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Dans la deuxième Lettre aux Thessaloniciens Paul change la perspective; il parle des événements négatifs qui devront précéder l'événement final et conclusif. Il ne faut pas se laisser tromper - dit-il - comme si le jour du Seigneur était vraiment imminent, selon un calcul chronologique: "Frères, nous voulons vous demander une chose, au sujet de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui: si on nous attribue une révélation, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n'allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer. Ne laissez personne vous égarer d'aucune manière" (2, 1-3). La suite de ce texte annonce qu'avant l'arrivée du Seigneur il y aura l'apostasie et que devra se révéler "l'homme de l'impiété", le "fils de perdition" (2, 3), qui n'est pas mieux défini et que la tradition appellera par la suite l'antéchrist. Mais l'intention de cette lettre de saint Paul est avant tout pratique; il écrit: "Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cette consigne: si quelqu'un ne veut pas travailler qu'il ne mange pas non plus. Or, nous apprenons que certains parmi vous vivent dans l'oisiveté, affairés sans rien faire. A ceux-la nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel: qu'ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu'ils auront gagné" (3, 10-12). En d'autres termes, l'attente de la parousie de Jésus ne dispense pas de l'engagement dans ce monde, mais au contraire crée une responsabilité devant le Juge divin à propos de nos actions dans ce monde. C'est justement ainsi que grandit notre responsabilité de travailler dans et pour ce monde. Nous verrons la même chose dimanche prochain dans l'évangile des talents, où le Seigneur nous dit qu'il nous a confié des talents à tous et que le Juge en demandera des comptes en disant: Avez-vous porté du fruit? L'attente du retour implique donc une responsabilité pour ce monde.