Le déni silencieux peut traduire la conscience de l'ampleur de l'échec.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2013-11-11 22:35:29
Le déni silencieux peut traduire la conscience de l'ampleur de l'échec.
Bonsoir et merci Vulpus,
1. Le déni silencieux, pour ne pas dire le mépris silencieux, attribuable ou constatable, chez certains évêques, peut refléter ou traduire la conscience, en eux-mêmes, de l'ampleur de l'échec des réformes et du renouveau post-conciliaires, notamment dans le contexte français.
2. Il arrive qu'il n'y ait pas que les victimes d'une idéologie qui aient du mal à s'en débarrasser, je dirais même que les victimes d'une idéologie sont plus victimes des conséquences du déploiement de cette idéologie que des origines intellectuelles de cette idéologie, origines auxquelles elles ne souscrivent pas, le plus souvent.
3. Je suis convaincu que les évêques français ont cru un temps, sous Jean-Paul II, qu'il serait possible d'interrompre l'hémorragie, ou de stabiliser l'institution, tout en continuant à tenir à peu près le même discours, qui est pourtant une source de démotivation et de désorientation profondes et durables, dès qu'on le confronte, tout simplement, aux réalités, qui ne sont pas que quantitatives.
4. Personnellement, j'aime bien regarder mon rétroviseur, juste avant de consulter mon GPS ; or, les JMJ à Paris, en présence de Jean-Paul II, c'était en 1997, c'est-à-dire il y a un peu plus de quinze ans...
5. Sans qu'il s'agisse pour moi de dire qu'il suffirait qu'il y ait un changement de discours, pour qu'il y ait une meilleure santé, au sein de l'Eglise qui est en France, qui peut dire qu'il y a eu, par exemple depuis cette date là, un véritable changement de discours ?
6. Les prédécesseurs des prédécesseurs des évêques actuellement en fonctions ont commis, il y a déjà plusieurs décennies, une extraordinaire erreur manifeste d'appréciation, comme on dit en droit administratif : ils ont pensé et agi comme s'ils s'étaient dit : "moins nous serons identitairement catholiques, et plus nous serons authentiquement chrétiens, au point d'attirer davantage d'hommes et de femmes dans l'Eglise" ; il s'agit d'une "erreur évidente, invoquée par les parties, reconnue par le juge et qui ne fait aucun doute pour un esprit éclairé".
7. Le mystère n'est pas que cette erreur ait été commise, c'est qu'il ait été décidé de persévérer dans cette direction erronée, ce qui n'est pas sans poser un problème qui n'est pas avant tout d'ordre quantitatif, mais qui est avant tout d'ordre motivationnel, pour reprendre une des expressions employées par Louis RADE dans le livre dont j'ai déjà parlé.
8. En effet, qu'une paroisse dans laquelle presque plus aucune personne de moins de 60 ans ne va à la messe ne "génère" plus aucune vocation religieuse ou sacerdotale, c'est une chose ; qu'une autre paroisse, dans laquelle l'église est comble, avec plein de jeunes, chaque dimanche, n'en "génère" pas beaucoup plus, en est une tout autre, que je trouve infiniment préoccupante.
Pourquoi donc envisager sérieusement de commencer à s'engager, à la suite de personnes qui sont les premières, notamment à travers leurs paroles, à montrer qu'elles ne croient qu'à moitié en ce qu'elles font ou en ce qu'elles sont, compte tenu du décalage entre ce qu'elles ont vocation à dire et à faire et ce qu'elles disent et font effectivement, notamment sous l'angle de la solidité ou de la validité de la conviction religieuse ?
Bon courage et bonne nuit.
Scrutator.
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