le pseudo-mariage ou l'arrivée de la postmodernité
Le Forum Catholique
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jejomau - 2013-02-10 23:24:06
le pseudo-mariage ou l'arrivée de la postmodernité
Dans La Nef Christophe Geoffroy aborde la rupture de civilisation que produit historiquement l'arrivée du pseudo-mariage. "Le fait même que se pose la question du « mariage » homosexuel révèle la rupture de civilisation où nous entraîne la postmodernité : mais qu’est-elle précisément et par quels mécanismes conduit-elle à de telles absurdités ?"
Pour Christophe Geoffroy, la véritable rupture s’opère sans doute avec le nominalisme, au XIVe siècle (Guillaume d’Ockham), qui ne reconnaît aucune réalité aux universaux (n’existent que les êtres singuliers, Pierre ou Paul, par exemple, le concept universel « homme » n’étant qu’une simplification utilitaire mais sans existence réelle) et contribuera de ce fait à vider de sens la loi naturelle (qui s’appuie sur l’existence d’une nature humaine universelle) et à développer l’individualisme ainsi, d’ailleurs, que les sciences exactes. Il cite alors Pierre Manent pour situer le vrai ressort de la modernité qui consiste à tout centrer sur l'homme:
« la vérité effective et dynamique de la liberté moderne [est] que l’homme est l’auteur souverain, de fait et de droit, du monde humain. Il l’est et il doit l’être. Le monde, en tout cas le monde humain, la “société”, n’a pas pour auteur Dieu, ou les dieux, ni la nature, mais l’homme lui-même."
Nous entrons dans une ère postmoderne qui se différencie aujourd'hui - pour lui - par le passage du primat de la raison qui fut la marque des siècles écoulés depuis le XVI° "à celui de la volonté : elle est l’aboutissement logique de la modernité" :
On peut symboliquement dater cette rupture autour de Mai 68, la « libération » sexuelle qu’elle revendique et qui est désormais passée dans les mœurs étant précisément la recherche d’une sexualité délivrée de toute contrainte, aussi bien contrainte du lien conjugal que celui de l’enfant. La modernité avait entériné le règne du subjectivisme, mais d’un subjectivisme cohérent car encadré et limité par la raison et donc par le sens commun ; la postmodernité, en consacrant la suprématie de la volonté humaine, laisse libre cours à un subjectivisme et un relativisme sans partage.
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