A mon avis, les deux !

Le Forum Catholique

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Paterculus -  2013-07-06 22:29:03

A mon avis, les deux !

J'étais très jeune sous Jean XXIII, mais ce que je crois qu'on peut lui reprocher d'avoir laissé les évêques maîtres du concile, quand ils ont rejeté les travaux préparatoires : car ils avaient été associés de diverses manière à l'élaboration de ces documents, et s'ils avaient des propositions à faire, ils devaient les faire pendant la préparation.
Le résultat est que beaucoup de textes ont un caractère improvisé, avec des phrases contestables, mais surtout cela a permis aux progressistes d'imposer l'herméneutique de la rupture ("Vatican II, c'est 1789 dans l'Eglise").

Je redis ici, puisque vous me le demandez, ce que j'ai déjà écrit plusieurs fois sur ce forum, à propos du gouvernement par Jean-Paul II.
D'abord le cas particulier : le fait qu'il a insisté pour qu'on porte l'habit ecclésiastique, qu'il l'a fait rappeler dans le code de droit canon, et qu'ensuite il nous a donné des évêques choisis parmi ceux qui ne portaient pas cet habit. Il a ainsi confirmé ces évêques dans l'idée que le droit canon est facultatif, ce qui a conduit à beaucoup d'abus ; et si ces évêques n'observaient pas cette règle, c'est qu'ils étaient opposés à la conception du sacerdoce qui la sous-tend : d'où la mise à l'écart des prêtres obéissants, avec un soupçon a priori sur leur aptitude pastorale et leur doctrine. J'en fais l'expérience tous les jours : quand on a introduit le soupçon sur un prêtre, cela ne le quitte jamais vraiment.
Plus généralement, Jean-Paul II a cru bon de faire confiance aux évêques, même quand, comme l'épiscopat français, il avait donné des preuves de sa mauvaise qualité (contradiction d'Humanae Vitae par la CEF, refus que les catholiques manifestent contre la loi sur l'avortement, pastorale de la terre brûlée en liturgie et catéchèse, etc.)
Il pensait que la persuasion suffirait. Quand il est venu en France en 1980, les évêques sont allés à sa rencontre avec quelque inquiétude ; ils sont sortis parfaitement rassérénés : "Le Pape, disaient-ils, nous a donné une leçon de collégialité" - autrement dit il n'a pas fait preuve d'autorité, et les abus ont continué, on en a même ajouté d'autres avec la généralisation des bénédictions de divorcés qui se remarient.
C'est sur la fin de son pontificat, me semble-t-il, qu'il a commencé à se rendre compte de la réalité de la situation, et qu'il a pris des mesures plus adaptées. Mais entre-temps quel gâchis !
Il avait tous les pouvoirs de juridiction sur l'ensemble et chacun des fidèles. Il n'en a pas usé, alors que la situation l'exigeait absolument.

Voilà, mon cher Quaerere Deum, mes réflexions...

VdP
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