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Oublions un instant les enjeux de pouvoir. Ceux qui, comme Beffa et Ducros, stigmatisent un dogmatisme du «style contemporain» unique doivent aller bien peu au concert: il n'y a jamais eu autant de diversité de styles! Mantovani n'a rien de commun avec Lachenmann qui ne sonne pas comme Lévinas, Benjamin n'a rien à voir avec Kurtag. Sclérosée, la musique contemporaine? Elle n'a jamais été aussi foisonnante! Il y a de la place aujourd'hui pour toutes les esthétiques, y compris celles qui rassurent un public plus épris de repères familiers que d'aventure. On a le droit de faire comme si Boulez, Berio, Stockhausen, Xenakis ou Ligeti n'avaient pas existé. On a aussi le droit de considérer cette attitude comme un recul, révélateur d'une époque bien frileuse.