Le vendredi saint Sous Pie IX
Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
Adso - 2013-03-25 10:53:10
Le vendredi saint Sous Pie IX
suite du récit:
Le Vendredi Saint
OFFICE DU MATIN A LA CHAPELLE SIXTINE.
Rome, Vendredi, 1 heure.
Je ne sais comment vous exprimer, mon cher ami, mes émotions de la matinée. J'ai assisté à tous les offices de la chapelle Sixtine ; encore une fois, je ne sais que dire...
Et que dire, en effet? Tout parle aux yeux pour les attendrir et au cœur pour le toucher; mais on demeure sans voix et sans parole. — Comment représenter cette chapelle dans une triste obscurité ; ce sanctuaire sans ornement ; la glaciale nudité de l'autel, recouvert d'un linceul blanc; l'image du Sauveur, cachée sous un crêpe funèbre; les tableaux voilés; un large drap violet jeté sur le trône pontifical ; les bancs des évêques sans aucune tenture , le pur bois, comme pour les siéges des cardinaux; les tribunes elles-mêmes, dégarnies de leurs draperies ; les torches de l'autel et tous les flambeaux des balustrades éteints; les cardinaux en, grands manteaux violets ; le Pape lui-même, dépouillé de tous ses insignes, et de l'anneau même du pêcheur; un seul évêque auprès de lui; point de luminaire ; la garde noble, l'épée inclinée en signe de deuil; les huissiers du palais, portant leur masse renversée; l'officiant et ses ministres, en ornements noirs; ni encens devant l'Évangile, ni obédience du sacré collége, ni bénédiction du SaintPère;... encore une fois, comment exprimer toutes ces choses, sinon en disant que tout respire la douleur et le grand moment qui approche?...
Que dire encore de ces leçons des prophéties d'Osée, psalmodiées sur un ton lugubre; de ce chant magnifique et solennel de la Passion avec ses tristes inflexions, ses chutes de phrases en roulades plus tristes encore; de ces oraisons nombreuses, récitées à l'autel par le célébrant pour les besoins du monde entier, et dont la monotonie n'est interrompue que par la voix du diacre, qui avertit, de moment en moment, de fléchir les genoux, pour ajouter l'humiliation à la prière?
Que dire surtout de cette adoration de la croix, le plus grand et le plus attendrissant spectacle qui se puisse peut-être supposer? — La croix, couverte d'un voile noir, comme il a été dit plus haut, était étendue sur l'autel. Le célébrant, sans chasuble, en simple aube, vint se placer à l'extrémité de l'épître et la reçut des mains du diacre; puis, se tournant vers le peuple , il en découvrit le sommet, en disant : Ecce lignum crucis, Voici le bois de la croix; et pendant que deux choristes répondaient : In quo salus, Oui, c'est en la croix qu'est le salut, et tout le chœur: Venite, adoremus, Venons, adorons-la, tous les assistants se prosternèrent. Cependant le célébrant, s'avançant de quelques pas, découvrait le bras droit de la croix, et répétait d'une voix plus haute les mêmes paroles: Ecce lignum crucis; et, après la même réponse des choristes et du chœur, arrivé au milieu de l'autel, et toujours tourné vers le peuple, il découvrait entièrement la croix, et répétait pour la troisième fois et d'une voix plus élevée encore : Ecce lignum crucis... puis, descendant gravement les degrés de l'autel, et se mettant à genoux, il vint déposer la croix sur un coussin placé au bas des marches...
Jusque-là le Pape était demeuré sur son prie-Dieu, le Iront profondément incliné; en ce moment je le vis se relever et s'asseoir: quatre acolytes l'entourèrent; on lui ôta sa chaussure; il quitta aussi la chape et ses autres ornements, ne garda que l'aube, l'étole et la mitre, et descendit de son trône. 11 s'avançait les mains jointes; arrivé à l'extrémité du banc des cardinaux, il déposa la mitre, et il s'agenouilla. Après un moment d'adoration, le Souverain Pontife se releva, fit quelques pas, s'agenouilla de nouveau, adora une seconde fois la croix, se releva encore, et vint enfin se prosterner au pied de l'image du Sauveur, qu'il baisa, profondément ému et les larmes aux yeux. — Faut-il vous ajouter, mon ami, que les assistants sentaient aussi les larmes leur venir aux yeux, en voyant le Saint-Père dans ce dépouillement de toutes ses grandeurs, la tête découverte, les pieds nus, se prosterner par trois fois au pied de la croix? Pour moi, je n'avais jamais encore, je dois vous l'avouer, si bien compris la puissance du Crucifix, et la royauté du divin Crucifié, qu'en cet instant solennel : je voyais ce qu'il y a de plus grand au inonde, celui qui est la plus parfaite expression de la grandeur même de Dieu, s'annihiler devant la croix... Quel mystère! quelle grandeur!
