Détail des chants + quelques rappels sur la musique sacrée.
Le Forum Catholique
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zejack - 2013-02-08 23:56:25
Détail des chants + quelques rappels sur la musique sacrée.
Interesting... Bon alors détail des vidéos :
http://www.youtube.com/watch?v=C6CbYG3DSPY : un Sanctus en chant Mozarabe
http://www.youtube.com/watch?v=_aGQ0EXNXJ0 : chant ibérique (avec de la flûte) - The Cantigas of Santa Maria. Monophonique mais avec une base de basse.
http://www.youtube.com/watch?v=QrrSnKweft4 : chant cistercien - "Dedit Dominus Confessionem Sancto Suo" pour les matines de la fête de St Bernard of Clairvaux. Le chant cistercien est un chant assez lent et plus contemplatif.
http://www.youtube.com/watch?v=vkdF-DznNQQ : hymne orthodoxe géorgien, choeur polyphonique de femmes à deux/trois voix.
http://www.youtube.com/watch?v=c9Q0bBls6_0 : Bénis mon âme, Seigneur - Choeur de l'église de la Sainte Transfiguration (traduction Google). Choeur polyphonique russe.
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Effectivement tous ces chants sont très beaux mais sont-ils adaptés à la liturgie Catholique romaine ? Qui donne le chant grégorien comme la référence de la musique sacrée aux offices.
Oui j'aime à promouvoir le chant grégorien qui fait cruellement défaut dans nos paroisses.
Un des gros problèmes de la musique sacrée dans nos paroisses c'est de trouver une chorale et des chanteurs qui savent chanter, des hommes j'entends. Et ça c'est rare. Donnez-moi cinq hommes qui savent chanter et je vous prouverai que le chant grégorien n'a rien à envier à toutes ces autres formes de chant.
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Saint Pie X rappelle dans son encyclique "Tra le sollecitudini" (1903) quelques points précis en ce qui concerne la musique sacrée :
http://www.introibo.fr/Tra-le-sollecitudini-1903
INSTRUCTION SUR LA MUSIQUE SACRÉE
1. Principes généraux
La musique sacrée, en tant que partie intégrante de la liturgie solennelle, participe à sa fin générale la gloire de Dieu, la sanctification et l’édification des fidèles. Elle concourt à accroître la dignité et l’éclat des cérémonies ecclésiastiques ; et de même que son rôle principal est de revêtir de mélodies appropriées le texte liturgique proposé à l’intelligence des fidèles, sa fin propre est d’ajouter une efficacité plus grande au texte lui-même, et, par ce moyen, d’exciter plus facilement les fidèles à la dévotion et de les mieux disposer à recueillir les fruits de grâces que procure la célébration des saints Mystères.
La musique sacrée doit donc posséder au plus haut point les qualités propres à la liturgie : la sainteté, l’excellence des formes, d’où naît spontanément son autre caractère : l’universalité.
Elle doit être sainte, et par suite exclure tout ce qui la rend profane, non seulement en elle-même,mais encore dans la façon dont les exécutants la présentent.
Elle doit être un art véritable ; s’il en était autrement, elle ne pourrait avoir sur l’esprit des auditeurs l’influence heureuse que l’Église entend exercer en l’admettant dans sa liturgie.
Mais elle doit aussi être universelle, en ce sens que s’il est permis à chaque pays d’adopter dans les compositions ecclésiastiques les formes particulières qui constituent d’une certaine façon le caractère propre de sa musique, ces formes seront néanmoins subordonnées aux caractères généraux de la musique sacrée, de manière que personne d’une autre nation ne puisse, à leu raudition, éprouver une impression fâcheuse.
2. Genres de Musique Sacrée
Ces qualités, le chant grégorien les possède au suprême degré ; pour cette raison, il est le chant propre de l’Église romaine, le seul chant dont elle a hérité des anciens Pères, celui que dans lecours des siècles elle a gardé avec un soin jaloux dans ses livres liturgiques, qu’elle présente directement comme sien aux fidèles, qu’elle prescrit exclusivement dans certaines parties de la liturgie, et dont de récentes études ont si heureusement rétabli l’intégrité et la pureté. (Note : ici le Saint Père entend les travaux de restauration du chant grégorien à l'abbaye de Solesmes à la fin du XIXème siècle)
Pour ces motifs, le chant grégorien a toujours été considéré comme le plus parfait modèle de la musique sacrée et on peut établir à bon droit la règle générale suivante : Une composition musicale ecclésiastique est d’autant plus sacrée et liturgique que, par l’allure, par l’inspiration et par le goût, elle se rapproche davantage de la mélodie grégorienne, et elle est d’autant moins digne de l’Église qu’elle s’écarte davantage de ce suprême modèle.
L’antique chant grégorien traditionnel devra donc être largement rétabli dans les fonctions du culte, tous devant tenir pour certain qu’un office religieux ne perd rien de sa solennité quand il n’est accompagné d’aucune autre musique que de celle-là.
Qu’on mette un soin tout particulier à rétablir l’usage du chant grégorien parmi le peuple, afin que de nouveau les fidèles prennent, comme autrefois, une part plus active dans la célébration des offices.
Les qualités susdites, la polyphonie classique les possède, elle aussi, à un degré éminent, spécialement celle de l’école romaine, qui, au XVIème siècle, atteignit l’apogée de sa perfection grâce à l’oeuvre de Pierluigi da Palestrina et continua dans la suite à produire encore des compositions excellentes au point de vue liturgique et musical. La polyphonie classique se rapproche beaucoup du chant grégorien, modèle parfait de toute musique sacrée ; aussi a-t-elle mérité de lui être associée dans les fonctions les plus solennelles de l’Église, comme sont celles de la Chapelle pontificale. Il y a donc lieu de la rétablir largement, elle aussi, dans les cérémonies ecclésiastiques, spécialement dans les plus insignes basiliques, dans les églises cathédrales, dans celles des Séminaires et autres Instituts ecclésiastiques qui disposent d’ordinaire de tous les moyens nécessaires.
L’Église a toujours reconnu et favorisé le progrès des arts, en admettant au service du culte tout ce que le génie a trouvé de bon et de beau dans le cours des siècles, sans toutefois violer jamais les lois de la liturgie. C’est pourquoi la musique plus moderne est aussi admise dans l’Église, car elle fournit, elle aussi, des compositions dont la valeur, le sérieux, la gravité, les rendent en tous points dignes des fonctions liturgiques.
Néanmoins, par suite de l’usage profane auquel la musique moderne est principalement destinée, il y aurait lieu de veiller avec grand soin sur les compositions musicales de style moderne ; on n’admettra dans l’église que celles qui ne contiennent rien de profane, ne renferment aucune réminiscence de motifs usités au théâtre, et ne reproduisent pas, même dans leurs formes extérieures, l’allure des morceaux profanes.
Parmi les divers genres de musique moderne, il en est un qui semble moins propre à accompagner les fonctions du culte : c’est le style théâtral, qui obtint une si grande vogue au siècle dernier, surtout en Italie. Par sa nature même, il présente une opposition complète avec le chant grégorien, la polyphonie classique, partant avec la règle capitale de toute bonne musique sacrée. En outre, la structure intime, le rythme et ce qu’on appelle le conventionnalisme de ce style ne se plient que malaisément aux exigences de la véritable musique liturgique.
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