Réponses à vos allégations (deuxième partie)
Le Forum Catholique
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N.M. - 2013-10-22 16:53:42
Réponses à vos allégations (deuxième partie)
3) Par dogme on peut entendre deux choses. Soit les vérités de la Révélation, autrement dit l'objet matériel de la foi. Soit la proposition de ces mêmes vérités révélées par le magistère. (Le motif formel de la foi étant non pas l'autorité de l'Eglise, mais l'Autorité incréée de Dieu révélant).
Et cette proposition des vérités révélées n'est pas opérée seulement au moyen des jugements solennels, mais également au moyen du magistère ordinaire et universel (c'est ce que vous n'arrivez manifestement pas à comprendre ou à accepter) :
"On doit croire de foi divine et catholique toutes les choses contenues dans la parole de Dieu écrite ou transmise, et que l'Eglise, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel, propose à notre foi comme des vérités révélées par Dieu."
Concile Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius (D. 1792).
Voilà pourquoi les théologiens distinguent :
- les dogmes de foi divine
- et les dogmes de foi définie.
"De fide divina et catholica in genere est propositio quae in Fontibus revelationis directe vel formaliter continetur et ab Ecclesia infallibiliter ut credenda proponitur : D. 1792.
[...]
"Huiusmodi doctrina, utpote divinitus revelata, imponitur ab Ecclesia ut credenda ; et ideo appellatur Dogma fidei divinae, quemadmodum apposite docuit Pius IX in Epist. Tuas libenter : D. 1683 1684. Contraria doctrina merito appellatur formaliter haeretica, iuxta apertum"
Joachim Salaverri, s.j., in Sacrae Theologiae Summa, t. I, 3e éd., 1955, pp. 804-805.
Autrement dit, ce qui est contenu formellement dans les sources de la Révélation et est proposé infailliblement comme objet à croire - de foi divine et catholique en général - constitue un dogme de foi divine.
Et les vérités de foi divine et catholique, c'est-à-dire les dogmes de foi divine, sont attestées (infailliblement) par le magistère, tant au moyen des jugements solennels qu'au moyen du magistère ordinaire et universel :
"Iam vero ex thesibus 13 et 14, et ex nuper citato Vaticani decreto [c'est-à-dire D. 1792 cité plus haut : "On doit croire de foi divine et catholique" etc.], constat nobis, Magisterium Ecclesiae posse proponere infallibiliter doctrinam dupliciter : a) modo extraordinario, id est, sollemni iudicio sive Oecumenici Concilii sive Summi Pontificis ex Cathedra loquentis, b) modo ordinario, id est, actu ordinarii et universalis, per orbem dispersi Magisterii : D. 1792 1683."
Joachim Salaverri, ibid., p. 805.
Pour ce qui est maintenant des dogmes de foi défini :
"De fide divina definita est doctrina formaliter revelata, quae ab Ecclesia infallibiliter ut credenda proponitur sollemni iudicio Concilii Oecumenici vel Papae ex Catehedra loquentis.
[...]
"Iure ergo proposito, quae sollemni iudicio ut credenda proponitur, appellari consuevit de fide divina definitiva, et est Dogma fidei divinae sollemniter definitum. Contraria vero doctrina consequenter dici potest formaliter et sollemniter haeretica."
Joachim Salaverri, ibid., pp. 805-806.
Autrement dit, ce qui est contenu formellement dans les sources de la Révélation et défini comme objet à croire - de foi divine définie - par un jugement solennel constitue un dogme de foi divine définie.
Où l'on voit que - bien entendu - les dogmes de foi divine définie sont des dogmes de foi divine. Mais où l'on voit aussi qu'on ne peut pas réduire - ainsi que vous le faites abusivement (mais non pas seul) - les dogmes de foi divine aux seuls dogmes de foi divine définie.
En effet, il faut également tenir pour dogmes de foi divine ce que l'on appelle les dogmes de foi divine et catholique :
"De fide divina et catholica stricte est propositio formaliter revelata quae ab Ecclesia infallibiliter ut credenda proponitur ordinario et universali Magisterio.
[...]
"Merito ergo propositio, quam universale et ordinarium Magisterium ut credendam proponit, appellata est de fide divina et catholica stricte, et est Dogma fidei divinae et catholicae. Contraria vero doctrina merito dici potest formaliter haeretica."
Joachim Salaverri, ibid., p. 806.
Autrement dit, ce qui est contenu formellement dans les sources de la Révélation et proposé infailliblement par le magistère ordinaire et universel comme objet à croire - de foi divine et catholique - constitue un dogme de foi divine et catholique.
Conclusion : il ne faut pas confondre les dogmes de foi avec les définitions dogmatiques. Les définitions dogmatiques - qui sont des jugements solennels en matière de dogme, et donc des dogmes de foi définie - sont des dogmes de foi. Mais lorsque le magistère ordinaire et universel atteste qu'une proposition est révélée, il s'agit là (et ce, infailliblement - cf. D. 1792) d'un dogme de foi divine et catholique.
Voilà pourquoi, dans la Constitution du 1er novembre 1950 où il procède à la définition dogmatique de l'Assomption, le pape Pie XII donne préalablement comme preuve de la vérité de cette proposition [celle de l'Assomption], le fait qu'elle est déjà enseignée par le magistère ordinaire et universel comme une vérité de foi divine et catholique, c'est-à-dire : comme un dogme de foi divine et catholique.
Et le pape Pie XII, pour faire preuve de cette réalité, se réfère à l'enseignement de l'épiscopat au moment même où il l'a consulté sur ce point, à savoir en 1946.
Donc loin de donner raison à vos dires, l'argument de Pie XII manifeste bien que le corps épiscopal uni au pape peut attester infailliblement de n'importe quel dogme de foi divine et catholique, à n'importe quel moment de son histoire, et ce au moyen du magistère quotidien qui est le magistère ordinaire et universel.
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