Il en parlait déjà début juillet

Le Forum Catholique

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LouisL -  2013-07-19 10:07:05

Il en parlait déjà début juillet


Double tempête sur l'IOR

Démission de ses deux plus hauts dirigeants opérationnels. Mais aussi révélations concernant son nouveau "prélat" dont le pape, qui a été informé, pourrait révoquer la nomination

par Sandro Magister

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Pour ce qui est du scandale qui menace d’éclater à propos du nouveau "prélat" de l’IOR, il faut tout de suite préciser que le premier à se sentir blessé, dès à présent, est le pape François.

Jorge Mario Bergoglio a nommé, le 15 juin dernier, Mgr Battista Ricca, 57 ans, "prélat" de l’IOR justement pour disposer au sein de l’Institut d’une personne de confiance à un poste clé. Ayant statutairement la possibilité d’avoir connaissance des actes et documents et de participer aux réunions de la commission cardinalice de contrôle ainsi qu’à celles du conseil de surveillance, c’est-à-dire du conseil d’administration de la "banque" vaticane.

Ricca a exercé des fonctions diplomatiques à la secrétairerie d’état. Mais il a surtout gagné la confiance du pape grâce aux rapports de familiarité qu’il a établis avec lui en tant que directeur de la Domus Sanctæ Marthæ – où le pape François a décidé de résider – et de deux autres résidences pour prêtres et évêques de passage à Rome, dont celle qui se trouve via della Scrofa et où Bergoglio résidait quand il était cardinal.

Les médias du monde entier, lorsqu’ils ont annoncé sa nomination comme "prélat" de l’IOR, ont unanimement considéré qu’elle émanait du pape et ils ont attribué au personnage une réputation d’"incorruptible", tout à fait capable de "faire le ménage".

Mais, au cours de sa carrière diplomatique, lorsqu’il était en poste à l’étranger, Ricca a laissé derrière lui des traces qui disent le contraire.

Après avoir travaillé pendant une décennie au Congo, en Algérie, en Colombie et en Suisse, il devient, à la fin de 1999, le collaborateur du Polonais Janusz Bolonek, alors nonce en Uruguay et aujourd’hui représentant pontifical en Bulgarie. Mais il ne restera à ses côtés qu’un peu plus d’un an. En 2001, Ricca est transféré à la nonciature de Trinidad et Tobago, avant d’être rappelé au Vatican.

Le trou noir, dans l’histoire personnelle de Ricca, c’est cette année qu’il a passée en Uruguay, à Montevideo, sur la rive Nord du Rio de la Plata, en face de Buenos Aires.

Ce qui a amené sa rupture avec le nonce Bolonek et son brusque transfert peut être résumé en deux expressions utilisées par ceux qui, en Uruguay, ont enquêté de manière confidentielle sur son cas : "pink power" et "conducta escandalosa".

Le pape François ignorait tout de ces précédents lorsqu’il a nommé Ricca prélat de l’IOR.

Mais, dans la seconde moitié du mois de juin, lorsqu’il a rencontré personnellement tous les nonces, qui étaient rassemblés à Rome – y compris lors du concert donné le 22 juin en son honneur et qu’il n’a pas honoré de sa présence –, il en est arrivé à la conviction qu’il avait accordé sa confiance à quelqu’un qui n’en était pas digne et cela grâce non pas à une mais à plusieurs sources indiscutables.

Tristesse, reconnaissance envers ceux qui lui ouvraient les yeux, volonté de réparer : tels sont les sentiments exprimés de vive voix par le pape lors de ces entretiens.

Ricca, ayant appris ce qui se murmurait à son sujet en Uruguay, a demandé et obtenu un entretien avec le pape François, pour se défendre et accuser.

Mais le pape paraît décidé à agir sur la base des informations qu’il a obtenues. Peut-être plus tôt que prévu parce que, en Uruguay, le scandale paraît sur le point d’éclater publiquement.

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