Imprimer le Fil Complet
III. Réforme morale du clergé. - Parallèlement à la lutte contre la simonie, Grégoire VII en avait mené une autre, non moins âpre contre le nicolaïsme. Dans un concile romain tenu en 1074, il déclarait : "Ceux qui ont commis le crime de fornication ne pourront célébrer la messe... Nous décidons aussi que le peuple ne pourra assister à leurs offices, afin que ceux que ne peuvent corriger ni l'amour de Dieu ni la dignité de leurs fonctions soient humiliés par le respect humain et le blâme du peuple." Pour faire exécuter ces ordres, Grégoire VII envoie partout des légats. Les uns se trouvent investis d'une mission temporaire : ce sont le plus souvent des cardinaux comme Pierre d'Albano et Eudes d'Ostie, ou encore d'intrépides clunisiens, tel saint Hugues ; les autres ont une légation permanente pour tout un royaume, et qui vient se greffer sur leur épiscopat : c'est le cas d'Altmann de Passau en Allemagne, d'Amat d'Oloron ou d'Hugues de Die en France. On voit ces légats tenir des conciles au nom du Pape, suspendre, déposer ou déférer à Rome les évêques qui n'appliquent pas les décrets pontificaux. Ils opèrent avec une rapidité et une vigueur extraordinaire. Les résistances ne sont pas moins énergiques : le légat Altmann de Passau est menacé d'être lapidé par des clercs, un synode de Paris proteste avec véhémence ; les clercs de Cambrai répondent par un refus aux exhortations des légats, etc.