Guérison de l'hydropique et renoncement (Dimanche)
Le Forum Catholique
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Alexandre - 2013-09-07 21:59:20
Guérison de l'hydropique et renoncement (Dimanche)
Guérison d’un hydropique, mosaïque (Monreale, Italie)
Dimanche 8 Septembre 2013
<b>I. BRÉVIAIRE ROMAIN (1568-1960)</b>
SEIZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
(DEUXIÈME DIMANCHE DE SEPTEMBRE)
<b><i>Premier Nocturne</i></b>
Job sur son tas de fumier
Du livre de Job (ch. 9)
<i>Leçon i</i>
(vv. 1-5) Job prit la parole et dit: «En vérité, je sais bien qu’il en est ainsi: l’homme pourrait-il avoir raison contre Dieu? Quiconque s’avise de discuter avec lui, ne trouve pas à répondre une fois sur mille. Son cœur est sage et sa force est grande; qui donc lui tiendrait tête impunément? Il déplace les montagnes et elles ignorent celui qui les renverse dans sa colère.
<i>Leçon ii</i>
(vv. 6-10) Il déplace la terre et fait vaciller ses colonnes. Quand il commande le soleil ne se lève pas, il met les scellés sur les étoiles. Lui seul a déployé les cieux et foulé les hauteurs de la mer. Il a fait l’Ourse et Orion, les Pléiades et les constellations du Sud. Il est l’auteur d’œuvres grandioses et insondables, de merveilles qu’on ne peut compter.
<i>Leçon iii</i>
(vv. 11-17) S’il passe sur moi, je ne le vois pas et il glisse imperceptible. S’il ravit une proie, qui l’en empêchera et qui osera lui dire: «Que fais-tu?» Dieu ne revient pas de sa colère; sous lui restent prostrés les satellites de Rahab. Et moi, je voudrais plaider ma cause, je choisirais mes arguments contre lui? Même si j’avais raison, à quoi bon me défendre? Car c’est lui mon juge, qu’il faudrait supplier. Et si, sur mon appel, il daignait comparaître, suis-je sûr qu’il écouterait ma voix? Lui, qui m’écrase pour un cheveu, qui multiplie sans raison mes blessures!»
Second Nocturne
Du livre des Morales sur Job du pape saint Grégoire
(9, 2-3; texte latin: PL 75, 859-860)
<i>Leçon iv</i>
«En vérité je sais bien qu’il en est ainsi: l’homme pourrait-il avoir raison contre Dieu?» En effet, l’homme soumis à Dieu a raison, et celui qui se dresse contre lui a tort. Car quiconque se fait l’égal de l’auteur de tous biens perd le bien qu’il avait reçu. Assurément, celui qui s’arroge les biens reçus lutte contre Dieu avec ses propres dons. Il est juste que l’orgueilleux soit arraché à cela même qui relève l’humble. Mais le saint homme comprend que si le juge intérieur scrute la valeur de notre vertu elle sera réputée vice. Ainsi il ajoute avec à-propos: «Quiconque s’avise de discuter avec lui ne trouve pas à répondre une fois sur mille.»
<i>Leçon v</i>
Dans la sainte Écriture, habituellement, le nombre mille signifie le tout. Ainsi le psalmiste dit: «Alliance pour mille générations» (Ps 104, 8), bien qu’il soit évident que l’évangéliste ne compte pas plus de 77 générations depuis l’origine du monde jusqu’à l’avènement du Rédempteur. Que signifie donc le nombre mille, sinon l’ensemble achevé de la génération précédente prédestinée à produire une race nouvelle. Jean le dit: «Avec lui, ils régneront mille années» (Ap 20, 4). Ce qui veut dire que le règne de la Sainte Église s’établit en achèvement total.
<i>Leçon vi</i>
Or dix fois un égale dix; et dix fois dix, cent, et dix fois cent, mille. Ainsi à partir d’un nous arrivons à mille. Que représente un en ce passage, sinon un commencement de bonne vie, et mille, sinon la perfection de cette bonne vie. Mais contester avec Dieu c’est s’arroger toute la gloire des vertus au lieu de la lui rapporter. Celui qui a déjà reçu les dons les plus sublimes, s’il vient à s’enorgueillir perd tout ce qu’il avait reçu. Que le saint homme y réfléchisse.