Au moment où le Souverain Pontife descendait de son trône, le chœur commença à demi-voix le chant si tendre et si mélodieux de la composition du célèbre Palestrina, qu'on appelle YImproperium, parce que c'est une espèce de complainte, dans laquelle sont réunis les reproches affectueux et paternels que Dieu faisait autrefois à son peuple, sur l'ingratitude dont il payait ses bienfaits : « 0 mon peuple, que t'ai-je fait... réponds-moi ; est-ce parce que je t'ai retiré de la servitude d'Egypte, que tu as préparé une croix pour Ion Sauveur! » Et ensuite : « 0 mon peuple, que t'ai-je fait? réponds-moi... est-ce parce que je t'ai conduit durant quarante années dans le désert, parce que je t'y ai nourri de la manne du ciel, et que je t'ai fait entrer dans la terre de la promesse, que tu as préparé une croix à ton Sauveur! » Et encore : « 0 mon peuple, qu'ai-je dû faire pour toi que je n'aie point fait? Ingrat, je t'avais cultivé comme une vigne précieuse ; j'attendais de toi un vin généreux, et tu ne m'as abreuvé, dans ma soif, que de vinaigre; ingrat, pour lequel de mes bienfaits as-tu percé le cœur de ton Sauveur? » — Que ces paroles sont touchantes! mais, quand elles sont accompagnées de la musique si délicieuse qu'il nous fut donné d'entendre, qu'elles deviennent plus touchantes encore! Il faut bien dominer son cœur et ses yeux pour ne pas s'attendrir et pleurer; ou plutôt ne pas s'attendrir et ne pas pleurer, ce serait avoir le cœur bien dur...
Le chant des Impropères se continua pendant que les cardinaux vinrent adorer la croix; il n'était interrompu que par le répons du trisagion: SanctusDeus, Sanctus fortis, Sanctus immortalis, miserere nobis, que le cœur reprenait alternativement en latin et en grec. Il se termina au moment où les cardinaux achevèrent l'adoration; et un chant bien solennel aussi et bien magnifique, le Pange, lingua, gloriosi, qui célèbre dans des vers si saints et si poétiques les grandeurs dela croix, commença, pendant que les évêques, les patriarches, les généraux des ordres religieux, et tous les prélats qui assistaient à la cérémonie, vinrent faire l'adoration, selon l'ordre dans lequel ils avaient reçu la palme le jour des Rameaux.
Ils passèrent tous devant nous : c'était aussi un spectacle bien solennel et bien imposant, que cette longue suite de prélats et d'évéques, défilant deux à deux comme pour une marche funèbre, et à leur tête, s'avançant, nu-pieds comme le Souverain-Pontife, les vénérables cardinaux, tous la cappa traînante, sans caudataire à leur côté, et assistes seulement des maîtres des cérémonies, qui les soutenaient pendant les prostrations.
Un détail que j'oubliais, et qui cependant impressionna tous les assistants, c'est qu'au moment où le Saint-Père se prosterna pour la dernière fois, il déposa dans un bassin d'argent placé auprès de la croix une bourse magnifique : elle contenait cent écus d'or. Chacun des cardinaux mit à son tour un écu d'or dans le même bassin. — J'ai su que ces diverses offrandes sont destinées à des œuvres de charité, et en particulier au mont-de-piété. Vous voyez parla, mon ami, que ce n'est pas seulement dans nos églises de France qu'on aime à verser, au pied de la croix de Jésus-Christ, de l'or et de l'argent; et combien cet usage, que le Père commun des fidèles pratique lui même, doit être cher et sacré à tous.
Vers la fin de l'adoration, on alluma les torches de l'autel et de la balustrade : les lueurs sombres et jaunâtres qu'elles projetèrent, vinrent encore ajouter au sanctuaire un aspect plus lugubre. Quand le diacre eut pris la croix, et fut venu la replacer sur l'autel, on se dirigea en silence vers la chapelle Pauline. Le Pape, suivi des généraux des ordres religieux, terminait la procession. Dès que l'on fut arrivé, et que le Saint Père se fut agenouillé au bas des degrés, un prélat vint prendre des mains du cardinal officiant la clef de l'urne du sépulcre, où avait été déposée la sainte hostie consacrée la veille. Pendant que le Souverain Pontife encensait par trois fois le Saint-Sacrement, des cierges allumés étaient distribués à tous les assistants, et la procession se remit en marche pour retourner à la chapelle Sixtine. Je ne vous décrirai point cette procession, mon cher ami, je l'ai fait hier. Je me contente de vous dire qu'elle n'a été ni moins solennelle ni moins touchante : le chant du Vexilla regis prodeunt, et du Crux, ave, spes unica, que le chœur entonna quand le Souverain Pontife apparut,
ajoutait encore à la tristesse religieuse de cette marche funèbre. Je ne vous parlerai pas non plus de la cérémonie qui suivit et qu'on appelle la messe des Présanctifiés : vous en trouverez tous les détails dans vos livres de prières; qu'il me suffise de vous dire qu'elle fut triste comme tout le reste, aussi bien que les vêpres, que l'on psalmodia de suite après et qui terminèrent l'office.
