Vous avez raison, ses propos sont vraiment insultants.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2013-10-03 00:16:58

Vous avez raison, ses propos sont vraiment insultants.

Bonsoir et merci, Gaspard.

Voici

" NON AUX CLUBS CATHOLIQUES ! OUI À L’INITIATION CHRÉTIENNE !

Si l’on me demande aujourd’hui : « À quoi devons-nous résister pour être chrétiens dans une société qui n’est plus chrétienne ? », je répondrai sans hésiter : à cette logique faite à la fois de résignation et d’agressivité, qui n’évalue la présence catholique dans notre société qu’en termes de résultats chiffrés ou de manifestations publiques.

Car ces deux attitudes vont ensemble : d’un côté, on se lamente en disant que les églises sont vides, que les pratiquants sont de moins en moins nombreux, que les prêtres disparaissent et que la foi se perd, mais, d’un autre côté, on rêve de reconquêtes politiques et l’on identifie le catholicisme français à sa capacité de résistance aux lois de la République.

Que l’on me comprenne bien : je n’étais pas du tout favorable à cette loi nouvelle qui a ouvert le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. C’est un mensonge de prétexter l’égalité des droits pour faire prévaloir des désirs individuels et renoncer à ces valeurs communes dont nous avons aujourd’hui besoin pour ne pas être soumis au règne de l’individualisme séparateur. Et, d’une certaine manière, la Charte de la laïcité honore ces valeurs communes, dont beaucoup ont leur source dans la tradition chrétienne.

Mais je suis préoccupé quand je vois des jeunes et des adultes qui se disent catholiques s’imaginer que leur identité catholique se réduirait à leur opposition à l’État laïque. J’ai appris de René RÉMOND et d’Émile POULAT, ces grands historiens du catholicisme en France, qu’il faut accepter des relations à trois termes : l’Église, l’État laïque et la société. Et qu’il nous faut apprendre non seulement à nous situer par rapport à l’État laïque, mais surtout à être présents à l’intérieur de notre société qui n’est plus chrétienne, et qui est devenue à la fois fragile et dure.

En raison de cette exigence primordiale de présence à l’intérieur de notre société (et non pas à l’extérieur), je dis non aux stratégies défensives ou offensives, à ces appels à la résistance qui ne peuvent que créer des illusions, même s’ils sont enrobés d’appels à la prière !

Je dis clairement non à cette tentation de constituer des « clubs » ou des « tribus » catholiques. Mais nous le faisons parfois de façon inconsciente : on reste entre soi, on se raconte sans fin les mêmes petites histoires, on médit gentiment des autres, surtout s’ils sont absents, sans se rendre compte que l’on se condamne ainsi à la mort.

Je dis bien à la mort : en restant rivés à ses idées, à ses préférences, à ses petites expériences, on s’interdit d’aller au large, vers ces « périphéries existentielles » dont parle avec toute son expérience pastorale notre pape François.

Les clubs ou les tribus catholiques sont porteurs de mort : ils se détruisent eux-mêmes, ils se condamnent eux-mêmes à l’agonie.

Je ne voudrais pas que cette tendance décourageante soit couverte par une pastorale des bouchages de trous, au nom de laquelle on réduit la vie de l’Église à la seule célébration de la messe du samedi et du dimanche, avec ces questions lancinantes : où ? Quand ? Comment ? Avec quel prêtre ?

L’Église du Christ devient alors une tribu qui gère sa survie, car les trous que l’on bouche provisoirement risquent de devenir de plus en
plus larges et de plus en plus profonds.

Mais que diable, si l’on peut dire, l’Église du Christ est infiniment plus large que cela. Elle est large de la largeur du Christ qui vient « chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19,10). Elle est profonde de la profondeur du Christ, qui est descendu aux enfers pour tout ressaisir de notre pauvre et sainte humanité et pour l’entraîner dans le sillage de sa Résurrection. « Réveille-toi, ô toi qui dors… »

Par conséquent, il faut dire résolument oui à une pastorale de l’initiation chrétienne qui nous demande non seulement d’accueillir et d’écouter, mais surtout de sortir de nous-mêmes et de nos petits clubs, pour marcher avec des hommes et des femmes qui ont du mal à marcher, parce qu’ils sont blessés ou anxieux, qu’ils ont peur de l’avenir et d’une route qu’ils ne connaissent pas.

Nous sommes appelés à être attentifs à ces situations de détresse et de solitude, qui existent parfois tout près de nous, mais que nous préférons ignorer, parce que nous sommes résignés à notre immobilisme.

Nous risquons de nous réveiller lorsqu’il sera trop tard et que ces hommes et ces femmes auront accompli l’irréparable en se donnant la mort. Cela aussi fait partie des réalités ordinaires. "

( Résister à l'esprit du monde, à la folie du monde, aux puissances de ce monde ? Ce n'est pas chrétien ! )

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=733714