<b>Troisième Nocturne</b>
Jésus guérit un hydropique (Reichenau [Allemagne], fresque du IX° s.)
Lecture du saint Évangile selon saint Luc
(14, 1-11; version du Lectionnaire de 1964-65)
<i>Leçon vii</i>
En ce temps-là,
Jésus était allé prendre son repas, un jour de sabbat,
chez l’un des chefs des pharisiens,
et ceux-ci l’observaient.
Or, voici qu’il y avait devant lui un hydropique.
Jésus, prenant la parole,
dit aux docteurs de la Loi et aux pharisiens:
«Est-il permis de guérir le jour du sabbat?»
Mais ils gardèrent le silence.
Jésus, prenant le malade, le guérit et le renvoya.
Et il leur dit:
«Lequel de vous, si son âne ou son bœuf
tombe dans un puits,
ne l’en retire aussitôt, un jour du sabbat?»
Et ils ne pouvaient rien répondre à cela.
Il disait encore une parabole aux invités,
en remarquant comme ils choisissaient les premières places;
il leur disait:
«Lorsqu’on t’invite à des noces,
ne te mets pas à la première place;
de peur qu’on n’ait invité
quelqu’un de plus digne que toi,
et que celui qui vous a invités, toi et lui,
ne vienne te dire: “Cède-lui la place”.
Alors tu irais, à ta honte, occuper la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité,
va te mettre à la dernière place;
et ainsi, lorsque viendra celui qui t’a invité,
il te dira: “Mon ami, monte plus haut”.
Alors ce sera pour toi un honneur
devant tous les autres convives.
Car quiconque s’élève sera abaissé,
et qui s’abaisse sera élevé.»
Homélie de saint Ambroise, évêque
(Traité sur l’évangile de saint Luc, 7, 195-198.
Texte latin et autre traduction française: SC 52, 83-84)
Voici d’abord la guérison d’un hydropique, en qui le poids de la chair accablait l’âme et éteignait l’ardeur de l’esprit. Puis vient une leçon d’humilité, quand le Seigneur condamne ceux qui, dans le banquet nuptial, choisissent les premières places: il le fait néanmoins avec douceur, voulant qu’une bonté persuasive tempère la sévérité de la réprimande, que la raison serve à la persuasion, et que la correction réprime la convoitise. Cette leçon d’humilité est accompagnée d’une leçon de miséricorde, et les paroles du Seigneur nous prouvent que la miséricorde doit se pratiquer envers les pauvres et les faibles; car être hospitalier pour ceux qui en récompenseront, c’est plutôt de l’avarice que de la charité.
<i>Leçon viii</i>
Enfin, à l’un des convives, comme à un vétéran qui a fourni ses années de service, Jésus-Christ donne pour récompense le précepte du mépris des richesses; puisque le royaume des cieux ne peut être acquis, ni par celui qui, tout aux choses d’ici-bas, s’est acheté des possessions terrestres, le Seigneur ayant dit: «Vends ce que tu as et suis-moi» (<i>Mt</i> 19, 21); ni par celui qui s’est acheté des bœufs, Élisée ayant égorgé et distribué ceux qu’il avait (cf. 1 <i>R</i> 19, 21); ni enfin par ceux qui, ayant pris femme, pensent aux choses de ce monde, et non à celles de Dieu. Certes, l’état conjugal n’est point blâmé; seulement la virginité est appelée à un plus grand honneur. «Car la femme non mariée et la veuve pensent aux choses qui sont du Seigneur, afin d’être saintes de corps et d’esprit» (<i>1 Co</i> 7, 34).
<i>Leçon ix</i>
Mais, pour rentrer maintenant en grâce avec les gens mariés, comme plus haut nous nous sommes concilié les personnes veuves, disons que nous ne nous refusons point à l’opinion de plusieurs interprètes, estimant que les trois genres d’hommes exclus de la participation au grand festin sont : les païens, les Juifs et les hérétiques. L’Apôtre nous dit de fuir l’avarice, de crainte qu’embarrassés, comme les Gentils, dans l’iniquité, la malice, l’impudicité et l’avarice, nous ne puissions arriver au royaume du Christ. «Car aucun impudique, ou avare, ce qui est une idolâtrie, n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu» (<i>Ep</i> 5, 5).
