Le Forum Catholique
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N.M. - 2013-10-29 11:00:32
Tout à fait... mais
Mais "ce qui est à tenir par l'Eglise" et "ce qui concerne la foi et la mœurs" sont deux réalités convertibles.
C'est en raison de la relation d'une proposition avec la Révélation (soit formellement révélée, soit connexe) que ladite proposition est à tenir (sous-entendu définitivement) et nécessite un assentiment de foi divine ou de foi catholique.
Le "à tenir" renvoie non pas directement à cette relation (avec la Révélation) mais à l'assentiment qui est dû (en raison de la relation avec la Révélation).
Par conséquent, signifier en quelque façon qu'une proposition est à tenir, c'est consignifier que cette même proposition est infailliblement attestée (comme révélée ou connexe à la Révélation).
Mais attester qu'une proposition est révélée ou connexe à la Révélation, c'est déjà et suffisamment consignifier que cette même proposition est infailliblement vraie et donc à tenir.
L'explicitation de la relation avec la Révélation exprime directement et suffisamment l'exercice du pouvoir déclaratif infaillible. L'explicitation du "à tenir" n'exprime qu'indirectement cette même réalité (mais suffisamment).
Par conséquent, il n'est pas nécessaire de signifier qu'une proposition est "à tenir" - ou à tenir de tel type d'assentiment - pour expliciter qu'une proposition est infailliblement vraie et révélée ou connexe à la Révélation - et donc exiger l'assentiment correspondant.
Relativement au document de la Commission doctrinale (du concile Vatican II) la lecture que vous suggérez de faire rejoint une conception erronée (mais assez courante) des choses. En sens contraire, voir les explications du Père Kleutgen, au nom de la Députation de la Foi, lors du concile Vatican I :
"Dans ces décrets, il est nécessaire de distinguer l'interdiction (ou le commandement) [dans le cas qui nous occupe, c'est le commandement qui nous importe : "à tenir"] de la définition (ou du jugement sur la doctrine). D'abord, en effet, l'Eglise définit que telles opinions sont mauvaises ; ensuite elle les interdit comme telles, et elle établit des peines contre les contumaces. Or, chacun doit la soumission de l'esprit à l'Eglise qui définit, même si elle n'ajoute aucun précepte. Puisqu'en effet Dieu nous a donné l'Eglise comme mère et maîtresse pour tout ce qui concerne la religion et la piété, nous sommes tenus de l'écouter quand elle enseigne. C'est pourquoi, si la pensée et la doctrine de toute l'Eglise apparaît, nous sommes tenus d'y adhérer, même s'il n'y a pas de définition : combien plus donc si cette pensée et cette doctrine nous apparaissent par une définition publique ?"
Mansi, Amplissima Collectio Conciliorum, tome 53, colonne 330, partie B.
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