Monsieur

Le Forum Catholique

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Marco Antonio -  2013-04-09 23:25:54

Monsieur


J'ai encore de la difficulté à comprendre comment l'argument de "l'offense à l'honneur infinie de Dieu" peut permettre une graduation dans les châtiments car il place tous les péchés sur le même pied d'égalité en gravité. Il me semble que c'est le témoignage unanime des mystiques qui ont parlé de l'Enfer que les châtiments varient en intensité selon les dispositions de la Justice divine.



Mon opinion c'est que vous faites confusion. Vous confondez le problème de la graduation dans les châtiments avec celui de l'éternité de ces châtiments. Il est bien vrai que les châtiments varient en intensité par rapport au type de péché, mais TOUS les péchés mortels comportent des châtiments éternels.


Pour ma part, mais c'est peut-être une impression personnelle, je trouve l'argument de la fixation de la volonté humaine dans le mal après la mort pour ceux qui se sont détournés de Dieu en perdant la grâce (péché mortel) plus convainquant pour l'éternité de l'Enfer. C'est un argument qui est aussi avancé par St-Thomas, d'après l'article.



La fixation de la volonté dans le mal n'est pas en contradiction ni avec le fait de l'offense de l'honneur infinie de Dieu, ni avec le fait que c'est Dieu qui juge cette volonté en la condamnant.
J'ajoute que la volonté fixé dans les mal est maintenue dans l'être par Dieu et que chaque fois que nous récitons l'Acte de Foi nous disons:

"Mon Dieu, ]e crois fermement tout ce que vous, infaillible Vérité, avez révélé et que l'Eglise nous propose à croire, je crois expressément en vous, unique vrai Dieu en trois personnes égales et distinctes, Père, Fils et Saint-Esprit. Je crois de même au Fils incarné et mort pour nous, Jésus-Christ, qui donnera à chacun, selon ses mérites, la récompense ou la peine éternelle. Je veux toujours vivre conformément à cette foi. — Seigneur, augmentez ma foi".


Aussi, n'y a-t-il pas une contradiction (apparente?) dans les deux affirmations suivantes attribuées à St-Thomas dans votre réponse précédente:

« La peine du damné est infinie, parce qu'il y a pour lui perte d'un bien infini. (S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, la - IIae, qu. 87, art. 4, c: « Ce qui correspond à l'éloignement de Dieu dans le péché, c'est la peine du dam, laquelle est infinie comme cet éloignement, puisqu'elle est la perte d'un bien infini, c'est-à-dire de Dieu même »

et

Mais, parce que la créature ne peut endurer une peine infinie en intensité, c'est justice, dit le docteur Angélique, que Dieu rende cette peine infinie en durée.



Il n'y a pas de contradiction, Monsieur. Car une chose c'est l'infinitude de l'intensité, autre chose c'est l'infinitude de la durée. Personne soutient l'existence d'une peine infinie dans l'intensité.


Enfin, ma réplique n'est pas en vue de polémiquer mais simplement d'approfondir... Il y a quelques années, j'avais lu le livre "L'enfer, Une question" du théologien Hans Urs von Balthasar. Je dois avouer que la lecture m'en avait fort déçu. Si ma mémoire est bonne, Balthasar optait presque pour une vision universaliste (c'est-à-dire l'enfer est une possibilité virtuelle, mais il est fort probablement vide). Quoi qu'il en soit, c'est un sujet plutôt occulté aujourd'hui. Même le catéchisme de l'Église catholique est assez "pudique" sur le sujet, du moins en terme de brièveté...



Pas d'inténtion polemique même pour moi, Monsieur.

Cordialement
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