<b>II. BRÉVIAIRE ROMAIN (1961-1969)</b>
SEIZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
(DEUXIÈME DIMANCHE DE SEPTEMBRE)
<i>Au Nocturne</i>
Du livre de Job (ch. 9)
<i>Leçon i</i>
(vv. 1-5) Job prit la parole et dit: «En vérité, je sais bien qu’il en est ainsi: l’homme pourrait-il avoir raison contre Dieu? Quiconque s’avise de discuter avec lui, ne trouve pas à répondre une fois sur mille. Son cœur est sage et sa force est grande; qui donc lui tiendrait tête impunément? Il déplace les montagnes et elles ignorent celui qui les renverse dans sa colère.
<i>Leçon ii</i>
(vv. 6-17) Il déplace la terre et fait vaciller ses colonnes. Quand il commande le soleil ne se lève pas, il met les scellés sur les étoiles. Lui seul a déployé les cieux et foulé les hauteurs de la mer. Il a fait l’Ourse et Orion, les Pléiades et les constellations du Sud. Il est l’auteur d’œuvres grandioses et insondables, de merveilles qu’on ne peut compter. S’il passe sur moi, je ne le vois pas et il glisse imperceptible. S’il ravit une proie, qui l’en empêchera et qui osera lui dire: «Que fais-tu?» Dieu ne revient pas de sa colère; sous lui restent prostrés les satellites de Rahab. Et moi, je voudrais plaider ma cause, je choisirais mes arguments contre lui? Même si j’avais raison, à quoi bon me défendre? Car c’est lui mon juge, qu’il faudrait supplier. Et si, sur mon appel, il daignait comparaître, suis-je sûr qu’il écouterait ma voix? Lui, qui m’écrase pour un cheveu, qui multiplie sans raison mes blessures!»
Lecture du saint Évangile selon saint Luc
(14, 1-11; version du Lectionnaire de 1964-65)
<i>Leçon iii</i>
En ce temps-là,
Jésus était allé prendre son repas, un jour de sabbat,
chez l’un des chefs des pharisiens,
et ceux-ci l’observaient.
Or, voici qu’il y avait devant lui un hydropique.
Jésus, prenant la parole,
dit aux docteurs de la Loi et aux pharisiens:
«Est-il permis de guérir le jour du sabbat?»
Mais ils gardèrent le silence.
Jésus, prenant le malade, le guérit et le renvoya.
Et il leur dit:
«Lequel de vous, si son âne ou son bœuf
tombe dans un puits,
ne l’en retire aussitôt, un jour du sabbat?»
Et ils ne pouvaient rien répondre à cela.
Il disait encore une parabole aux invités,
en remarquant comme ils choisissaient les premières places;
il leur disait:
«Lorsqu’on t’invite à des noces,
ne te mets pas à la première place;
de peur qu’on n’ait invité
quelqu’un de plus digne que toi,
et que celui qui vous a invités, toi et lui,
ne vienne te dire: “Cède-lui la place”.
Alors tu irais, à ta honte, occuper la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité,
va te mettre à la dernière place;
et ainsi, lorsque viendra celui qui t’a invité,
il te dira: “Mon ami, monte plus haut”.
Alors ce sera pour toi un honneur
devant tous les autres convives.
Car quiconque s’élève sera abaissé,
et qui s’abaisse sera élevé.»
Homélie de saint Ambroise, évêque
(Traité sur l’évangile de saint Luc, 7, 195-198.
Texte latin et autre traduction française: SC 52, 83-84)
Voici d’abord la guérison d’un hydropique, en qui le poids de la chair accablait l’âme et éteignait l’ardeur de l’esprit. Puis vient une leçon d’humilité, quand le Seigneur condamne ceux qui, dans le banquet nuptial, choisissent les premières places: il le fait néanmoins avec douceur, voulant qu’une bonté persuasive tempère la sévérité de la réprimande, que la raison serve à la persuasion, et que la correction réprime la convoitise. Cette leçon d’humilité est accompagnée d’une leçon de miséricorde, et les paroles du Seigneur nous prouvent que la miséricorde doit se pratiquer envers les pauvres et les faibles; car être hospitalier pour ceux qui en récompenseront, c’est plutôt de l’avarice que de la charité.
