[Réponse] (seconde partie, des points 6) à 16))

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le torrentiel -  2013-11-08 19:21:47

[Réponse] (seconde partie, des points 6) à 16))

6. Autant votre point n° 1. me paraissait instrumental, autant je trouve enthousiasmant que vous décriviez le comportement vis-à-vis du prochain comme un reflet de notre amour de dieu. J'aurais tendance à estimer que le prochain est la route de dieu parce que, dans la mesure où il n'y a pas de médiation entre lui et moi, mon amour est naturellement orienté vers lui (pour reprendre votre terme d'orientation). Remarquez que je traduis "révélateur" par reflet, que je ne dis pas que l'amour du prochain est commandé à l'Amour de Dieu (car il y aurait risque d'instrumentation – et, pardon, Pater ou Monsieur l'aumônier militaire, mais j'ai un sérieux problème avec lahiérarchie -) et que le prochain me paraît plus certainement la route de l'Amour de Dieu que l'homme n'est la route de l'Eglise, car dans cette expression de Jean-Paul II, il y a une sorte de métonymie par laquelle la route a l'air de passer pour le but alors que, si l'eglise n'est pas orientée vers dieu (je ne parle pas des autels), à quoi peut-elle bien servir ou quelle est sa fonction ? Quant au Prochain, il est Route en tant que Personne, tandis que l'Homme serait Route au sens générique.


7. Toujours dans le même esprit, j'admire que vous puissiez dire que chacun représente Dieu pour l'autre dans la relationmatrimoniale ; je trouve bien des vertus au principe de complémentarité, dans le mariage. Je me demande simplement s'il n'y a pas des limites au principe figuratif (l'époux à l'Image du christ, l'épouse à celle de l'Eglise), ne serait-ce que parce que le réalisme et la dignité de la condition humaine n'en font pas une condition pour la mimésis ; si le Sacrement du mariage, qui ne concerne pas des figurants, mais les époux, peut être une figure de la relation entre le Christ et l'Eglise ; si la femme étant la figure de l'Eglise, elle ne porte pas le poids d'une trop lourde tutelle ; mais plus encore si "cet oenuque pour le royaume de Dieu" qu'est le prêtre, représentant de l'Eglise, à la fois n'est pas émasculé par cette identification symbolique à l'Epouse qu'il représente, et plus banalement est bien humainement délégué, du fait de sa propre situation assexuelle- ou sexuellement ambiguë -, à délibérer des matières qui concernent la régulation des naissances ou l'accueil de l'enfant à naître dans les couples "consommant le mariage".


11. Votre analogie du mariage avec "l'union transformante" est fort belle, mais l'enfant est un achèvement de celle-ci, car il échappe à toute assimilation (et je tiens l'assimilation pour la plus antropophage, y compris en matière d'immigration, des formes de l'accueil de l'autre – ou de l'hospitalité, l'autre-enfant fût-il formé dans la matrice du couple -) :l'enfant ne ressemble à personne, ni à l'un, ni à l'autre membre de l'union conjugale, ni à l'entité du couple, il n'est pas assimilable à ce à quoi il peut être apparenté, sa famille n'est qu'un terrain génétique au-delà duquel il doit prendre son envol, si possible en assumant son héritage, en étant engendréet non pas créé par sa matrice. L'enfant n'appartient pas à sa prison matricielle, il doit pouvoir s'émanciper hors de sa cage identitaire.



12. Comme vous le dites, un couple ne devient relationnel que lorsqu'il s'ouvre avec bienveillance à un tiers incarné et fécondé comme un résultat non productif, non commercial, mais tangible de cette relation duelle. C'est pourquoi je regrette que l'analyse transactionnelle se réduise à un "commerce". Toute relation duelle est trine et induit l'autre. Le refus du tiers gêneur avorte la relation. L'enfant et l'inconnu occupent cette fonction du tiers gêneur. Pour la même raison que votre prémice a tort d'être instrumentale, l'amour ne peut être calculateur et ne peut avoir pour résultat, ni l'enfant imprévu, ni le gêneur inconvenant, ni l'idéal inespéré.

13. Le problème est moins le déplacement de la morale chrétienne du mariage vers la contraception (que je signalais dans ma première intervention dans ce fil) que la polarisation soudaine de l'enseignement de l'Eglise sur un idéal anticontraceptif.


14. L'enracinement du dépravé dans la dépravation "est un début de moralisation", cela est un effet indésirable du moindre mal, non une preuve que le moindre mal ne soit pas souhaitable dans ses effets désirables, à savoir une moindre contamination des dépravés par les effets de leur dépravation, sur eux-mêmes et sur ceux qu'ils dépravent.


16. "Les dispositions subjectives actuelles ne changent rien à l'ordre établi par Dieu dans la nature humaine." En êtes-vous sûr ? Etes-vous certain que la nature est avolutive ? Et sans que cela justifie la débauche d'avortement thérapeutique (par aspiration du corps-esprit), comment interprétez-vous le fait que la mortalité infantile (y compris en couche) ait fait, avant l'intervention de la médecine, plus de victimes que n'en fera jamais l'avortement thérapeutique ?

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