On vous aura mal renseigné, mais ce n'est pas irrémédiable.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2013-05-09 08:48:25
On vous aura mal renseigné, mais ce n'est pas irrémédiable.
Bonjour et bonne fête de l'Ascension à ooo,
On vous aura mal renseigné, notamment sur l'oecuménisme et la liberté religieuse, mais ce n'est pas irrémédiable : faites comme nous tous, ou, en tout cas, agissez comme nous avons tous vocation à le faire : entre autres choses à faire, prenez et lisez les documents du Concile, même si, entendons-nous bien, la vie chrétienne ne se limite pas à la lecture, notamment, du Concile,...ni à l'écriture sur le FC.
1. Il me semble que, au sens strict du terme,
a) - l'oecuménisme est consacré au dialogue et à l'unité entre les seuls chrétiens ; c'est par une distorsion du langage que l'on recourt à l'expression "oecuménisme interreligieux" pour parler du dialogue, voire de l'unité (sur quelles bases et dans quel cadre ?) entre les croyants des différentes religions, et il faudra que les personnes qui adhèrent à cet "oecuménisme" là me disent comment elles peuvent concilier
- la prise en compte, dans la pratique, des différences entres les religions,
avec
- la mise en oeuvre d'un principe qui ressemble fort à un principe d'indifférenciation entre les religions.
b) - si l'oecuménisme conciliaire, au sens de duovatican, était avant tout destiné, d'une manière explicite et spécifique, à l'exhortation à la conversion des chrétiens non catholiques, pour qu'ils rejoignent l'Eglise catholique, il conviendrait de le leur dire plus fréquemment, pour que certains tombent de très haut, y compris au sein même de l'Eglise catholique ; en d'autres termes, je ne dis pas que c'est faux, mais je ne suis pas absolument persuadé que Unitatis Redintegratio soit complètement étranger, totalement innocent, du fait que c'est rarement comme cela que l'oecuménisme est présenté aux uns et aux autres, depuis la mise en forme puis en oeuvre du Concile.
2. On peut dire beaucoup de choses de la liberté religieuse, mais de là à dire qu'elle est "facile à expliquer", il y a un pas que je ne franchirai pas ; peut-être que si l'on parlait un peu plus souvent d'"exemption de contrainte étatique en matière religieuse", on clarifierait ou dépassionnerait un peu le débat, mais ce serait jugé, sinon inexact, du moins incomplet, par les thuriféraires comme par les contempteurs de la liberté religieuse, les uns lui trouvant toutes les vertus, les autres lui trouvant tous les vices.
3. je suppose que vous faites allusion, pour ainsi dire, à la difficile, mais nécessaire, articulation,
a) entre la liberté de la conscience humaine,
b) et la vocation, qui est celle de toute personne humaine,
- à chercher la vérité, pour la trouver, et non pour se perdre, dans cette recherche,
- à adhérer à la vérité de la Parole de Dieu, avant tout là où elle est vraiment, et non seulement là où on croit pouvoir la trouver.
4. Certes, nul ne doit agir contre sa conscience, mais encore faut-il que sa conscience soit éclairée, et non égarée ; or,
- d'une part, la conscience humaine n'est ni inerrante, ni infaillible,
et
- d'autre part, nous vivons en des temps de confusion entre liberté et licence, voire de soumission de la liberté à la licence, y compris en matière religieuse.
5. Je ne suis pas hérésiologue, et je m'efforce de résister à la tentation de devenir un hérésiologue auto-proclamé ; peut-être devons-nous nous tenir entre deux extrêmes, d'autant plus que nous sommes en présence d'un Concile adogmatique : à mon sens,
- nous ne devons nous livrer, ni à une mystique "pneumatocratique", ni à une critique "diabolisatrice", du Concile Vatican II ;
- une analyse critérisée des mérites et des limites du Concile n'a pas vocation à déboucher sur une appréciation exclusivement positive, ni sur appréciation exclusivement négative, de la totalité des textes qui le constituent.
6. D'aucuns nous disent parfois : "on ne peut pas critiquer le Concile, car l'Esprit Saint était présent au Concile" ; est-ce à dire
- que l'Esprit Saint était différent, ou moins présent, en amont du Concile ?
- que celui-ci a été pensé et vécu, intégralement, en état de grâce, ou a été, du début à la fin, un moment de grâce ?
- que, depuis lors, c'est avant tout ou seulement grâce à cet état et à ce moment de grâce que l'Esprit Saint est présent dans l'Eglise ?
7. Comme d'autres que moi l'ont sûrement déjà écrit,
- d'une part, on passe "un peu" à côté de la connaissance et de la compréhension du déroulement et du dispositif du Concile Vatican, si l'on soumet sa réflexion sur le Concile, sa relation au Concile, à un déterminisme spiritualiste, que ce soit en positif ou en négatif,
- d'autre part, compte tenu de ce qui s'est passé au sein et autour de l'aula conciliaire, notamment et surtout à partir de la troisième session du Concile, je pense qu'il est "parfois" plus prudent ou plus sage de s'interroger sur l'esprit de cohérence et de conséquence de certains hommes d'Eglise, que sur l'inspiration et l'orientation du Concile, en ligne directe, par l'Esprit Saint lui-même.
Je vous souhaite une bonne journée et vous dis à bientôt.
Scrutator.
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