<b>III. COMMENTAIRE PATRISTIQUE DE L’ÉVANGILE DU MISSEL DE 1970-2002</b>
VINGT-TROISIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
(Cycle des lectures C)
La <i>Liturgia Horarum</i>, c’est-à-dire le nouveau bréviaire romain, ne donne pas de commentaire de l’évangile de chaque dimanche, contrairement à la tradition. Le passage d’aujourd’hui (<i>Lc</i> 14, 25-33) se trouve, dans le Missel de 1570-1962, au Commun d’un Martyr Pontife (messe <i>Statuit</i>) et pour la fête de Saint Basile (14 juin). On a reproduit ci-après le commentaire que donne le <i>Bréviaire Romain</i> en usage jusqu’en 1969 pour cette dernière fête.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
(14, 25-33 ; trad. officielle)
De grandes foules faisaient route avec Jésus ;
il se retourna et leur dit :
« Si quelqu’un vient à moi
sans me préférer à son père, sa mère,
sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs,
et même à sa propre vie,
il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix
pour marcher derrière moi
ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d’entre vous qui veut bâtir une tour,
et qui ne commence pas par s’asseoir
pour calculer la dépense
et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Car, s’il pose les fondations et ne peut pas achever,
tous ceux qui le verront se moqueront de lui :
‘Voilà un homme qui commence à bâtir
et qui ne peut pas achever !’
Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi,
et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut,
avec dix mille hommes,
affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille ?
S’il ne le peut pas, il envoie,
pendant que l’autre est encore loin,
une délégation pour demander la paix.
De même, celui d’entre vous
qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient
ne peut pas être mon disciple. »
Homélie de saint Basile, évêque
(Extraite des <i>Grandes Règles</i>, 8° question ;
texte grec et trad. latine : PG 31, 933-939)
Le parfait renoncement consiste à en venir à ne pas être porté à aimer la vie pour elle-même, et à comprendre la leçon de la mort qui nous avertit de ne pas nous fier en nos propres forces. Ce renoncement commence par le dépouillement des choses extérieures, comme des biens, de la vaine gloire, des habitudes de la vie, de l’amour des choses inutiles. Ils nous l’ont montré, à l’imitation de notre Seigneur, ses saints disciples Jacques et Jean, par exemple, quand ils ont laissé leur père Zébédée et jusqu’à leur barque, dont dépendait leur subsistance. Matthieu l’a pratiqué aussi, lorsqu’il se leva de son bureau et suivit le divin Maître.
Mais qu’est-il besoin de nos raisons ou des exemples des saints pour appuyer nos paroles, puisque nous pouvons produire les propres enseignements du Seigneur, enseignements bien capables d’émouvoir une âme religieuse et craignant Dieu ? Voici ce que le Seigneur déclare nettement et sans laisser place au doute : « Ainsi donc quiconque d’entre vous ne renonce point à tout ce qu’il possède, ne peut être mon disciple. » Et ailleurs, après avoir dit : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres ; » il ajoute : « Viens, suis-moi. »
Le renoncement est donc, comme nous l’avons enseigné, le dégagement des liens qui nous attachent à cette vie terrestre et temporelle ; c’est la délivrance des affaires humaines, délivrance dont l’effet est de nous rendre dociles et prompts à suivre le chemin qui conduit à Dieu : c’est le moyen qui nous facilite l’acquisition et l’usage des biens mille fois préférables à l’or et aux pierres précieuses. C’est ce qui porte le cœur humain si haut, qu’il peut habiter dans le ciel et dire : « Notre vie est dans les deux. » C’est enfin, et surtout, ce par quoi nous commençons à ressembler à Jésus-Christ « qui pour nous s’est fait pauvre, de riche qu’il était. »
<b>Oraison</b>
(Cf. Sacramentaire Gélasien, n. 522)
Deus,
per quem nobis et redémptio venit
et præstátur adóptio,
fílios dilectiónis tuæ benígnus inténde,
ut in Christo credéntibus
et vera tribuátur libértas,
et heréditas ætérna.
Traduction personnelle
<i>O Dieu,
par qui nous est venue la rédemption
et offerte l’adoption,
penchez-vous avec bienveillance
sur les fils de votre dilection
afin qu’à ceux qui croient au Christ
soient accordés la vraie liberté
et l’héritage éternel.</i>
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