LE CHANT DE LA PASSION.
Je m'aperçois, que, dans la suite du récit que je viens de vous faire, je ne vous ai dit qu'un mot, en passant, du chant de la Passion. Je vous avais cependant promis, dimanche dernier, de vous en parler plus longuement. Franchement, je n'ose aborder ce sujet; mais voici des lignes pleines de vérité, de sentiment et d'éloquence, écrites par l'illustre cardinal Wiseman; permettez-moi de vous les transcrire.
« Le récit est fait par une mâle et forte voix de ténor; les paroles du Sauveur sont chantées par une basse profonde et solennelle, et un contralto dit tout ce qui est mis dans la bouche des autres personnages dela Passion (Ce sont trois prêtres en aube, portant l'étole diaconale de couleur noire, qui exécutent ces trois parties.). Cet ensemble produit un effet dramatique. Chaque rôle a la cadence particulière parfaitement adaptée à son esprit ; c'est un chant ancien,simple, mais riche et digne de la tragédie antique. Celle du narrateur est claire, nette et faiblement modulée; celle des divers interlocuteurs a un ton vif et approchant presque de la conversation familière : celle du Sauveur est lente, grave et solennelle; elle commence fort bas et monte par tons pleins, puis s'étend en modulations simples et riches, et finit gracieuse et expressive, modifiée avec plus d'effet encore dans les phrases interrogatives. Ce chant est à peu près le même dans toutes les églises catholiques; mais, au Vatican, il reçoit un nouveau relief de la justesse et de l'habileté des voix qui l'exécutent.
« Ce qui rend surtout cette récitation dramatique belle, ou plutôt magnifique, à la chapelle Sixtine, c'est le chœur : toutes les fois que dans l'histoire de la Passion la foule des Juifs, ou même plusieurs personnages, doivent parler ensemble, il éclate en une harmonie simple, mais large et pour ainsi dire massive, et rend les paroles avec une vérité et une énergie saisissantes (Ces morceaux d'ensemble furent composés, en 1585, par Thomas-Louis de Vittoria, natif d'Avila, et contemporain de l'immortel Palestrina, qui n'essaya pas de les corriger ou de les changer; sans doute, comme me le disait son digne successeur , Baini, parce qu'il les trouva trop parfaits et trop bien adaptés à leur destination (Le card. Wiseman).). Quand les Juifs s'écrient : « Crucifiez-le! » ou bien « Barrabas! » la musique, comme les paroles, est concise et d'une énergie terrible; elle n'a qu'une note pour chaque syllabe, et dans les trois notes du dernier mot, un changement subit de tons produit un effet saisissant. Dans ce chœur, comme dans quelques autres, l'effet est rendu plus puissant par sa terminaison brusque en double croche (note d'ailleurs inusitée à la chapelle papale ), quoique la mesure soit remplie par une blanche. La phrase musicale, composée presque entièrement de croches, a un mouvement vif, mais marqué, et pour ainsi saccadé, qui rend parfaitement les vociférations d'une populace furieuse. Ce sont là des modifications traditionnelles de la partition écrite, conservée d'année en année, chez les musiciens, depuis le temps du compositeur.
« Dans le troisième chœur de la passion de saint Matthieu, où parlent les deux faux témoins, se trouve un duo de soprano et contralto dans lequel les mots se traînent les uns après les autres, comme si chaque interlocuteur empruntait les mensonges de l'autre; la musique est toute syncopée, et tantôt dissonnante, tantôt se copiant mutuellement ; l'ensemble des deux parties rend bien cette observation, que leurs témoignages ne s'accordaient pas entre eux.
« Dans le seizième, rien ne surpasse la douceur du ton avec lequel sont proférées ces paroles : « Salut, Roi des Juifs! » Avec toute l'expression convenable à leur sens véritable, elles conduisent l'âme à répéter au sérieux cette plaisanterie blasphématoire. Vers la fin, les chœurs deviennent plus longs, plus riches, plus variés; ils sont plus hardis dans leurs transitions, plus heureux dans leurs. motifs, et leurs cadences finales sont majestueuses et pleines.
