Trois remarques

Le Forum Catholique

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le torrentiel -  2013-11-14 23:17:38

Trois remarques

1. je ne vous parle pas de "faits thérapeutiques", mais de moyens thérapeutiques. Je suis tout disposé à croire à la "guérison intérieure" et même extérieure, mais je n'en ai jamais vu... L'aveugle que je suis fut évangélisé une fois par une camaréilla de charismatiques, aveugles physiquement comme moi, qui me parlèrent de guérison miraculeuse, observée chez une mage chinoise. J'avais quatorze ans, ils rayonnaient, je fus séduit. Je revis l'une de ces témoins dans un contexte professionnel où elle ne m'attendait pas, elle n'était plus du tout prodigieuse, j'étais avec des copains qu'elle n'aimait pas, et je trouvai son âme bien grise. Régulièrement, je suis accosté par des évangélistes (ou des musulmans, au choix) qui me disent que je ne dois pas désespérer de la guérison visuelle, que je n'espère pas. Cette parole ne me fâche jamais, m'agace tout au plus. J'ai, pour ces souhaits qui sont adressés moins à moi qu'au scandale que je représente et au phénomène que je suis, le respect que l'on doit à des frères qui nous bénissent et nous veulent du bien, du respect car ils croient au miracle, ils ont la foi et moi aussi. Mais je ne mélange pas miracle et thérapeutique. Si vous me parlez d'effets thérapeutiques merveilleux, je veux savoir le chemin, le chemin par lequel on aide un être à se retrouver. Je le veux connaître, en peut-être futur pédagogue (je m'y prépare éventuellement), parce que les pédagogies innovantes ont cela de bon qu'elles sont des pédagogies de l'erreur, qui croient dans les vertus, non de la bonne réponse ni de l'erreur, mais du processus de compréhension. Je voudrais aussi trouver ce processus pour moi-même. Pour ma part, j'ai si peu détruit le temple de Delphes qu'en 1994, j'avais échafaudé d'écrire un mémoire sur Montaigne où je me proposais de montrer que, pour cet auteur mort pendant l'élévation de la messe de son château et qui avait cherché chez les auteurs païens les moyens de "la bonne mort", la connaissance de soi ne faisait qu'un, sinon avec la connaissance de dieu, du moins avec le fait de retrouver son paramétrage/"périmétrage" pour Dieu, son inscription en dieu.


2. Mais on ne retrouve pas celui-ci dans la symétrie des composantes, ce n'est pas pour rien que la femme est un être créé latéralement à l'homme, la femme est créée du côté du coeur. L'homme et la femme ne sont pas deux polarités symétriquement complémentaires, ce sont deux polarités latérales, qui rendent possible la reconnaissance.


3. Enfin, qu'entendez-vous par "possessions intérieures" ou "archives akachiques" cachetées (le cachet de Dieu faisant foi)? Y a-t-il quelque chose que l'homme possède avant d'être mis en lumière par sa condition de créature? Qu'est-ce qui hante son message antérieurementà son déploiement? Qu'est-ce qui semble être scellé comme à dieu même, dans l'oubli du tsim-tsoum, du retrait de Dieu après qu'Il a laissé se déployer la création? Je vous pose cette question, car la hantise est ma hantise, et la possession est l'emblème de la hantise. songez qu'il suffit d'une bouchée... Judas et certains héros de Maupassant ont été possédés à leur insu par une bouchée qu'ils savouraient sans malice.


P.s.: vous écriviez qu'on se marie souvent pour résoudre les problèmes non réglés dans l'enfance. C'est vrai, mais au plus haut point de compréhension de ce mot, est-ce moral?
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