Le Forum Catholique
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le torrentiel - 2013-01-30 11:31:15
Quelques réponses.
3. Le tabou de l'inceste est évidemment en ligne de mire. Mais nous avons la chance qu'étant dans une société où la psychanalyse joue encore un rôle dominant et où freud ayant décrété que la civilisation naissait du jour où ce tabou en devenait un, il devrait avoir de beaux jours devant lui, sauf si on le "déconstruit", par exemple en mettant sur le même plan une union homosexuelle et l'union d'une fratrie. C'est le sens de mon point 4, auquel je crains que vous ne répondiez par "l'erreur minimaliste", parce que vous mettez sur le même plan au point 2 des unions homosexuelles et des unions pédophiles, les premières ayant lieu entre adultes consentants, tandis que les secondes relèvent de l'abus sexuel, contre lequel notre nouvelle morale sexuelle est heureusement devenue très intolérante et qui constituent, elles aussi, l'un des derniers tabous de notre société permissive, que l'on pourrait affaiblir à force d'amalgames. (Si vous êtes choquée par l'expressiion de "nouvelle morale sexuelle" socialement autoproduite, je vous suggérerais la relecture de "LA TYRANNIE DU PLAISIR", où Jean-claude guillebaud a bien analysé les invariances ou permanences et les changements des "permis" et des "défendus" au gré de nos représentations morales, sans cesse en évolution : par exemple, il a bien mis en évidence les paradoxes de la permissivité de la société issue de "la libération sexuelle" et le profond dégoût de cette société pour la pédophilie).
Je pense que les avantages auxquels pourraient prétendre deux personnes se portant protection (prenons le cas d'une fratrie dont le membre valide hébergerait un membre handicapé) relève d'autres dispositions que ce dont il est question aujourd'hui, dispositions qui devraient être prises et défendues d'urgence, d'autant qu'elles ne relèvent pas du narcissisme sous-jacent derrière le "désir de reconnaissance" de la minorité homosexuelle, auquel il faut cependant faire droit, pour autant que ce droit n'induit pas de droits nuisibles à ceux de l'enfant, ou qui conduiraient à "la marchandisation de l'être humain", objet de satisfaction (notre société est largement devenue néo-esclavagiste, entre l'esclavage des animaux, jamais dénoncé par les écologistes, et l'esclavage des enfants, dès lors que l'embryon devient un matériel vivant à la disposition du "désir d'enfant" ou du "projet parental" des "couples", homosexuels ou non).
Pourquoi convient-il de faire droit jusqu'à un certain point au désir de reconnaissance des homosexuels ? Parce qu'il faut prendre en comptel'évolution des consciences, dans la limite où cette évolution ne nuit pas à des personnes, plus qu'à des principes.
5. Vous estimez que l'homosexualité n'appartient pas à la morale ou à la loi naturelle. A quoi on vous fera la sempiternelle objection qu'elle a toujours été dans la nature, ce qui ne la légitime pas pour autant,allez-vous répondre. Seulement vous opposez contre l'homosexualité un principe de "morale chrétienne" qui se croit être de "morale naturelle". Or s'il en était ainsi, ce principe serait admis par toutes les consciences droites, il relèverait de l'évidence. Or ce n'est pas le cas. La seule chose que personne ne conteste plus, depuis ce débat sur le pseudo-mariage homosexuel, c'est la donnée biologique selon laquelle il ne peut y avoir d'enfant qui ne soit né d'un père et d'une mère. – Méfiance, peut-être ne le conteste-t-on plus parce qu'on a les moyens de contourner ce principe inaliénable -. Toujours est-il que l'homme ne saurait se réduire aux données biologiques et que sa "morale naturelle" ne lui est pas exclusivement indiquée par les moyens dont se reproduisent tous les mammifères et la plupart des animaux, autrement dit ne se réduit pas à ses yeux aux lois de l'animalité, car l'homme se croit un mammifère supérieur,que sa conscienceferait dépasser la simple biologie. Du fait de sa conscience, la morale de l'homme croit pouvoir être un compromis entre la biologie et une acceptation consentie de certaines limites. Mais en-deçà de la morale, pour que tout ce qui est dans la nature ne paraisse pas à l'homme "de droit naturel", il faut avoir une certaine perception d'une déchéance de la nature. End'autres termes, il faut croire un tant soit peu au – ou avoir le sens du -péché originel.
Vous ferez difficilement passer dans la société la conviction que les enseignements de l'Eglise à l'égard du bien et du mal moral relèvent tous de la pure et simple "loi naturelle", et cela est l'impasse de la communication du catholicisme traditionnel à l'égard de la société dont il est le contemporain et avec laquelle il doit composer, car s'opposer sans composer n'est pas non plus tellement conforme au bien commun.
Si, de plus, vous vous engouffrez dans l'hyperjuridisme de notre société qui croit appliquer les "droits de l'homme", et que, dans le même élan que celui qui a été au principe de l'AGRIF (à laquelle vous militez courageusement et à laquelle il faudrait que j'adhère), vous opposiez les droits des homosexuels aux "droits de ceux qui expriment sur elle un point de vue moral", vous rendez tout consensus impossible. Or la politique est, non seulement l'art du possible, mais aussi celui du consensus. Car sans consensus, pas de société. Heureusement, il n'y a de droits que personnels ; il n'y a pas de droits d'opinion opposables de ceux qui ont une opinion sur des personnes ou des conduites personnelles. Vous le savez bien, la où votre liberté d'opinion est réellement brimée, c'est par l'existence de ce que d'aucuns appellent "les lois scélérates" qui interdisent l'expression de certaines opinions. Ce qui bride la liberté d'opinion, c'est la logique du délit d'opinion. Ce n'est pas en mettant sur le même plan la liberté d'opinion et les droits positifs personnels que vous ferez avancer votre cause, surtout dans une société qui est devenue une ennemie déclarée de "l'ordre moral".
6. Je vous cite :
"Mais en réduisant la bataille à la filiation on contribue automatiquement à dévaluer encore davantage le mariage."
Oui, sauf si vous étendez le champ de la bataille pour la filiation à la préconisation de l'interdiction de la PMA pour tous les couples ou l'abrogation de cette disposition qui rend stérile toute discussion sur l'adoption ouverte aux personnes désirant contracter une union civile homosexuelle et qui l'ouvre aux célibataires ; si vous étendez enfin le combat pour la filiation, au-delà de la discussion de ce projet de loi (il ne faut pas se laisser entièrement commander par le "calendrier de l'actu")
A l'ouverture de l'adoption pas nécessairement plénière à un plus grand nombre d'enfants nés en france.
Le combat contre la PMA est-il utopique dans le contexte actuel ? Il est beaucoup moins utopique que celui contre la reconnaissance des droits des homosexuels, dans la mesure où nous l'avons abandonné, à peine la PMA a-t-elle été ouverte aux couples stériles. Il serait intéressant de savoir pourquoi l'eglise l'a si facilement déserté. Et le combat contre la PMA est le corrolaire d'un combat pour une plus grande extension de l'adoptabilité des enfants laissés à l'abandon, car la PMA correspond au refus égoïste des couples stériles de prendre en charge les enfants livrés à l'assistance Publique. De plus, le combat pour l'adoption est un combat généreux, au lieu que notre simple refus de la "dénaturation du mariage" en "mariage homosexuel" continue de faire passer les catholiques et l'eglise pour "celle qui dit toujours non" sans s'engager dans un combat positif.
En vous remerciant de cet échange sans le fermer par ce merci
Amitiés
Du torrentiel qui en est très honoré
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