peine du dam infinie?

Le Forum Catholique

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Leonid -  2013-04-09 16:20:56

peine du dam infinie?

Merci de fournir ces citations. L'article "The Justice and Goodness of Hell" présente cet argument comme une défense traditionnelle (plus faible) du concept de l'Enfer, tout en élaborant d'autres.

J'ai encore de la difficulté à comprendre comment l'argument de "l'offense à l'honneur infinie de Dieu" peut permettre une graduation dans les châtiments car il place tous les péchés sur le même pied d'égalité en gravité. Il me semble que c'est le témoignage unanime des mystiques qui ont parlé de l'Enfer que les châtiments varient en intensité selon les dispositions de la Justice divine.

Pour ma part, mais c'est peut-être une impression personnelle, je trouve l'argument de la fixation de la volonté humaine dans le mal après la mort pour ceux qui se sont détournés de Dieu en perdant la grâce (péché mortel) plus convainquant pour l'éternité de l'Enfer. C'est un argument qui est aussi avancé par St-Thomas, d'après l'article.

Aquinas offrs a strong defence that he seems to have developed himself. It is that because the damned are eternally sinning, due to their will being obstinately and permanently fixed in sin, they therefore eternally deserve punishment. (extrait de l'article)



Aussi, n'y a-t-il pas une contradiction (apparente?) dans les deux affirmations suivantes attribuées à St-Thomas dans votre réponse précédente:

« La peine du damné est infinie, parce qu'il y a pour lui perte d'un bien infini. (S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, la - IIae, qu. 87, art. 4, c: « Ce qui correspond à l'éloignement de Dieu dans le péché, c'est la peine du dam, laquelle est infinie comme cet éloignement, puisqu'elle est la perte d'un bien infini, c'est-à-dire de Dieu même »

et

Mais, parce que la créature ne peut endurer une peine infinie en intensité, c'est justice, dit le docteur Angélique, que Dieu rende cette peine infinie en durée.



Même dans le cas de la peine du dam, je ne vois pas comment une créature finie pourrait vivre une peine infinie. Je saisis que cette peine a pour objet la perte de Dieu qui est un bien infini, mais du côté de l'âme humaine, peut-elle vraiment ressentir une souffrance infinie?

Ayant consulté une encyclopédie catholique sur le sujet de l'Enfer (New Advent Catholic Encyclopedia), j'y ai trouvé la description suivante:

Characteristics of the pains of hell
(1) The pains of hell differ in degree according to demerit. This holds true not only of the pain of sense, but also of the pain of loss. A more intense hatred of God, a more vivid consciousness of utter abandonment by Divine goodness, a more restless craving to satisfy the natural desire for beatitude with things external to God, a more acute sense of shame and confusion at the folly of having sought happiness in earthly enjoyment — all this implies as its correlation a more complete and more painful separation from God.


L'auteur argumente pour une peine finie, même dans le cas du dam, mais à la hauteur de l'intensité de la haine de Dieu qui provoque une plus vive conscience de l'abandon de la bonté divine, une plus grande angoisse de la séparation de Dieu, etc.

Enfin, ma réplique n'est pas en vue de polémiquer mais simplement d'approfondir... Il y a quelques années, j'avais lu le livre "L'enfer, Une question" du théologien Hans Urs von Balthasar. Je dois avouer que la lecture m'en avait fort déçu. Si ma mémoire est bonne, Balthasar optait presque pour une vision universaliste (c'est-à-dire l'enfer est une possibilité virtuelle, mais il est fort probablement vide). Quoi qu'il en soit, c'est un sujet plutôt occulté aujourd'hui. Même le catéchisme de l'Église catholique est assez "pudique" sur le sujet, du moins en terme de brièveté...
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