La mort d'un jeune homme de dix-neuf ans

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Ennemond -  2014-01-03 22:23:29

La mort d'un jeune homme de dix-neuf ans

Homélie des funérailles de François Brunet
Par M. l’abbé de Lassus

Nous reproduisons le texte du sermon donné par
M. l’abbé de Lassus au cours des funérailles de
François Brunet, décédé 21 décembre 2013. Au
cours de cette période de Noël, l’exemple édifiant
de ce jeune homme de 19 ans permet à tous de
méditer sur la grâce demandée au cours du
chapelet au 4ème mystère glorieux : « la grâce de la
bonne mort ».


Il n’est pas chose facile pour moi de trouver les
paroles justes pour élever vos cœurs dans un total
abandon et une sainte résignation à la volonté de Dieu.
Cher Monsieur, chère Madame, chers frères et sœurs,
il faut pourtant, comme nous le rappelle l’Épitre et
l’Évangile, élever nos cœurs et nos regards bien haut.
Il y a encore dans la sainte Écriture beaucoup de
phrases d'Espérance, beaucoup de phrases remplies de
consolation sur la mort prématurée de ces âmes justes.
Le livre de la Sagesse nous dit : « les Âmes des justes
sont dans les mains de Dieu. Leur sortie de ce monde
semble un malheur et leur départ du milieu de nous un
anéantissement, mais ils sont dans la paix.
Le juste lorsqu’il meurt avant l’âge trouve le repos.
Étant agréable à Dieu, il a été aimé de Lui, et comme
il vivait parmi les pécheurs, il a été transféré. Il a été
enlevé de peur que la malice n’altérât son intelligence
ou que la ruse ne pervertît son âme. Son âme était
agréable à Dieu, c’est pourquoi le Seigneur s’est hâté
de le retirer du milieu de l’iniquité. Les peuples le
voient, sans comprendre les desseins de Dieu sur lui,
ni pourquoi le Seigneur l’a mis en sureté. Ils oublient
que la grâce de Dieu et sa miséricorde sont avec ses
élus et qu’Il a souci de ses saints ».

Pour trouver des paroles de réconfort, je ne peux que
me tourner vers François et vous raconter ce que j’ai
vu et ce que j’ai entendu ; vous faire le compte rendu,
donner le témoignage de ce qu’il m’a confié. Je
voudrais rendre compte de mes entretiens de prêtre
avec cette âme sainte. Et pour cela je commencerai
par ces derniers instants, cette dernière semaine où
l’oblation de lui-même fut la plus totale et la plus
parfaite.

Les principales étapes de la maladie de François.
Le 24 janvier 2012, François apprend qu’il est atteint
d’une maladie mortelle : une leucémie aigüe.
Quelques jours plus tard j’ai la grâce de lui donner
l’extrême-onction. Puis à l’hôpital de Toulouse, il
suivit de nombreuses séances de chimio.
En juillet 2012, les médecins essayent une greffe de
moelle osseuse. C’est une période très difficile.
Pendant 60 jours il sera reclus dans une toute petite
salle. Il me dira que ce fut si difficile que s’il devait
recommencer, il pense ne pas en avoir le courage. Les
années 2012 et 2013 sont des années difficiles. Il y a
des hauts et des bas dans sa maladie.

