Différence entre les conséquences d'une séparation subie par le mari et celles d'une séparation subie par l'épouse (Attention, post très politiquement incorrect)

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Candidus -  2013-10-22 18:30:52

Différence entre les conséquences d'une séparation subie par le mari et celles d'une séparation subie par l'épouse (Attention, post très politiquement incorrect)

Ce document de la CDF cite St Paul qui déclare : « Quant à ceux qui sont mariés, je leur prescris non pas moi toutefois, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare pas de son mari – et si elle se sépare, qu’elle demeure sans se remarier, ou qu’elle se réconcilie avec son mari – et que le mari ne quitte point sa femme » (1 Co 7, 10-11)

Dans cette citation, St Paul semble faire une différence entre une séparation liée à la volonté de l'épouse ("que la femme ne se sépare pas de son mari – et si elle se sépare, qu’elle demeure sans se remarier, ou qu’elle se réconcilie avec son mari") qui entraîne donc l'impossibilité du remariage pour l'épouse et, une séparation subie par le mari (ce qui constitue la majorité des cas de séparation aujourd'hui) qui, étrangement, n'entraîne pas de la part de St Paul l'énoncé de l'impossibilité de se remarier.

Je vous livre un texte, peu connu, de St Basile, Père de l'Eglise, sur cette question, qui ouvre des perspectives assez inattendues :

La décision du Seigneur prise telle qu'elle est, s'applique également aux hommes et aux femmes : qu'il n'est pas permis d'interrompre la vie de mariage, sauf pour raison d'adultère. Or la coutume régnante n'est pas ainsi, mais à propos des femmes nous trouvons des précisions minutieuses : l'apôtre dit : "Qui s'unit à une prostituée devient un avec elle"; et Jérémie : "Si une femme va avec un autre homme, elle ne retournera pas à son mari, mais elle restera dans sa souillure"; et encore : "Qui garde une épouse adultère est insensé et impie"; tandis que la coutume fait une obligation aux femmes de garder leurs maris, même s'ils sont adultères.

De la sorte, je ne sais si la nouvelle épouse de l'homme abandonné par sa femme peut être qualifiée d'adultère. La responsabilité retombe dans ce cas sur celle qui a abandonné son mari, suivant la raison qui lui a fait interrompre la vie de mariage ; si c'est pour n'avoir pu supporter les coups du mari qui la frappait, elle aurait dû les supporter plutôt que de se séparer de son conjoint ; si c'est pour n'avoir pu supporter la perte de sa fortune, cette raison n'est pas non plus valable; et si c'est parce que le mari vit dans l'adultère, ce grief n'est pas du tout admis par la coutume de l'Église; même dans le cas du mari non-chrétien, on n'ordonne pas à la femme de se séparer de lui, mais de rester parce qu'on ne sait ce qui en résulterait : " Qui sait, femme, si tu ne sauveras pas ton mari ?" Par conséquent, celle qui abandonne son mari, devient adultère, si elle s'unit à un autre homme, mais l'homme abandonné est excusé et sa nouvelle épouse ne sera point condamnée. Tandis que si le mari abandonne sa femme pour en prendre une autre, il est, lui, adultère, parce qu'il porte sa femme à l'adultère, et celle qui cohabite avec lui est adultère, parce qu'elle a attiré à elle le mari d'une autre.


Dans le même ordre d'idée, St Augustin semble aussi faire une distinction entre les conséquences de l'abandon de l'épouse par l'époux et celles de l'abandon de l'époux par l'épouse :

«dans les personnes divorcées, il est véritablement difficile de savoir si CELUI à qui il est permis de renvoyer SA FEMME adultère est cependant tenu pour adultère s'il en épouse une autre, de telle sorte que, à mon avis, dans ce sens là, il pèche de manière digne de pardon» (De Fide et operibus VII,10 (Crouzel)
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