L'erreur et l'aplomb stupéfiants... d'un aigle

Le Forum Catholique

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N.M. -  2013-09-07 15:25:07

L'erreur et l'aplomb stupéfiants... d'un aigle

Si vous saviez lire et répondre avec un peu moins de passion et un peu plus d'intelligence, vous vous seriez rendu compte que mon intervention se limitait à ceci : oui ou non les guerres de la Révolution et de l'Empire étaient-elles des guerres idéologiques ?

Je maintiens qu'il est indiscutable qu'elles le furent. Et je reconnais également - je l'ai écrit en toutes lettres - qu'"elles ont aussi revêtu par moment des enjeux purement "nationaux" (au sens d'intérêt national)."

Mais étant donné que manifestement vous intervenez dans ce domaine (et dans quelques autres) uniquement pour prendre l'intégriste à rebrousse-poil, susciter des réactions passionnelles, et en retour vous offrir le luxe de paraître original et intelligent, vous répondez non pas à ce que j'exprime réellement, mais à ce que - dans votre esprit - l'intégriste lambda est censé devoir vous répondre (pour vous mettre en valeur).

Donc ne vous en déplaise, mon propos n'était pas de distribuer les bons et les mauvais points, ou de chausser les lunettes d'un Peillon d'extrême droite. Je suis bien conscient que les guerres révolutionnaires et napoléoniennes étaient aussi des guerres étrangères, et je ne me berce pas particulièrement d'illusions sur le "désintéressement" d'un Brunswick, d'un Blücher ou d'un Pitt le Jeune.

Au passage, si vous connaissiez un tout petit peu la Constitution de 1791, vous sauriez qu'il est pour le moins rapide sinon complètement faux d'écrire comme vous le faites (histoire encore une fois de jouer au malin) : "Pour revenir à 1792, la guerre a été déclarée .... par le Roi !".

Vous auriez pu, par exemple, savoir, lire ou savoir lire ceci :


"Article 2. - La guerre ne peut être décidée que par un décret du Corps législatif, rendu sur la proposition formelle et nécessaire du roi, et sanctionnée par lui. - Dans le cas d'hostilités imminentes ou commencées, d'un allié à soutenir, ou d'un droit à conserver par la force des armes, le roi en donnera, sans aucun délai, la notification au Corps législatif, et en fera connaître les motifs. - Si le Corps législatif est en vacances, le roi le convoquera aussitôt. - Si le Corps législatif décide que la guerre ne doit pas être faite, le roi prendra sur-le-champ des mesures pour faire cesser ou prévenir toutes hostilités, les ministres demeurant responsables des délais. - Si le Corps législatif trouve que les hostilités commencées soient une agression coupable de la part des ministres ou de quelque autre agent du Pouvoir exécutif, l'auteur de l'agression sera poursuivi criminellement. - Pendant tout le cours de la guerre, le Corps législatif peut requérir le roi de négocier la paix ; et le roi est tenu de déférer à cette réquisition. - A l'instant où la guerre cessera, le Corps législatif fixera le délai dans lequel les troupes élevées au-dessus du pied de paix seront congédiées, et l'armée réduite à son état ordinaire."

Constitution du 3 septembre 1791, Titre III, Chapitre III, Section Première, Article 2.



Voir ici.

Le rôle tenu par Louis XVI dans cette affaire est partiellement connu. Sur la forme, il est strictement conforme à ses attributions constitutionnelles. Mais par ailleurs on s'est interrogé et l'on s'interroge encore sur les motivations réelles du roi.

Mais le rôle tenu par Brissot et les brissotins et encore mieux connu, puisque ces derniers (qui emporteront le vote de l'Assemblée en faveur de la déclaration de guerre) ont explicitement signifié, dès janvier 1792 à la tribune de l'Assemblée, ce pourquoi et au nom de quoi (à leurs yeux) la France devait déclarer la guerre : c'est-à-dire au nom de la Révolution.


"Aux armes donc, aux armes ; c’est le salut de la patrie et l’honneur qui le commandent ; aux armes donc, aux armes ; ou bien, victimes d’une indolente sécurité, d’une confiance déplorable, vous retomberez insensiblement et par lassitude sous le joug de vos tyrans ; vous périrez sans gloire, vous ensevelirez avec votre liberté l’espoir de la liberté du monde ; et, devenus par là coupables envers le genre humain, vous n’aurez même pas la consolation d’obtenir sa pitié dans vos malheurs."

Pierre-Victurnien Vergniaud, à la tribune de l'Assemblée, le 17 janvier 1792.



Quand, au lieu de vous borner à faire des effets de manche (mais n'est pas Vergniaud qui veut), vous condescendrez à vous intéressez aux faits, appelez-moi.
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