Un Pape n'a pas avant tout vocation à séduire, mais à convaincre.
Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
Scrutator Sapientiæ - 2014-03-14 00:00:18
Un Pape n'a pas avant tout vocation à séduire, mais à convaincre.
Bonsoir XA,
Un Pape, Evêque de Rome, Souverain pontife, Vicaire du Christ, n'a pas avant tout vocation à séduire, mais à convaincre, notamment en vue d'exhorter les non catholiques et les catholiques à la conversion, et de conforter ou de fortifier les fidèles dans la Foi, l'Espérance, la Charité.
Mon propos a ici une portée générale ; volontairement, je ne cite pas le Pape François, en particulier, d'autant plus que quelques-uns de ses prédécesseurs récents ont été eux-aussi tenus pour "séduisants", en début de pontificat.
La séduction, je la crois plus ambigue, moins durable et moins profonde, moins solide et moins valide, que la conviction ; le plus souvent, on est séduit par les apparences, lesquelles peuvent être changeantes ou mouvantes, d'abord jugées attrayantes, plus tard jugées repoussantes, mais on est convaincu, ou pas, en présence d'arguments convaincants ET d'une attitude convaincante, indépendamment des apparences, qu'elles soient ou non séduisantes.
Il y a, depuis longtemps, un sujet tabou de tout premier ordre, qui est pourtant la clef de compréhension de l'histoire de toutes les civilisations ; ce sujet tabou, c'est le fait que les êtres humains sont tous, y compris moi, plus ou moins influençables, manipulables ou récupérables, en un mot : plus faciles à séduire qu'à convaincre.
Je suis tenté d'écrire ceci : ne nous laissons pas séduire par qui que ce soit, mais laissons-nous convaincre par ceux qui sont vraiment convaincants ; c'est le plus grand service que nous pourrons rendre à la charité, à la justice, à la liberté, à la vérité, en présence des arguments les plus convaincants, si j'ose dire, en ce qu'ils sont pensés ET vécus, et de ceux qui les expriment et les incarnent.
Le Jean-Paul II des années 1979 - 1992 était bien plus séduisant que celui des années 1993 - 2004 ; il n'empêche qu'au cours de chacune de ces deux périodes, et surtout au cours de la deuxième de ces périodes, j'ai été bien plus sensible à son enseignement et à son témoignage qu'à son apparence, séduisante ou pas.
La crédibilité de l'Eglise repose avant tout sur un roc convaincant, et non avant tout sur une rock star séduisante.
Je veux bien croire qu'il n'y a rien de pire que l'empoussièrement et l'indifférence, et je veux bien croire que le Pape François veut dépoussiérer la Curie ad intra, et ne laisse pas indifférent nos contemporains ad extra, mais j'espère ou j'estime qu'il doit pouvoir être le premier à savoir qu'il n'y a rien de plus ambivalent que la légitimité médiatiquement correcte, et à en déduire les conclusions qui s'imposent, en vue d'une moindre exposition médiatique, ou d'interventions médiatisées moins consensuelles et plus contrariantes.
Cela étant écrit, je (me) pose la question suivante : peut-être la majorité de la population mondiale est-elle devenue une "foule sentimentale", qui a avant tout "soif d'idéal", et peut-être faisons-nous partie du petit nombre de ceux qui consentent encore à, qui s'efforcent encore de réfléchir, avant de réagir.
Alain SOUCHON.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=746172