Oui, parfaitement, formulations irréformables

Le Forum Catholique

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Meneau -  2013-02-22 23:47:33

Oui, parfaitement, formulations irréformables

Les dogmes sont irréformables dans leur formulation. Ce qui n'empêche pas de compléter le corpus doctrinal.


3. Valeur permanente des formules dogmatiques

La question de l’interprétation actuelle des dogmes se concentre dans le problème de la valeur permanente des formules dogmatiques (cf. Commission théologique internationale, Unité de la foi et pluralisme théologique (1972), dans Documenta, op. cit., p. 36). Sans doute faut-il distinguer le contenu toujours valable des dogmes de la forme dans laquelle u est exprimé. Le mystère du Christ transcende les possibilités d’expression de toute époque historique et se dérobe donc à toute systématisation exclusive (cf. Ep 3, 8-10 ; Commission théologique internationale, cité supra, p. 32). Dans la rencontre avec les diverses cultures et les signes des temps qui se succèdent, l’Esprit Saint ne cesse de rendre le mystère du Christ présent dans sa nouveauté.

Cependant, on ne peut pas séparer nettement contenu et forme d’expression. Le système symbolique du langage n’est pas seulement un revêtement extérieur, mais en quelque sorte l’incarnation d’une vérité. Cela vaut, sur le fond de l’incarnation de la Parole éternelle, tout particulièrement de la profession de foi de l’Église. Celle-ci prend naturellement une forme concrète et formulable qui, comme expression réelle symbolique du contenu de la foi, contient et rend présent ce qu’elle indique. C’est pourquoi ses images et ses concepts ne sont pas interchangeables à volonté.

L’étude de l’histoire des dogmes montre clairement que, dans ces dogmes, l’Église n’a pas simplement repris une conceptualisation déjà donnée. Elle a plutôt soumis des concepts déjà existants, le plus souvent empruntés au langage cultivé du milieu, à un processus de purification et de transformation ou de réélaboration. Ainsi, a t-elle créé le langage adapté à son message. Qu’on pense, par exemple, à la distinction entre « substance » (ou nature) et « hypostase », et à l’élaboration du concept de personne qui, en tant que tel, n’était pas présent dans la philosophie grecque, mais est le résultat de la réflexion sur la réalité du mystère du salut et sur le langage biblique.

Pour une part, le langage dogmatique de l’Église s’est donc formé dans le débat avec certains systèmes philosophiques, mais il n’est lié en aucune façon à un système philosophique déterminé. Dans le processus d’expression verbale de la foi, l’Église s’est créé son propre langage, par lequel elle a donné une expression à des réalités qui n’avaient pas été connues et perçues auparavant, mais qui appartiennent maintenant, précisément par cette expression linguistique, à la Paradosis de l’Église et par elle à l’héritage historique de l’humanité.

Comme communauté de la foi, l’Église est une communauté dans la parole de la confession. C’est pourquoi l’unité dans les paroles fondamentales de la foi fait aussi partie, diachroniquement comme synchroniquement, de l’unité de l’Église. Ces paroles fondamentales de la foi ne sont pas révisables, même quand on se propose de ne pas perdre de vue la réalité qui est exprimée en elles. Mais on doit s’efforcer de les assimiler toujours davantage et d’aller plus loin dans leur explication, grâce à toute une gamme de différentes formes d’évangélisation. En particulier, l’inculturation du christianisme dans d’autres cultures peut, pour cette tâche, fournir une occasion ou créer une obligation. La vérité révélée demeure pourtant toujours la même, « non seulement dans ce qui est son contenu substantiel, mais aussi dans ses formules linguistiques décisives » (Commission théologique internationale, cit. supra, p. 37).



Source.

Cordialement
Meneau
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