Il s'agit là du caractère "régressiste" de cette stratégie.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2013-10-06 07:52:47

Il s'agit là du caractère "régressiste" de cette stratégie.

Bonjour et bon dimanche, Yves Daoudal,

La stratégie "franciscaniste", qu'on me pardonne ce néologisme, semble constituer à vouloir réactiver un référentiel qui a correspondu à un moment récent du passé, et du passif, de l'Eglise, pour pouvoir et savoir à nouveau aller de l'avant. Cela pose au moins deux problèmes.

1. D'une part, cela laisse entendre que les Papes qui ont précédé le Pape François se sont éloignés, tendanciellement et tendancieusement, de ce qui aurait dû pouvoir continuer à constituer leur source d'inspiration : le Concile Vatican II, puisqu'il semble que ce soit au nom de la réactivation de la fidélité au Concile que le Pape François, dans son style comme dans ses thèmes, se démarque de ses prédécesseurs.

2. D'autre part, cela laisse entendre

- que les catholiques "intransigeants" n'ont évidemment toujours pas le droit de s'inspirer de ce qui est situé en amont de la période actuelle, bien que cela provienne d'un amont tout proche, qui provient de Jean-Paul II et de Benoît XVI, Papes postérieurs à la clôture du premier après-Concile,

- que les catholiques "accommodants", eux, et eux seuls, ont bel et bien le droit de s'inspirer de ce qui est situé en amont de la période actuelle, même quand cela provient d'un amont plus lointain, qui provient bien plus du "climat" que du "corpus"

- instauré par Jean XXIII, Pape antérieur à l'ouverture de la deuxième session du Concile,

- subi, plus que voulu ou contré, par Paul VI, Pape du Concile et du premier après-Concile.

3. Il fut un temps, presque aucune référence au passé n'était jugée légitime, sauf, évidemment, la référence au christianisme des origines, à l'Eglise des premiers siècles, mais, déjà, dans les années 1950, et surtout 1960, cette référence était restrictive et sélective, "flower-poweriste" : saint Augustin et saint Jean Chrysostome, entre autres, ne semblaient pas toujours pouvoir faire partie de cette Eglise des premiers siècles.

4. Le fait nouveau, depuis quelques mois, est le suivant, et il est inquiétant : une certaine forme de malhonnêteté intellectuelle, en ce qui concerne le caractère légitime de la référence au Magistère récent de l'Eglise catholique, depuis la mort de Pie XII, ne peut être qu'encouragée, en présence du positionnement "franciscaniste".

5. Voici le mode de raisonnement, caricatural, mais pas inimaginable, auquel je fais allusion :

" Nous, les catholiques chaleureux, ouverts sur et tournés vers les périphéries extérieures, nous avons le droit de faire filialement référence au Concile, parce que, en le faisant, nous faisons positivement référence à l'intention originelle de celui qui l'a convoqué et de celui qui l'a clôturé. "

" Vous, les catholiques timorés, coincés et crispés, fermés et frileux, vous n'avez pas le droit de faire filialement référence au Concile, parce que, en le faisant, vous faites positivement référence au détournement de finalité postérieur à la clôture du premier après-Concile qui a été le fait de deux Papes conservateurs, qui ont neutralisé ou rigidifié l'intention originelle. "

6. En d'autres termes, pour les "franciscanistes", toutes les références à l'histoire récente, et surtout à la doctrine récente, de l'Eglise catholique, ne seraient pas également légitimes, car, même quand Jean-Paul II et Benoît XVI faisaient filialement référence au Concile Vatican II, ils en trahissaient l'intention originelle bien plus qu'ils ne la traduisaient.

7. Les prochains mois le confirmeront ou l'infirmeront, sur certains points plus que sur d'autres, mais il me semble que nous sommes en présence, pour la première fois, depuis le début des années 1960, d'une authentique stratégie "régressiste", ou régressive, d'une authentique volonté de retour en arrière, d'une authentique volonté de retour au "moment Jean XXIII", quitte à ce que ce retour en arrière se fasse au détriment relatif du contact avec ce qui est objectivement essentiel ou du respect de ce qui est objectivement essentiel.

8. Or, l'essentiel,

- ce n'est pas avant tout ce qui est agréable à (faire) entendre, sur le moment et en surface, du point de vue attribué aux périphéries extérieures, ou constaté au sein des périphéries extérieures,

- c'est avant tout ce qui est profitable à (faire) écouter, pour qu'il soit approprié et communiqué, dans les coeurs et dans les moeurs, dans la durée et en profondeur, en vue de la conversion de TOUS.

Et ce qui est vraiment profitable est rarement seulement agréable, aux yeux et oreilles des représentants et responsables des classes maçonnico-médiatique et maçonnico-politique.

Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour les imperfections ou imprécisions de ce texte, et je vous souhaite un bon dimanche.

Scrutator.
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