Belgique : un évêque interpellé par trois de ses doyens pour manque d'envergure !!!
Le Forum Catholique
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Boanergues - 2013-09-27 09:55:16
Belgique : un évêque interpellé par trois de ses doyens pour manque d'envergure !!!
En préambule à ce document, je tiens à préciser que ces plaintes courageuses adressées par trois doyens à leur évêque, Mgr Van Cautem, peut s'appliquer à chaque diocèse belge, sans restriction, la Belgique étant certainement le pays européen le plus déchristianisé : les quelques fruits qui restent de l'arbre sont bien pauvres en vitamines, pour autant qu'ils soient encore présentables, à de rares exceptions près !
Voici quelques considérations émises par trois doyens à l’adresse du Conseil épiscopal et de l’Assemblée des doyens quant à la situation actuelle du diocèse et à ses perspectives d’avenir. Une interpellation qui incite à la réflexion et aux débats.
Au début de son épiscopat à Namur, notre évêque a insisté sur sa volonté d’œuvrer à la communion au sein du diocèse, dans le presbyterium et parmi tous les acteurs pastoraux. A maintes reprises, dans ses prises de paroles, il est revenu sur ce projet et d’heureuses initiatives ont été menées en ce sens
Ces dernières années sont marquées par la déchristianisation croissante et des événements douloureux meurtrissent l’Eglise de notre pays.
Dans notre diocèse, des modes de fonctionnement (ou de dysfonctionnement), ainsi qu’une crise de confiance entre beaucoup de prêtres et le Conseil Episcopal provoque un déficit de communion.
Aujourd’hui, les acteurs pastoraux accusent un sérieux découragement perceptible à tous les niveaux. Quelques indices de ce découragement et du déficit de communion :
• Climat de sinistrose lors de l’assemblée des doyens de septembre 2012
• Peu de doyens présents à la messe chrismale,
• Peu de prêtres belges en responsabilité actuelle présents à la recollection sacerdotale,
• Des prêtres quittent le diocèse ou abandonnent le ministère,
• Des laïcs expriment leur désarroi ou s’en vont sur la pointe de pieds...
Devant les défis nombreux et inédits que doit rencontrer la nouvelle évangélisation chez nous, notre Eglise diocésaine apparaît tiède et peu entreprenante.
Sans nier des initiatives très positives et fécondes qui ont été menées ces trois dernières années, nous nous permettons de relever quelques éléments de la vie et de l’action actuelle du diocèse qui nous semblent inadéquats ou, à tout le moins, facteurs de découragement.
Les prêtres vivent une crise d’identité, les laïcs sont ébranlés dans leur foi et leur attachement à l’Eglise, et aucun lieu, dans notre diocèse, ne leur est proposé pour exprimer ce qu’ils vivent.
Les conseils presbytéral et pastoraux qui arrivent en fin de mandat sont appelés à faire un bilan de leur travail. Déjà, il apparaît bien maigre. Et parfois, les membres ont eu le sentiment qu’on organisait, pour eux, des activités occupationnelles sans conséquence aucune sur la vie et l’action pastorale.
La politique d’accueil très large et peu cohérente de prêtres venus d’ailleurs pose de nombreuses questions.
Le manque de politique d’intégration, d’information et de formation à la réalité pastorale spécifique de nos provinces cause beaucoup de difficultés.
Vicaires épiscopaux et doyens sont confrontés sans cesse à la gestion de tensions et de problèmes en tous genres liés à cette carence de départ.
Les différents cas litigieux ne sont pas gérés avec la rigueur requise.
De nombreux projets en souffrent et l’avenir d’une Eglise diocésaine dont les vocations devraient exprimer la vitalité est largement hypothéqué. Ces prêtres, ainsi accueillis chez nous, permettent de maintenir une structure largement obsolète au détriment d’un réel renouveau et d’une évangélisation effectivement nouvelle.
Les communautés chrétiennes et les laïcs en responsabilité ne se sentent pas pris au sérieux dans leur engagement et leur réalité de terrain. La politique diocésaine semble exclusivement basée sur les prêtres à nommer et les structures à maintenir au détriment des communautés à servir.
Les nominations, exercice délicat nous en convenons, ne correspondent pas à des perspectives nouvelles et actuelles mais bien davantage à l’entretien de coquilles vides dont la lourdeur empêche de réels changements. Ces nominations ont plusieurs fois réduit à néant des projets menés de longue date ou récemment engagés. Tout cela cause un découragement profond du laïcat qui risque d’en être déboussolé.
Si des projets globaux existent au niveau diocésain : catéchèse et formation (et singulièrement la catéchèse communautaire), chantier paroissial, ..., aucun projet d’envergure globale n’est mis en œuvre de manière cohérente et suffisamment volontariste. Cela empêche une communion diocésaine réelle et profonde.
La catéchèse des enfants et des adolescents, les étapes liées à cette catéchèse, est aujourd’hui profondément éclatée. Les pratiques varient parfois d’une paroisse à l’autre (ex : la confirmation est conférée selon les lieux entre 8 ans et 18 ans ???)
Les services, mouvements et pastorales spécialisées œuvrent indépendamment les uns des autres. Le constat d’éclatement dans le travail se manifeste symboliquement dans les lieux où ceux-ci sont installés, dispersés en plusieurs endroits avec peu d’occasions de rencontres et de collaborations.
Des moyens matériels sont en difficulté ou manquent cruellement :
• Le CDD (du moins dans son implantation namuroise) et RCF (totalement absente de la province de Luxembourg) ont des perspectives peu prometteuses voire réellement inquiétantes.
• Le diocèse souffre d’une absence de centre pastoral diocésain, où pourraient être réunis les services diocésains, les pastorales spécialisées, la formation... Dans ce centre pourraient se tenir les rassemblements des acteurs pastoraux et les événements diocésains. Il serait un lieu où pourrait battre le cœur du diocèse. Aujourd’hui, on ne peut constater une fois de plus que l’éclatement : Maison Abbé André, Séminaire, Beauraing, Rochefort, Resteigne, Mont de la Salle (avec un avenir en question), ....
En bref, nous pouvons diagnostiquer que notre diocèse souffre d’un manque de cohérence à de nombreux niveaux et d’un déficit de gouvernance.
À l’avenir, ne serait-il pas utile, que ces différents sujets soient mis à l’ordre du jour de l’assemblée des doyens et des différents conseils diocésains ?
Ce propos ne se veut en rien agressif et ne souhaite stigmatiser personne ni mettre en cause aucune bonne volonté. Il souhaite simplement interpeller dans la perspective de la mission et du bien de notre Eglise diocésaine.
Les doyens Favart, Goosse, et Roger
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