique de ce courant.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
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