Début novembre 2013, il est hospitalisé à Montauban
pour une infection des poumons puis transporté à
l’hôpital Larrey de Toulouse, où il arrive le 20
novembre. Les antibiotiques essayés par les médecins,
à trois reprises, ne montrent aucun effet. Aussi le
vendredi 6 décembre, les médecins convoquent les
parents pour leur annoncer que la maladie fera son
chemin, qu’ils ne peuvent plus rien faire et qu’il reste
à François 15 jours à vivre.
Deux jours plus tard, le dimanche 8 décembre, je me
rends auprès de François, lui apporte la communion,
je lui parle de la gravité de son état, je lui parle de la
possibilité de la mort et je l’invite à s’abandonner
totalement à la volonté de Dieu. Dieu peut le guérir,
Dieu peut le rappeler à Lui, que sa volonté soit faite.
En lui parlant de la gravité de son état je lui propose
de recevoir l’extrême-onction, comme il l’avait reçu
une première fois et qui lui avait alors apporté tant de
grâces.
Le 10 décembre, François fait une confession
générale, reçoit la communion, l’extrême-onction, et
fait en présence de ses parents l’acte d’acceptation de
la mort.
Le jeudi 12 décembre débute une neuvaine de prières
et de messe à l’Enfant Jésus de Prague pour
demander, s’il plait à Dieu, la guérison de François,
ou s’il plait plus encore à Dieu, qu’il meure
saintement.
Le 13 puis le 14 décembre, je passe le voir et lui
apporte la communion.
Dans la dernière semaine, le lundi 16 il recevra la
visite des Capucins d’Aurenque qui le confesseront
pour la dernière fois. Puis le mercredi 18, l’abbé Espi
le visite, lui apporte la communion. Il est frappé de sa
paix et de sa grande simplicité. Ce même jour la
respiration de François devient plus difficile ; il faut
encore augmenter l’oxygène.
Le jeudi 19 décembre au soir, je me rends à son
chevet pour une conversation longue, sûrement la plus
importante et la plus marquante pour lui. Je passe trois
heures avec lui de 19h30 à 22h30. Il me dit constater
que sa maladie progresse. Je lui dis que les médecins
lui cacheront qu’il n’y a plus d’espoir. Il doit le
comprendre par lui-même. Je lui dis qu’il faut qu’il
puisse parler de la mort ; la mort n’est pas un
anéantissement pour le chrétien, mais c’est une
nouvelle vie. Je l’invite surtout à ne pas se laisser
mourir, à ne pas laisser le bon Dieu prendre sa vie,
mais à la Lui donner, à la Lui offrir. Il me dit ne pas
avoir peur de la mort. Alors suit toute une discussion
qu’il serait trop long de rappeler ici. Nous parlons du
Ciel, de Dieu, de la beauté de Dieu, de la Foi, de cette
parole du Christ en Croix qui le frappera
particulièrement : Père entre vos mains je remets mon
esprit. Nous parlons du courage des martyrs pour
affronter la mort et je lui dis qu’il faut que, lui aussi,
il ait le même courage qu’eux et que finalement sur son
lit d’hôpital c’est un peu un petit martyr. Il me répond
que non, il n’est pas martyr car il n’en a pas les
souffrances. Avant de le quitter je lui recommande de
prendre et de serrer son chapelet dans ses mains s’il se
sent angoissé. Enfin après lui avoir donné la
bénédiction des malades, je le quitte vers 22h30.
Le lendemain matin, la respiration de François a
encore baissé. L'assistance respiratoire est à son
maximum. Mme Brunet avertie par les médecins de
l’état de son fils quitte l’école et se rend à son chevet.
Je célèbre tout de suite la messe pour François puis je
me rends à l’hôpital avec le St Sacrement. Je lui
donne la communion sous la forme du Viatique. Ce
sera sa dernière communion. Je lui donne ensuite la
bénédiction avec indulgence plénière à l’article de la
mort et je reste là seul environ une heure avec lui. Il
est calme mais semble plus songeur que la veille au
soir. Il me dit ne pas avoir dormi, il n’a pas faim et dit
ne pas être angoissé. Je lui demande si les médecins
sont venus le voir. Il me répond que oui et qu’il a
compris qu’il n’y avait plus rien à faire : « je n’ai plus
qu’à attendre ». Je l’invite alors à se confier à la très
Sainte Vierge Marie et à saint Joseph. Je lui propose
de se consacrer tout entier à Jésus par les mains de
Marie selon la formule de saint Louis-Marie Grignon
de Montfort, consécration qu’il n’avait pas faite (mis à
part la consécration que ses parents avait faite à Marie
le jour de son saint Baptême). Il me dit être très
paisible, espérer rentrer chez lui pour Noël. Je le
quitte le laissant dans une grande paix et un grand
abandon à la volonté de Dieu.

