Extrait de CREDO de Mgr J-J Gaume

Le Forum Catholique

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Castille -  2013-10-20 01:51:34

Extrait de CREDO de Mgr J-J Gaume

CHAPITRE XII - NEUVIÈME DIFFICULTÉ : LES MOQUEURS.
I Tandis que les calomniateurs vouent le Christianisme à l’exécration universelle, que les hérétiques lui déchirent le sein, et que les philosophes le ruinent dans l’esprit des lettrés, les moqueurs s’en emparent et le livrent à la dérision du peuple.

II Si on veut se faire une idée, au moins imparfaite, de l’effet que durent produire sur les classes populaires de Rome ou d’Athènes les comédies bouffonnes, les ignobles caricatures, les plaisanteries plus ou moins grossières, par lesquelles le Christianisme travesti était jeté en pâture à des foules ignorantes et dépravées, il suffit de se rappeler ce que nous avons vu, ce que nous voyons encore.

III Quand on a voulu populariser la haine et le mépris du Saint-Père, du doux et auguste Pie IX, on l’a joué sur le théâtre. Pendant cent six représentations consécutives, une comédie trop fameuse l’a représenté comme un tyran qui, foulant aux pieds les droits sacrés de l’autorité paternelle, mérite le blâme des uns, la haine des autres, le mépris de tous. Cent fois les spectateurs trompés ont fait éclater leurs dispositions hostiles, par d’énergiques réprobations et par des larmes de compassion sur les prétendues victimes du despotisme pontifical.
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IV De même, pour étouffer dans les masses la crainte salutaire des châtiments éternels, on n’a rien trouvé de mieux que de les profaner et de les ridiculiser dans la comédie, si longtemps courue : La Beauté du Diable.

V Inutile d’ajouter qu’aux comédies se joignent les pamphlets et les caricatures. Tel est, aux yeux des ennemis de la religion, l’effet immanquable de pareilles armes, qu’ils s’ingénient à en inventer chaque jour de nouvelles, certains de provoquer, sinon toujours la haine, du moins l’éloignement, le mépris et l’incrédulité.

VI Aucune de ces attaques ne manque au Christianisme naissant. Des libelles, écrits dans l’esprit de Voltaire, caricaturent la nouvelle religion. La plaisanterie court de bouche en bouche et n’épargne ni les hommes ni les choses, ni les vertus du Christianisme. Quelques-uns de ces libelles deviennent obligatoires pour les écoles, et les générations naissantes sont élevées dans le mépris le plus
profond des Chrétiens. Les arts se mettent de la partie. Les disciples du Crucifié sont représentés, jusque sur les murs du palais impérial, à genoux devant un homme à tête d’âne, cloué sur une croix.

VII Pour achever de ridiculiser la nouvelle religion, les comédiens la donnent en spectacle et la traduisent en scènes plus burlesques les unes que les autres. Ses cérémonies les plus augustes, ses mystères les plus sacrés, ses lois les plus respectables, joués par des histrions, en présence même des empereurs, demeurent frappés d’un ridicule qui en éloigne plus que le fer des bourreaux. Le moyen, je le demande, d’adorer le lendemain ce qu’on avait accueilli la veille, par des risées et des mépris ?

in C R E D O ou LE REFUGE DU CHRÉTIEN DANS LES TEMPS ACTUELS
par MGR GAUME,
PROTONOTAIRE APOSTOLIQUE, DOCTEUR EN THÉOLOGIE. PARIS, GAUME FRÈRES, 1867.
Domine, salva nos : perimus.
Seigneur, sauvez-nous : nous périssons,
Matth., VIII, 25
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