Le Forum Catholique
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Meneau - 2013-11-05 19:46:41
Réponse plus précise
Tout d'abord, je me répète, le point 2 ne contredit en rien le point 1. Relisez bien. J'y écris simplement qu'il nous sera peut-être plus reproché si nous ne nous sauvons pas car nous, nous avions tous les moyens à notre disposition mais n'en avons pas usé. Cela ne contredit en rien le fait que quand on dispose de tous les moyens, c'est plus facile. C'en est même le corollaire.
Ensuite un rappel de quelques vérités de foi (si c'est cela que vous appelez intellectualiser la foi, tant pis. Quand l'Eglise enseigne que quelque chose est à croire "de foi", on ne peut délaisser ces vérités sous prétexte de sentiment ou de pastorale). Mais j'ose espérer que vous ne niez pas ces vérités.
1. Le Baptême est absolument nécessaire au salut, d'une nécessité de moyen.
« Si quelqu'un ne renaît de l'eau et de l'Esprit Saint, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu »
(Jn 3, 5)
2. L'appartenance à l'Eglise est nécessaire au salut (c'est lié au point 1).
On doit avant tout croire fermement que l'« Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut: or, il nous devient présent en son Corps qui est l'Église; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du baptême (cf. Mc 16,16; Jn 3,5), c'est la nécessité de l'Église elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du baptême, qu'il nous a confirmée en même temps »
Dominus Iesus
Ce rappel me semblait nécessaire tant les méfaits de la pastorale actuelle tendent à faire oublier ces vérités premières. Mais venons en à ma réponse à votre post et précisons tout d'abord la chose suivante :
ceux qui refuseraient soit d’entrer dans l’Église catholique, soit d’y persévérer, alors qu’ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient être sauvés
Lumen Gentium et CEC
Je ne m'intéresserai donc dans la suite du post qu'à "ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte". Ceux en effet qui ne cherchent pas Dieu d'un coeur sincère ou qui agissent à l'encontre de leur conscience, ne sont en effet probablement pas sauvés non plus.
Pour ceux dont nous parlons donc, l'enseignement de l'Eglise est toujours, ne vous en déplaise, que c'est difficile pour eux.
Les sacrements sont les moyens institués par NSJC pour augmenter en nous la vie de la grâce. C'est pour cela qu'à ceux qui en sont privés, manque objectivement un secours puissant pour parvenir au salut. La "voie royale", dites-vous. La voie royale est toujours plus simple et plus directe que les voies détournées ou secondaires. Et ces dernières, contrairement à la première, peuvent être semées d'embûches.
Et Dominus Iesus nous parle de ces embûches :
De fait, certaines prières et certains rites des autres religions peuvent assumer un rôle de préparation évangélique, en tant qu'occasions ou enseignements encourageant le cœur des hommes à s'ouvrir à l'action divine.87 On ne peut cependant leur attribuer l'origine divine et l'efficacité salvifique ex opere operato qui sont propres aux sacrements chrétiens.88 Par ailleurs, on ne peut ignorer que d'autres rites naissent de superstitions ou d'erreurs semblables (cf. 1 Co 10,20-21) et constituent plutôt un obstacle au salut.89
Un "obstacle", ça complique la route non ?
Enfin, vous affirmez :
les autres voies, qui toutes convergent par et vers le Christ, sont, dans la parfaite justice divine, adaptées aux besoins des ouvriers des heures suivantes, jusqu'à ceux de la dernière heure, ceux qui toute leur vie, n'auront pas eu le bénéfice de connaître le maître.
In genere, cette proposition est fausse. Elle ne devient éventuellement vraie que compte-tenu de ce que nous avons dit plus haut, et uniquement donc si on a écarté au préalable certaines voies qui justement ne mènent pas au Christ :
- la voie qui conduit quelqu'un à sortir de l'Eglise
- la voie qui conduit quelqu'un à ne pas vouloir y entrer
- la voie de celui qui ne cherche pas Dieu d'un coeur sincère
- la voie de celui qui n'obéit pas à sa conscience
- la voie de celui qui ignore l'Eglise par une faute de sa part
- ...
Et finalement on se retrouve donc sur un chemin possible de salut, que l'Eglise n'a jamais nié, et qu'elle présente comme menant à ce qu'elle appelle le baptême de désir, qui a pour effet une incorporation à l'Eglise, mais qui est un chemin difficile et périlleux.
C'est pour cela que j'écrivais : à une personne X donnée il est plus facile de se sauver quand elle dispose de la plénitude des moyens de salut que lorsqu'elle n'en dispose pas. Entre emprunter la voie royale et emprunter une voie détournée et semée d'embûche, l'assurance d'arriver à bon port n'est pas la même.
Pour finir, je n'ai rien contre l'oecuménisme s'il n'oublie pas sa dernière étape fondamentale qui est de viser à la conversion, je n'ai rien contre le dialogue s'il est informé par ce vrai oecuménisme, je n'ai rien contre la liberté et la conscience si tant est qu'on ne laisse pas celui dont la conscience est erronée végéter dans son erreur, et je crois en la miséricorde divine qui pour autant n'est pas dénuée de justice. Toutes choses qui font partie de la théologie et de la pastorale traditionnelles, et qui donc devraient aussi faire partie de la "pastorale qui va au large". Non ?
Cordialement
Meneau
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