Homélie sur la femme pécheresse de Saint Ephrem

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ami de la Miséricorde -  2013-06-18 10:05:42

Homélie sur la femme pécheresse de Saint Ephrem

Homélie sur la femme pécheresse de Saint Ephrem

1. Et moi aussi, malgré mon indignité, je suis admis par un don de la grâce à unir ma voix à celle de ces hommes saints et pieux, qui, pleins d'une foi vive ont chanté de concert les louanges et la Pureté du Seigneur. Et, en effet, la grâce ne rejette aucun de ceux qui désirent être sauvés. Une source dont les eaux pures et toujours nouvelles jaillissent sans cesse et se répandent par mille issues, ne refuse jamais ses flots à qui les désire; elle les offre abondamment, afin qu'on s'y désaltère. Ainsi, la Grâce divine est ouverte à ceux qui veulent en jouir, chacun peut y puiser selon sa soif. Quand le Sauveur appelait à Lui tous les hommes par la voix des divins Évangiles, lorsqu'Il disait : "Que celui qui a soif vienne à Moi, et Je le désaltérerai" (Jn) Il n'établissait aucune distinction entre le pauvre et le riche, entre le pécheur et le juste. Bien que j'en sois indigne, j'ai participé de même à sa Grâce, et si j'ose célébrer ses louanges avec tant de liberté, si j'ose mêler quelques larmes à mes chants, c'est afin de recevoir ainsi la rémission de mes fautes, à l'exemple de cette pécheresse (Lc 7), qui dans la ferveur de son âme entra courageusement dans cette maison d'espérance et de joie, où s'est arrêté Celui qui remet les péchés.

2. A cet examen, mon âme s'exalte, et je deviens plus pressant, plus hardi dans mes voeux. Je considère l'ardeur de cette foi, cette témérité pleine de confiance et de respect. Oh ! venez donc, disciples de Jésus Christ, ses bien-aimés, ses élus, venez puiser de la joie dans ce récit qui recommande à votre admiration cette sainte femme, dont la voix vous invite et vous convie à toute heure à ce banquet divin.

Oui, c'est un spectacle vraiment digne de Dieu que celui qui vous montre une femme : devenue tout à la fois convive, et des hommes et des anges. Mais comment est-elle entrée au milieu d'eux, elle qui n'avait point été appelée ? Pourquoi s'est-elle approchée du Sauveur pour Lui dévoiler les secrets de son âme, pour les Lui exposer sans prononcer une parole ? Voyez la grandeur de sa foi, la profondeur de ses regrets, et comme elle se réfugie elle-même dans sa propre indignité ! Pleine de résolution et de courage, elle ne redoute ni les insultes des valets, ni les reproches des assistants : elle n'a qu'une pensée, elle se dit à elle-même : "Si je ne rends mon front aussi dur que le fer, aussi dur que l'airain, je ne pourrai jamais sortir de cet océan de luxure où je demeure plongée. Eh bien, méprisons des insultes et des railleries d'un instant ! Qu'importent les outrages ? Montrons quelques moments encore une hardiesse qui, cette fois, a un principe honorable. C'est le courage d'un moment qu'il me faut, et ce moment ne m'est-il pas plus précieux que ces heures coupables où j'étalais aux yeux des hommes mon impudeur et mon effronterie ? Alors, du carrefour où je tendais mes filets, ma voix appelait la jeunesse à des plaisirs criminels; parée de vêtements somptueux, je courais au-devant de ceux qui passaient; je peignais mes cheveux avec un art, un fard imposteur colorait mon visage; j'attirais ainsi dans le piège tout jeune homme imprudent en qui je voyais briller le charme de la beauté et l'éclat de la richesse. Oui, j'étais alors le réseau empesté où le démon jette les âmes qu'attend le jugement éternel. Maintenant mes efforts ont un autre but; je dois courir, je dois voler dans la voie du bien, et racheter mes crimes passés par mes bonnes oeuvres. En sortant d'ici, j'irai tomber aux pieds du Médecin qui accueille tout le monde et ne fait acception de personne. Je Lui avouerai tous les artifices dont j'ai usé pour séduire la jeunesse; je dénouerai mes cheveux dont les longues tresses ont enlacé tant d'hommes voluptueux et corrompus, et je m'en envelopperai comme d'un voile; mes paupières et mes yeux, si souvent exercés à des provocations honteuses, deviendront des sources de larmes; et je m'attacherai désormais à suivre les pas du divin Médecin aux pieds duquel j'humilierai ma vie passée."

Source : membres.multimania.fr/orthodoxievco

SAINT EPHREM LE SYRIEN

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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