Pour une théologie de la libération
Le Forum Catholique
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bbdg - 2013-02-14 22:17:20
Pour une théologie de la libération
Le principe éthique absolu, en dehors duquel la "dignité humaine" est une expression en l'air, (principe par ailleurs irréductible à toute forme de contractualisation, à moins de disparaître comme principe), est l'indisponibilité de la personne. Vouloir fabriquer la vie indépendamment du processus naturel qui la rend possible, c'est mettre au monde des personnes-objets dont l'existence aura été entièrement conditionnée par le désir d'autrui.
La prétendue "révolution de l'amour" (Luc Ferry), qui sert de prétexte à cette mutation, constitue donc une régression souriante à la barbarie, une radicalisation métaphysique de l'esclavage. L'amour, réhabilité par la Croix comme restauration d'une relation dans l'effacement de soi, se mue, par négation de son origine, en déploiement décomplexé de nos pulsions et violation des tabous protecteurs.
C'est la raison pour laquelle il est inexact de dire que le gouvernement aborde le terrain sociétal pour mieux abandonner le terrain social. Il est, au contraire, parfaitement cohérent dans son impuissance volontariste. Avec méthode, comme ses prédécesseurs, il laisse se défaire de l'intérieur ce que des millénaires de civilisation ont construit pour canaliser la puissance du désir humain et transformer en civilisation les rapports de domination brute.
Comme l'a excellemment démontré Pierre Bergé, l'exploitation des travailleurs et la conception frauduleuse de bébés constituent les manifestations diverses d'une seule et même définition de la vie.
En conséquence, ne choisissons pas !
Que notre révolte soit portée par une compréhension globale des enjeux, par une authentique "théologie de la libération" (cf. Benoît XVI), et qu'elle soit le plus indemne possible de ce que comportent, sur le plan des principes, les frustrations qui l'auront rendue possible.
Que notre révolte ne soit pas seulement une révolte des esclaves contre leurs maîtres, ou pire une querelle entre esclaves, mais qu'elle débouche sur une interrogation radicale du principe de domination.
La survie de ce qu'il y a d'humain en l'homme est à ce prix.
Benoît Girard
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