Le dernier jour...
Pendant la nuit, François est veillé par sa sœur Angèle
jusqu’au matin où il se réveille toujours aussi paisible.
Dans l’après-midi il commence à être agité et
demande lui-même qu’on récite le chapelet. C’est
alors que deux rosaires seront récités à ses côtés. Ils
lui apporteront une grande paix. Vers 16h30 je suis
averti par la famille que François est au plus mal. Je
me rends à son chevet avec le St Sacrement. Sa
famille l’entoure. Je me place à sa droite, sa maman
est à sa gauche et il tient nos deux mains respectives.
Il est calme et résigné. Sa respiration est rapide. Nous
prions autour de lui et récitons un chapelet, les litanies
de la Sainte-Vierge et quelques autres prières que
François aime particulièrement.
Vers 17h30 il demande le silence. Je profite alors de
ce moment pour réciter les prières de recommandation
de l’âme à Dieu. François nous dit souffrir. Il est tout
en sueur. Sa bouche est sèche mais il ne peut pas
boire. Il ne supporte plus la lumière et garde les yeux
fermés. Je lui indique que j’ai apporté le St Sacrement
mais il me répond qu’il ne peut recevoir Jésus car il ne
peut avaler. Je l’invite alors à se confier à son Dieu
qui est si près de lui et à poser sa main sur la bourse
que je porte sur moi. Il parle peu, prie avec nous des
lèvres.
Vers 17h45 il appelle ses parents et dans un acte
magnifique d’humilité il leur demande pardon de
toutes les offenses qu’il a pu leur faire. Puis il
demande qu’on appelle le médecin. À ce moment-là
aussi il offre sa vie pour sa famille, ses parents, ses
frères et sœurs, ses oncles et tantes, cousins et
cousines, il dit aussi l’offrir pour les prêtres, le Pape et
pour son école bien aimée, l’école Saint Joseph des
Carmes.

Il est dans une grande paix intérieure. Il nous demande
de lui donner son chapelet, le chapelet de Terre Sainte
qui a touché tous les lieux où Notre-Seigneur a tant
souffert. De lui-même il lâche ma main et celle de sa maman,
et il joint ses mains sur sa poitrine tenant son
chapelet. Puis il demande qu’on dépose dans ses
mains les reliques des saints qui lui avaient été
confiées. Il est parfaitement conscient et dans une
grande paix. Il sait ce qu’il veut et il sait ce qu’il fait.
Il nous demande alors de lui lire les paroles de Notre
Dame de Guadalupe à Juan Diego. Prière magnifique
qu’il n’a cessé de relire les deux jours qui ont précédé
sa mort. « Mon cher petit, dit la Sainte-Vierge, écoute
ce que je vais te dire et laisse le pénétrer dans ton
cœur : ne laisse jamais quoique ce soit te décourager,
te déprimer. Que rien n’altère ton cœur, ni ton
comportement. Ne redoute, non plus, ni la maladie, ni
les contrariétés, ni l'inquiétude, ni la douleur. Ne suis-
je pas ici, moi, ta Mère ? N’es-tu pas sous mon ombre
et ma protection ? Ne suis-je pas ta fontaine de vie ?
N’es-tu pas dans les plis de mon manteau, au creux de
mes bras ? Que te faut-il de plus ? »

Quand le médecin arrive, François, à la stupéfaction
de tous, demande qu’on donne la statue de l’Enfant-
Jésus de Prague qu’il a tant aimé et tant prié au cours
de sa vie, au médecin non croyant qui a eu soin de son
corps pendant sa maladie et les derniers instants de sa
vie.

Voyant que sa fin est proche, je dépose le St
Sacrement sur son cœur, et je lui indique de s’offrir
tout entier à Jésus par les mains de Marie, ce Jésus
qu’il a tant aimé et qui repose sur lui. C’est alors que
de lui-même, il commence cette première parole :
« Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains. »
Puis cette seconde parole : « Jésus, Marie, Joseph, je
vous aime » en insistant sur ces derniers mots « de
tout mon cœur ». Et il continue : « Jésus, Marie,
Joseph faites que je meure en paix en votre sainte
compagnie ». C’est alors que tout doucement sa tête
s’inclinant, comme Notre-Seigneur en croix, il dit un
dernier mot que je pourrai lire sur ses lèvres « Jésus »,
et remet sa belle âme à Dieu.

Comment François en est arrivé là ?
Chers parents, chères familles, chers fidèles, c’est une
grâce de pouvoir être témoin d’une si belle scène.
C’est encore plus une grâce, que de compter cette âme
si belle parmi notre famille ou notre connaissance.
Vous le savez comme moi, la mort est la signature
d’une vie. Et si François est arrivé si haut, ce n’est
nullement un hasard. Aussi je voudrais pour terminer
vous montrer comment, dans la vie de François, le
bon Dieu a tout préparé pour permettre à ce garçon de
19 ans de faire le don total de lui-même à Dieu par les
mains de Marie.
Si nous cherchons dans la vie de François quelque
chose d’extraordinaire, c’est en vain que nous
chercherons. Car d’extraordinaire dans sa vie il n’y a
peut-être que sa mort. Cependant, trois choses
ressortent, trois choses qui ont forgé mon admiration
pour cette âme. Trois choses dont le bon Dieu va se
servir pour conduire François jusqu’à ce sommet de
sainteté par l’offrande de sa vie.

