Mais que sait-on au juste?

Le Forum Catholique

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le torrentiel -  2013-02-23 00:21:50

Mais que sait-on au juste?

Que sait-on à l'heure où j'écris ce message ?


1. Comment comprendre cette phrase de la commission ED:

« Nous n’attendons pas de réponse ; le futur pape verra ce qu’il veut faire ».

Il faut être honnête. A première lecture, cette phrase traduit moins une impatience déçue qu'un soulagement de n'avoir rien à attendre. Et ce soulagement, est-il celui de la commission "eclesia dei" et de la salle de presse du vatican? Cette commission et cette salle de presse en ont-elles seulement référé à benoît XVI? Si oui, est-ce par respect pour son successeur que le souverain pontife en partance ne veut pas trancher une question qui l'aura tiraillé durant tout son pontificat? Un pontificat qui aura laissé bien des questions ouvertes, mais pouvait-il laisser ouverte cette "question dédiée" au risque qu'elle se referme avec le prochain pape? Au risque que le clivage s'enkyste durablement, pour ne pas dire que le chisme se durcisse? Ce qui m'amène à ma deuxième question:


2. Oui ou non, avant de partir, Benoît XVI a-t-il fait une dernière tentative auprès de mgr fellay, comme celui-ci le lui demandait? Or, pourquoi le souhaitait-il si le statut qu'on lui proposait était bien celui d'une "prélature personnelle universelle" avec "liberté de critiquer le concile", assortie de cette seule restriction que cette critique devrait être un peu plus constructive que le mode de communication désastreux et terriblement moderne, dont le ton est ouvertement dénoncé par mgr Di Noia dans sa lettre du 8 janvier (une dénonciation que semble ne pas avoir repéré notre cher Luc Perrin)? Quelle garantie supplémentaire mgr Fellay pouvait-il demander, sachant que, si, bien que bénéficiaire d'une juridiction aussi ouverte, on lui eût mis des bâtons dans les roues, il lui aurait été loisible de dénoncer l'accord, et il ne s'agissait pour lui que de "faire l'expérience de l'accord et de la Tradition dans le giron de l'eglise"? Mgr fellay serait excusable de n'avoir pas signé si jamais de telles conditions ne lui avaient pas été proposées et si le pape n'avait fait aucune démarche auprès de lui pour hâter le règlement du statut canonique de la FSSPX avant son départ. Et, si mgr Fellay avait des excuses, je devrais, moi, modeste torrentiel, faire amende honorable pour avoir écrit qu'en ne signant pas maintenant, mgr fellay prononcerait un double arrêt de mort: celui, de chagrin, du saint-Père retiré et celui du processus de réintégration de la FSSPX dans des conditions inimaginables dans l'avenir, si la balle est dans le camp des "commissaires", dont le ton est doné. Bien sûr, le prochain pape pourrait toujours... Mais on voit qu'il pourrait avec leur approbation plutôt réprobatrice et sous leur vigilante surveillance. Alors se pose une troisième question:


3. Que savait Jean-Marie Guénois? Si le pape ne s'était pas ultimement rapproché de mgr fellay, s'il n'en était pas certain, pourquoi l'a-il écrit? Eventuellement, qui l'a trompé (accessoirement en me poussant à me tromper sur les circonstances, mais non, j'ose le croire, sur la conjoncture)? Cela, il faudra qu'il nous le dise. Je ne mets aucunement en doute l'intégrité ni le professionalisme de Jean-Marie guénois. Je m'interroge à peiene un peu plus sur la qualité de ses informateurs. Mais je suspecte une embûche qui pourrait avoir été mise sous les pieds du saint-Père pour faire avorter sa dernière tentative de réconciliation. Et cette embûche, il faudrait que Jean-Marie guénois nous la décrive, et le plus tôt possible.


A moins que le pape ne démente par un acte d'autorité les conciliabules des porte-parole et des commissaires. A moins que mgr fellay n'aide in extremis le pape à faire ce démenti. A moins qu'un coup de théâtre vienne clore ce pontificat et fermer la bouche à ceux qui, le Siège de Pierre n'étant même pas vide, sans même attendre que la place soit chaude, affirment ex cathedra professorale que ce pontificat aura été celui de l'impuissance? J'ai exhorté M. Luc Perrin à ne pas fermer son dossier d'histoire immédiate et ultracontemporaine à la perspective de ce coup de théâtre. Si celui que j'appelle de mes voeux n'a pas lieu, moi qui crois au miracle, je devrai faire amende honorable et ce message m'acquittera de mes excès circonstantiels sans préjudice de mes conjectures conjoncturelles. Je fais comme Luc Perrin, j'assure mes arrières: je reconnais mes fautes, mais non pas toutes mes fautes. Je sélectionne entre mes erreurs d'analyse. J'ai pu me tromper parce que j'aurai été trompé par Jean-Marie guénois qui, lui-même, aura été trompé, il nous dira par qui, le cas échéant... si mon coup de théâtre n'arrive pas. que voulez-vous? Je suis faillible, à la différence du pape et du professeur Luc Perrin, dont la profession inconsciente d'infaillibilité implicite tient au jeu de la morgue universitaire, qui fait que c'est se déshonorer pour un universitaire que d'avouer qu'il peut se tromper. Mais Luc Perrin n'a pas écrit la règle de ce jeu mandarinal, je le dédouane bien volontiers d'avoir intériorisé cette morgue. Je puis même saluer qu'il vienne s'entretenir avec de simples liseurs ignares comme nous sommes. Mais je le mets en garde une fois de plus contre l'influence que ses prises de position sur un médium comme ce forum, où il s'exprime en qualité de simple contributeur, ne transforme sa voix d'expert en agent d'influence. Cela soit dit en toute objectivité, sans la moindre invective et, je le répète, sans le moindre soupçon d'antipathie personnelle, bien au contraire.
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