"l'enseignement constant de l'Eglise, au cours des âges, sur ce sujet"....
Le Forum Catholique
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le torrentiel - 2013-11-03 04:32:55
"l'enseignement constant de l'Eglise, au cours des âges, sur ce sujet"....
Bonjour, Maître, et pardonnez-moi tout d'abord d'avoir déserté la discussion précédente pour cause d'absence, mais pour ma part, j'avais fourbi toutes mes questions.
Je réagis à votre affirmation qu'il y avait en 1968 un "enseignement constant de l'Eglise sur cette question". Il me semble surtout que c'était un sujet dont on ne parlait pas (ou presque pas) avant 1968.
On rappelle à satiété l'hésitation de Saint thomas sur le moment de l'animation de ce qu'on n'appelait pas encore un "embryon" fécondé, laquelle hésitation n'ouvre certes pas un droit à l'avortement. Mais on abordait à peine la question, si ce n'est pour condamner les "faiseuses d'anges" qui exerçaient dans des conditions d'hygiène dangereuses pour la vie de la mère (je conçois qu'il est tout aussi réducteur de ramener la condamnation de l'avortement à une protection hygiéniste des femmes contre "les faiseuses d'anges" que de prétendre que l'islam faisait bien de prohiber la consommation du porc, viande faisandée, en un temps où cet animal omnivore pouvait transmettre nombre de maladies à cet autre "mammifère omnivore" qu'est l'être humain -comme dirait Philippe Meyer-) . Je n'ai pas le souvenir d'avoir lu des recensions de sermons où le curé parlait publiquement des femmes qui faisaient "passer leur enfant" avec une aiguille à tricotter (rappelez-vous la chanson "Louise" de gérard berlinger).
On ne parlait pas davantage du préservatif ou de "la capote", sauf pour éviter que les flirts dans la luzerne aient un résultat enfantin bien concret. En somme, on entendait contrôler que les amoureux se tenaient bien et on y arrivait si mal que les fuites de jeunes filles enceintes pour aller mettre en nourrice un petit qu'elles avaient eu étaient fréquentes. Les abandons d'enfants étaient donc nombreux, dans un contexte où certes, l'adoption était plus facile, mais les filles-mères étaient la honte et la risée de leur village, on n'était guère humain avec elles. Il ne faisait pas bon être "une femme de mauvaise vie" ou "un fils naturel" dans la campagne au XIXème siècle, compte tenu de la pression sociale, la nouvelle la plus émouvante de Maupassant sur le sujet étant sans doute "le papa de simon".
Pour formuler ma question et ma réserve en termes un peu foucaldiens, quelles sont les "conditions (ou paradigmes) de l'épistémè" qui font qu'on se polarise sur ces sujets-là de nos jours alors qu'on en parlait si peu jadis, et en tout cas à d'autres fins? Certes, le recours à la contraception est quasi généralisé de nos jours, du fait que ces "médicaments" sont en vente libre ou peu s'en faut. Mais on ose à peine s'indigner des "enfants nés hors mariage" du moment qu'il en naît. Qu'en serait-il si l'avortement n'était pas aussi facile? La lutte conttre la contraception ne masque-t-elle pas l'agressivité résiduelle des puritains contre les "putains" et les femmes à la cuisse légère, en exemptant de la condamnation publique ceux qui ne sont pas mécontents d'en profiter, d'aller au-devant de leur raccolage, de leur faire des avances ou d'en être les clients?
Mais surtout, je ne vois pas bien la différence entre l'autorisation du "contrôle des naissances" que l'eglise a toujours trouvé légitime et la mentalité contraceptive proscrite en faveur d'une "méthode naturelle" employée aux mêmes fins. Je rappelle enfin que la lutte contre l'avortement de certains nationalistes sert simplement d'alibi à l'encouragement d'une politique nataliste, destinée à repeupler la france de jeunes autochtones, à l'encontre de la démographie des populations allogènes.
Le torrentiel, qui a l'impression d'enfoncer quelques portes ouvertes.
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