Une grande simplicité, source de sa joie continuelle.
La première c’est une grande simplicité. Ceux qui ont
côtoyé cette âme ont comme moi été très frappé par
cette âme si simple. La simplicité de François fut la
source de sa joie continuelle même pendant sa
maladie. François était une âme simple en ce sens
qu’il n’y avait en lui aucune duplicité. Il allait droit au
but et quelques fois, comme il le disait lui-même
d’ailleurs, bien maladroitement. Il était sans
complication. Dans sa maladie, il a espéré la guérison
tant qu’il pouvait l’espérer ; il s’est montré résigné
quand la volonté de Dieu lui a manifesté qu’il devait
mourir. C’était aussi une âme simple au sens moral,
une âme humble. Il savait reconnaître ses
imperfections, ses limites et il m’en parlait avec une
grande simplicité. Il me disait ainsi qu’il n’était pas
intellectuel, qu’il serait plutôt manuel mais en même
temps très maladroit de ses mains. Qu’il était très
impatient et colérique avant sa maladie. Nous avons
une âme d’enfant en ce garçon, nous avons une
candeur. C’est cette simplicité enfantine, qui donne
tout son éclat à son humilité et toute sa pureté à sa
charité. Nous pouvons rendre grâce à Dieu d’avoir fait
de cette âme un véritable miroir de sa grâce. François
fut une âme si simple que Dieu put se refléter, refléter
la beauté de sa grâce dans son âme enfantine.

Un abandon à la volonté de Dieu, source de sa paix
profonde.
Le deuxième moteur de l’ascension de cette âme était
un grand abandon aux circonstances de la vie.
François n’était pas compliqué, il était même
facilement résigné à toutes les circonstances que le
bon Dieu avait prévues pour lui. Et c’est là la source
d’une deuxième de ses grandes vertus : la paix. C’était
une âme joyeuse et paisible du fait de sa continuelle
résignation à la volonté de Dieu manifestée dans les
évènements de sa vie.
Pour ceux qui l’ont bien connu, cet abandon dans les
circonstances était parfois chez lui, il est vrai, un
défaut. C’était une sorte de nonchalance, de paresse. Il
le disait lui-même. Et nous voyons pourtant comment
Dieu va, malgré cette imperfection, faire triompher sa
grâce et manifester la force cachée de cette âme.
Cette résignation dans les circonstances de la vie
apparait dès sa jeunesse, notamment dans les
moqueries qu’il aura à subir à l’école, lui qui est
maladroit, lui qui est un peu gros (on lui donnera
d’ailleurs comme surnom, il me le disait en riant et
sans amertume, le « petit gros »). Résignation à ces
moqueries, patience dans les difficultés de la vie,
acceptation des contraintes de la maladie. Quand
auprès de lui je m’étonne de le voir toujours si
souriant, patient et de bonne humeur, alors que cela
fait un mois qu’il est sur son lit d’hôpital, il me
répond : « c’est comme çà, que voulez-vous que je
fasse sinon accepter ». Les infirmières, les médecins
seront frappés de cette joie, de ce calme, de cette
résignation.
Cette acceptation totale, cet abandon aux
circonstances de la vie, cette résignation à la volonté
de Dieu, nous avons vu aussi comment dans les
derniers instants de sa vie, elle est devenue une force
extraordinaire dans l’âme de cet enfant. Il accepte la
mort, il offre sa vie.
Dans cette dernière semaine, dans les jours qui ont
précédé sa mort, François a écrit une lettre. Cette
lettre, il semble l’adresser tout spécialement à une de
ses sœurs, qui doit trouver en cela une grande
consolation au fait de n’avoir pas été présente aux
derniers instants de son frère. Voilà ce que François a
écrit quelques jours avant sa mort : « tout a commencé
un 24 janvier. Pourquoi cette maladie m’a touché ? Je
ne sais pas, mais je sais que c’est pour me rendre plus
patient, car maintenant j’ai cette maladie, je l’ai, je
l’accepte. » Nous voyons en ces quelques mots écrits
de sa main le témoignage de sa grande résignation
devant la réalité qui n’est autre que la volonté de
Dieu.

