Les D H S D véhiculent une conception biaisée de la personne humaine.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2014-02-06 23:50:55

Les D H S D véhiculent une conception biaisée de la personne humaine.

Bonsoir Jean Ferrand,

La réponse à votre question se trouve notamment dans Veritatis Splendor, je ne vous y renvoie pas pour mieux "me défiler", mais Jean-Paul II, dans V S, expose clairement le principe de la résistance, si nécessaire jusqu'au martyre, y compris sur des questions relevant de la morale.

L'un des problèmes, avec les Droits de l'Homme Sans Dieu, est le suivant : ils véhiculent une conception biaisée de la personne humaine, inspirée par l'individualisme et par l'utilitarisme.

L'autre problème est que les D H S D véhiculent un état d'esprit, une axiologie, une mentalité : ainsi, pour certains, il est conforme aux droits de l'homme d'être pour le droit à l'avortement et le droit à l'euthanasie, en tout cas de ne pas être contre, et il est contraire aux droits de l'homme, ET NON DIFFEREMMENT CONFORME aux droits de l'homme, de chercher à résister, à s'opposer, à l'extension de ces mêmes droits.

Ce que j'ai voulu dire n'est pas autre chose que ceci : on n'utilise pas impunément un vocabulaire qui véhicule un rapport à ce dont on parle, une vision de ce dont on parle, qui est étrangère, voire opposée, au rapport, à la vision, en l'occurrence, de l'homme, que l'on souhaite vivement promouvoir.

Les droits de l'homme sont une chose, les droits fondamentaux de la personne humaine en sont une autre, ce qui ne signifie évidemment pas qu'il n'y a pas pire que les droits de l'homme, ni que Jean-Paul n'a jamais recouru à la notion de droits fondamentaux.

Je vous renvoie enfin à ceci, que nous devons à Jean MADIRAN :

" Veritatis Splendor

Tout à coup, sept ans plus tard, et tout à fait inattendue, la familiarité filiale est intellectuellement retrouvée avec l’encyclique Veritatis splendor. Nous l’avons reçue, nous l’avons lue, nous l’avons relue en versant des larmes de joie et avec l’envie de crier au miracle. Avions-nous donc oublié que l’Eglise, malgré ses maladies temporelles, est un miracle permanent ? mais aussi un mystère, celui d’une Présence réelle qui est voilée. Dans l’encyclique il y avait le ton, la manière, la substance, la force de la vérité, il y avait à la fois l’allure et le contenu. Il y avait ce que les contemporains de Karol Wojtyla n’avaient plus rencontré depuis une trentaine d’années. Par un mot insuffisant mais fortement expressif, on pouvait dire que cette encyclique était « thomiste ». A contre-courant de l’exégèse dominante, l’encyclique citait avec une assurance tranquille les commentaires scripturaires des Pères de l’Eglise et des grands docteurs médiévaux, saint Augustin, saint Ambroise, saint Jean Chrysostome, saint Cyrille d’Alexandrie, saint Grégoire le Grand, elle citait même, comble d’anti-modernisme exégétique, le In duo praecepta et le In Epistulam ad Romanos de saint Thomas. Elle citait aussi 58 fois Vatican II, mais si l’on y regardait de près, on voyait que chaque fois, c’était dans un effort rectificatif, parfois à peine esquissé. Et puis cette encyclique Veritatis splendor fut bientôt suivie d’une encyclique Fides et ratio également « thomiste ». Il me revenait à la mémoire une pensée de notre grand et vénéré ami Gustave Corçaô (mort sous Paul VI) : « Je sais reconnaître la voix de ma Mère l’Eglise, je sais reconnaître ce qui n’est pas la voix de ma Mère. »

Les droits de l’homme et la Nouvelle évangélisation

Le langage des Droits de l’Homme ne serait chez Jean-Paul II, selon Joël-Benoît d’Onorio, qu’un lexique de la modernité utilisé pour mieux en subvertir la subversion. La Déclaration des Droits de 1948 serait invoquée « non comme un acte de perfection mais comme un élément de réflexion, non comme un point d’arrivée mais comme un point de départ ». Si c’est bien cela qu’a voulu tenter Jean-Paul II, valait-il la peine d’un détour aussi compliqué, aussi acrobatique, aussi inefficace ? Il n’a porté remède ni à la sécularisation crapuleuse des grandes démocraties occidentales, ni à l’apostasie immanente contaminant le clergé et sa hiérarchie. Le nombre des catholiques pratiquants était passé en France de 25 % de la population en 1965, à l’issue du Concile, à 15 % lors de l’élection de Jean-Paul II. Au bout de son pontificat il était tombé à 5 % (et à 4 % aujourd’hui). Sans doute les chiffres ne disent pas tout, mais ils disent quand même quelque chose et, comme le fait observer l’abbé Claude Barthe, « des églises remplies et des séminaires florissants seraient préférables pour la mission du Christ ». L’Eglise ne connaît d’ailleurs pas seulement un affaiblissement social et moral : sillonnée par les autorités parallèles et anonymes des comités, commissions et conférences, elle est en somme humainement ingouvernable. Remarque profonde de l’abbé Guillaume de Tanoüarn : « La nouvelle évangélisation, lancée à son de trompe, n’est pas vraiment crédible. Aujourd’hui le dialogue et la quête du consensus l’emportent toujours sur le témoignage et la conversion. » "

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
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