les bienfaits de la lecture des Pères de l'Eglise

Le Forum Catholique

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baudelairec2000 -  2013-09-20 23:33:49

les bienfaits de la lecture des Pères de l'Eglise

certes, mon cher Parfu, vous déclarez ne pas remettre en cause le bienfait que l'on tire de la lecture des Pères, mais vous vous inscrivez dans la suite de liseurs, ou plutôt vous alimentez des propos qui tendent de manière dangereuse, et qui, pour le coup, ne sont pas traditionnels, à discréditer l'ensemble de la patrologie.

Quelques rappels sur les Pères - je précise que contrairement à certains liseurs apparemment bien informés je ne vais pas chercher mes renseignements dans Wikipédia (depuis quand Wikipédia est une source sûre pour les catholiques?):

les Pères de l'Eglise sont les premiers à avoir constitué " le corps de doctrine " dont l'Eglise a vécu dans la suite (R.P. Sineux dans les Docteurs de l'Eglise).
Au sens strict: "Ce sont les auteurs chrétiens de l'Antiquité (tardive), clercs et laïcs, qui se sont signalés par la qualité de leur doctrine, le caractère exemplaire de leur vie, l'approbation postérieure de l'Eglise... En un sens plus large et courant, on classe aussi parmi les Pères de l'Eglise, les autres auteurs chrétiens remarquables des premiers siècles, même si leur vie ou leur doctrine n'ont pas été absolument exemptes de défaillances ou d'erreurs mêmes graves: ainsi Tertullien(mort dans le schisme) ou Origène (dont certaines thèses ont été considérées comme hétérodoxes, plusieurs siècles après sa mort il est vrai), compte tenu de la valeur exceptionnelle de l'ensemble de leur oeuvre et de l'influence féconde qu'elle a exercée au sein du christianisme ancien.

Quant aux termes de "patrologie" ou de "patristique" (synonymes dans l'usage français) par lesquels on désigne la science qui se consacre à l'étude des Pères de l'Eglise, ils recouvrent en pratique l'étude de toute la littérature chrétienne des premiers siècles, y compris les écrits anonymes, marginaux et même hétérodoxes: c'est-à-dire toute notre documentation littéraire sur l'Eglise ancienne.

L'époque des Pères de l'Eglise s'étend de la seconde moitié du Ier siècle de notre ère (les premiers écrits patristiques sont en effet contemporains d'une partie des écrits du Nouveau Testament) jusqu'au VI e siècle en Occident et jusqu'au VIII e siècle en Orient" (Jacques Liébaert, Les Pères de l'Eglise, vol.I, Desclée,Avant-propos).

Font partie des Pères, les Pères apostoliques (le pape Clément, saint Polycarpe), Ignace d'antioche, Justin, Irénée de Lyon, Tertullien, Origène, Cyprien de Carthage, Lactance, Eusèbe de Césarée, saint Athanase d'Alexandrie, Hilaire de Poitiers, Basile de Césarée, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, saint Jean Chrysostome, Cyrille de Jérusalem, Evagre le Pontique, Ephrem le Syrien, Ambroise de Milan, saint Jérôme, saint Augustin, Jean Cassien, Cyrille d'Alexandrie, Isidore de Séville, Léon le Grand, Grégoire le Grand, pour les principaux.

Cela ne fait pas d'eux des Docteurs de l'Eglise, Docteurs que le magistère de l'Eglise a choisi de nommer ainsi lorsqu'il découvre dans leurs oeuvres un enseignement digne d'être retenu et proposé à l'Eglise universelle et qu'il constate que ces hommes ont illustré leur enseignement par la sainteté de leur vie. Ainsi si Grégoire de Nazianze, père de l'Eglise d'Orient, a été proclamé Docteur de l'Eglise, il n'en va pas de même pour Grégoire de Nysse. Notons que le Docteur Commun, saint Thomas, n'est pas à l'abri de l'erreur: alors que saint Bernard, au XII e siècle militait en faveur de l'Immaculée- Conception, saint Thomas, lui, pour de raisons philosophiques, ne paraissait pas devoir adhérer à cette thèse. La proclamation du dogme sous Pie IX donnera raison au premier; ce n'est pas pour autant que nous devons nous méfier de la théologie de saint Thomas...

Le retour aux Pères, de nos jours, s'impose plus que jamais, sur le plan théologique évidemment et sur le plan liturgique -l'Eglise fait référence dans l'Office aux Pères.

Plusieurs faits "suffisent à mettre objectivement en lumière l'importance de la connaissance des Pères pour la compréhension de la foi chrétienne:

1/ le premier est le lien étroit indissoluble qui existe entre l'Ecriture , Ancien et Nouveau Testament, et l'Eglise des Pères. L'Ecriture est la référence indépassable de la Foi. Mais c'est l'Ecriture reçue et lue dans l'Eglise, communauté des croyants, éclairée par la foi de l'Eglise et interpétée par elle. Comment saurions-nous que tel écrit du Ier siècle appartient à l'Ecriture et est parole inspirée , et pas tel autre pourtant de la même époque, si l'Eglise du II e siècle n'avait pas, comme on dit, fixé le "canon" du Nouveau Testament, c'est-à-dire déterminé - pour l'essentiel au moins - quels étaient les écrits qui exprimaient authentiquement le message apostolique, en écartant les autres?

Les Pères ont reçu la Bible de l'Eglise apostolique. Mais ce sont eux qui nous l'ont transmise, comme ils ont été les premiers à l'étudier, à la commenter, à la méditer. Quand nous lisons la Bible, telle que l'Eglise nous la présente aujourd'hui, nous nous trouvons branchés sur la lecture de l'Eglise ancienne et nous prolongeons cette lecture séculaire...

2/ C'est aussi l'Eglise des Pères qui nous a donné les "professions de foi" fondamentales de toute la chrétienté dans les premiers conciles oecuméniques: Nicée (325), Constantinople (381), Ephèse (431) et Chalcédoine (451). Chaque fois que nous proclamons le Credo de la messe, qui est le symbole de Nicée complété par le concile de Constantinople, nous nous plongeons dans la foi de l'Eglise du IV e siècle. Les Pères de l'Eglise, qui ont défendu passionnément et confessé, avec toute la clarté et la rigueur qui leur était possible, la foi reçue des Apôtres, sont vraiment nos "Pères dans la foi"; ils sont inséparables de la profession de foi de l'Eglise.

3/ C'est encore l'Eglise des Pères qui a posé les structures fondamentales de la liturgie... des structures intangibles, celles mêmes qui ont été à la base des grandes traditions liturgiques de l'Eglise ancienne en Orient et en Occident.

4/ C'est enfin au sein même de l'Eglise des Pères que s'est opérée la structuration des ministères ordonnés: épiscopat, presbytérat, diaconat, structure non donnée toute faite dans le Nouveau Testament. Ces réalités viennent de l'Eglise des premiers siècles.

Etudier les Pères de l'Eglise, ce n'est donc absolument pas faire de l'archéologie. Il y a bien une actualité des Pères... Pour comprendre le christianisme, il faut un minimum de connaissances historiques, de sens historique (Jacques Liébaert, ibidem)".

Les écrits des Pères attestent ainsi la continuité d'une époque à une autre, sur plusieurs siècles, de la prédication ecclésiastique. Vouloir la minimiser, c'est, quand on se dit "tradi", se tirer une balle dans le pied, contester une des voix vivantes de la tradition.
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