« Cependant, dans l'évangile de saint Jean, il y a deux phrases qui, moins riches peut-être, sont cependant d'une modulation plus exquise. Je pourrais citer la suivante : Si vous le laissez aller, vous ri êtes pas l'ami de César, dont la facture est délicieuse. Mais la plus belle de beaucoup et la plus pathétique est la dernière : « Ne la divisons pas, mais tirons-la au « sort. » Les parties tombent l'une après l'autre, de plus en plus douces et presque en mourant, jusqu'à ce que le chœur entier se relève à la fois plein de douceur et de majesté
« Ce chant reçoit encore un nouvel intérêt par la manière dont il est exécuté; car, avec beaucoup de naturel, la voix s'adoucit graduellement à mesure que la. catastrophe approche; elle se réduit presque à un soupir après les derniers mots prononcés sur la croix, et meurt tout à fait quand le Seigneur rend son âme.
Alors tous tombent spontanément à genoux et pendant quelques moments gardent un profond silence, que leur imposent leurs émotions. » (Extrait des Conférences sur la Semaine sainte, par le cardinal Wiseman.)
OSTENSION DES RELIQUES MAJEURES.
Vendredi, 7 heures du soir.
Voici encore, mon cher ami, une cérémonie que je vous ai promis de vous décrire : c'est l'ostension des reliques majeures, conservées dans la basilique du Vatican. D'après un antique usage, cette ostension a lieu le Vendredi saint, au soir, en présence du Pape et des cardinaux. — Vous vous rappelez, sans doute, ce que je vous ai dit, dans des lettres précédentes, sur les reliques majeures, qu'elles se composent d'une portion considérable de la vraie croix, du Voltosanto, qu'on appelle encore le voile de la sainte face, enfin du fer de la lance qui ouvrit le cœur de Jésus.
Saintes et précieuses reliques! si tous les jours de l'année elles ont une vertu puissante, quelle vertu plus puissante n'ont-elles pas un Vendredi saint, ce jour solennel où le voile que portait la pieuse Véronique reçut les traits sucrés du Sauveur, où le bois de la Croix et le fer de la lance s'empourprèrent de son sang
Dès que les derniers chants si tristes et si pieux du Miserere des ténèbres eurent retenti dans la chapelle Sixtine et que le souverain Pontife eut achevé la fonction par l'oraison en silence du Respice, quœsumus, on se mit en marche pour descendre à Saint-Pierre.
Le Pape, en simple camail avec l'étole, marchait entouré de ses gardes; les cardinaux suivaient; de loin en loin on voyait des domestiques du palais, des torches à la main. Lorsque le Saint-Père fut arrivé à la Confession, il s'agenouilla sur un prie-Dieu de bois, sans tapis; les cardinaux se rangèrent autour de lui, à droite et à gauche, dans leur ordre hiérarchique, devant des bancs de bois sans tapis, comme le prie Dieu du Pape.
La nuit approchait : il n'y avait juste que ce qu'il fallait de jour pour apercevoir les grandes lignes de la basilique, qui, devenue muette et sombre, semblait, pour me servir de l'expression de Mgr Gerbet, prendre les formes d'un sépulcre immense. Les lampes qui brûlent toujours devant la Confession étaient éteintes depuis la veille au soir, c'était partout la plus complète nudité, le plus entier dépouillement. Une seule lumière brillait auprès du Pape, quelques autres illuminaient le balcon de Sainte-Véronique, d'où les reliques majeures allaient être présentées.
Après quelques instants d'un profond silence, pendant lequel chacun s'empressait d'unir sa triste prière à celle du Saint-Père, un léger bruit se fit entendre au balcon de Sainte-Véronique. Tous les yeux se levèrent, et l'on vit apparaître les saintes reliques, dans les magnifiques reliquaires qui les contiennent. Elles furent tour à tour présentées chacune avec les mêmes cérémonies. Le prélat qui les portait avançait d'abord au milieu du balcon et tenait un instant la sainte châsse élevée vers l'endroit où se trouvait le Pape; puis, se dirigeant vers les deux extrémités, il l'élevait également, comme pour la montrer à tous les regards et attirer sur elle la vénération de tous
L'ostension des reliques majeures dura un demi quart d'heure. C'est un temps bien court, sans doute, mon cher ami ; mais je ne saurais trop vous dire qu'il suffit pour inspirer dans l'âme les plus saintes et les plus solennelles impressions.
Au reste, n'allez pas croire que Rome ait attendu jusqu'à cette heure avancée pour offrir aujourd'hui à la vénération des fidèles les précieux instruments de la passion du Sauveur qu'elle possède.
Dès ce matin, Sainte-Croix-en-Jérusalem a exposé ses trésors, les épines de la sainte couronne, le clou qui perça Jésus et le titre de la croix; tout le jour on s'est pressé à Sainte-Praxède, au pied de la colonne de la flagellation; et dans la chapelle de la Santa Scala, on renonçait à compter les pèlerins qui gravissaient l'escalier du prétoire, tant ils étaient nombreux. C'est certes aujourd'hui ou jamais que Rome mérite d'être nommée : la Jérusalem d'Occident.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=713859