La "spiritualité" du Concile aurait donné naissance aux charismatiques ?

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2014-02-28 22:45:34

La "spiritualité" du Concile aurait donné naissance aux charismatiques ?

Bonsoir et merci, jejomau.

C'est vrai, vous avez raison, il y a une différence fondamentale entre "témoigner" pour l'Homme et "travailler" pour Dieu, compte tenu du sens que vous donnez à chacun de ces deux verbes, dans le contexte de votre message.

Je vous "interpelle" amicalement ce soir sur ce membre de phrase ; je vous cite : "la spiritualité qui en est issu (du concile) a donné naissance aux charismatiques".

Passons ici sur la notion de "spiritualité" issue du Concile ; de mon point de vue, il n'y a pas à proprement parler de "spiritualité" issue du Concile,

- mais il y a plutôt une "mentalité" issue du Concile, le mot spiritualité me semblant renvoyer à une attitude contemplative dont l'importance a été souvent négligée, oubliée, avant, pendant, après le Concile,

- et il y a surtout une "pastoralité" issue du Concile, au regard de l'intention explicite officielle du Pape qui l'a convoqué, et du contenu de la doctrine du Concile lui-même.

Ce qui m'intéresse encore plus, c'est le lien de correspondance que vous semblez poser entre la spiritualité issue du Concile et la naissance des charismatiques ; je ne dis pas que c'est vrai, mais si l'on considère, me semble-t-il, avec quelque raison, que GS constitue l'expression la plus aboutie, la plus déployée, de la mentalité inhérente à ce Concile là, en ce qu'elle est spécifique à ce Concile là, on est plutôt tenté de se dire que le charismatisme s'est constitué plutôt par démarcation spiritualiste, sinon par contradiction programmatique, vis-à-vis de cette mentalité là.

Je peux me tromper, bien sûr, mais il me semble que le grand espoir des évêques français, aux lendemains du Concile, était plutôt que les fruits du Concile soient engrangés avant tout dans le catholicisme diocésain et dans les mouvements d'action catholique, et non avant tout dans ce que l'on n'appelait pas encore, et pour cause, les communautés nouvelles.

Le témoignage chrétien qui était prescrit aux catholiques, c'était alors l'adaptation, l'évolution, l'innovation, l'ouverture, l'unité, le changement et le mouvement, dans les structures et dans les relations, bien plus que la contemplation, l'adoration, la piété, la prière, la spiritualité.

Moi, à la place des futurs charismatiques, aux lendemains du Concile, je me serais peut-être plutôt tourné vers ce dont j'étais privé, à cause, du fait, ou en tout cas à la suite du Concile, non avant tout par esprit de contradiction, mais avant tout par esprit de consécration à l'essentiel, à la primauté de la vie intérieure, pour reprendre l'expression de Jean-Paul II, à propos de Saint Joseph, dans Redemptoris Custos.

Je le formule sans doute bien mal, mais j'espère néanmoins que vous voyez où je veux en venir : ma modeste théorie, c'est ceci : au contact du "charismatisme", nous sommes en présence d'un phénomène qui n'est pas uniquement, mais qui est aussi, à caractère compensatoire, compte tenu de l'ambiance qui régnait à l'époque, dans la deuxième moitié des années 1960 et dans la première moitié des années 1970, au profit de "thématiques de témoignage" plus "opératives" et tournées vers le monde que "contemplatives" et tournées vers Dieu.

Que toute personne plus qualifiée que moi complète, précise, et surtout confirme ou infirme ce qui précède, je l'en remercie par avance.

Je vous souhaite une bonne nuit et vous dis à bientôt.

Scrutator.
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