Un profond amour de Dieu et des âmes.
À cette simplicité et à cet abandon vient s’ajouter un
très grand amour de Dieu. Je pense que c’est là la
raison pour laquelle le Bon Dieu a fait de François un
transparent de Sa Sainteté. François était animé d’un
très profond amour de Dieu. Nous pouvions le voir un
peu quand on parlait avec lui des réalités célestes. Cet
amour se manifestait aussi dans la joie qu’il avait à
servir la messe tous les dimanches. Il m’a dit combien
il aimait la messe, cette même messe dans lesquelles
sont célébrées ses funérailles. Il dira son chapelet tous
les jours. Quand je lui demandais quelle était sa
grande dévotion, quel saint il aimait particulièrement,
il répondra : « la Sainte Vierge, et aussi un peu mon
saint Patron, saint François ». Il se confessera
régulièrement. Il aura souci de la conversion des
âmes, notamment du personnel soignant de l’hôpital.
Il n’hésite pas d’ailleurs à leur parler de sa Foi.
Il saura en toutes choses aimer le Bon Dieu et se
résigner à sa volonté. Nous voyons cela dans les
derniers mots de cette même lettre écrite peu avant de
mourir : « cela est pareil pour la greffe (je l’accepte)
car pendant ma chimio, j’étais avec un jeune garçon
qui avait la même maladie que moi et il se posait lui
aussi les mêmes questions, pourquoi il a eu cette
maladie. Il avait du mal à l’accepter, il n’était pas
croyant, donc il n’avait pas de but, que moi je me dis 
que toutes ces souffrances, toute cette maladie je
l’offre pour les autres, pour moi, pour faire plaisir au
Bon Dieu... »
Nous avons dans ces derniers mots toute l’attitude
d’âme de François. Il accepte tout pour faire plaisir au
Bon Dieu. Moi qui ai eu la tâche difficile de lui
annoncer que sa maladie le conduirait probablement à
la mort, et de lui faire comprendre que sa maladie le
conduirait au Ciel, j’ai vu aussi sa grande résignation
quand il comprit qu’il n’y avait plus d’espoir de
guérison. Quant au début il fallait lui parler de la
possibilité de la mort, on sentait qu’il ne pouvait s’y
résoudre puisqu’il y avait encore de l’espoir. Et
jusqu’à l’avant-veille de sa mort il manifestera encore
cet espoir. Mais quand viendra la compréhension
parfaite du sacrifice que Dieu attend de lui, alors c’est
le Fiat le plus total et le plus résigné. Puisqu'il aime
Dieu, il aime aussi la volonté de Dieu sur lui.

Voilà donc ce qui a préparé une mort si sainte. Voilà
cette ascension possible par les trois vertus de ce
jeune garçon : cette simplicité, cet abandon à la
volonté de Dieu et ce profond amour de Dieu. Ces
trois vertus se manifesteront dans les épreuves par une
grande joie, une grande paix et une grande charité.
Charité pour Dieu d’abord et charité pour les siens en
cette dernière parole qu’il leur dira : « je vous emporte
tous dans mon cœur ».

Alors que vous dire chers parents, que vous dire chers
frères et sœurs, chers fidèles en conclusion.
Que dire ? J’ose le mot : nous devons dire MERCI !
Merci pour cette mort si sainte, et merci à la grâce de
Dieu d’avoir conduit cette âme à ce sommet de
sainteté qu’est la résignation parfaite à la volonté de
Dieu dans l’offrande de sa vie. François a dit son Fiat.
Chers parents, chers frères et sœurs vous devez dire
votre Magnificat.
Que faire ? Il nous faut bien sûr prier pour lui. Même
si le Bon Dieu nous a donné d’être les témoins d’une
mort digne de celle des saints, François avait pour sa
part conscience de ses péchés, voilà pourquoi il a
demandé pardon à ses parents. Il nous faut donc prier
pour lui. Que la miséricorde de Dieu se répande, si ce
n’est déjà fait, le plus vite possible sur son âme. Mais
je veux encore dire un mot d’espérance, et pour cela
j’ose un deuxième mot : il faut PRIER François. Il
faut le prier pour que nous puissions bien l’imiter. Le
Bon Dieu a permis que dans ses derniers instants, il
soit véritablement un transparent de Dieu. François
avait la joie de la crèche et sa simplicité ; le Bon Dieu
lui a donné la force et l’abnégation du calvaire. En ce
temps de l’Avent, en ce jour de la Vigile de cette
Nativité si remplie de simplicité, demandons lui,
demandons à Dieu, demandons à la très Sainte Vierge
Marie qu’ils nous donnent cette simplicité et cette
charité qui conduisent à un amour parfait de Dieu.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi
soit-il. »

source
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=741246