déterminisme et libre-arbitre

Le Forum Catholique

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Thomas -  2013-01-25 14:02:56

déterminisme et libre-arbitre

Ce n'est pas « selon les neurosciences », mais selon une certaine interprétation des neurosciences.
Mais l'interprétation purement matérialiste du monde a pris un sérieux coup dans l'aile avec la mécanique quantique (lire par exemple à ce sujet « Candide et le physicien » de Bernard d'Espagnat et Claude Saliceti).

Donc, effectivement, les neurosciences montrent un lien fort entre l'activité du cerveau et une partie de nos comportements (agressivité, désir, plaisir, etc. peuvent être déclenchés en stimulant certaines zones spécifiques du cerveau). Ce serait cependant un peu rapide de conclure pour autant qu'il n'y a pas de libre arbitre. Même si certains matérialistes n'hésite pas à franchir le pas, ce n'est pas nécessairement induit par ces découvertes.

En revanche, la théologie chrétienne a toujours considéré que nous étions « corps et âme ». Nous ne sommes pas des purs esprits emprisonné dans un corps qui nous serait étranger. Au contraire, ce corps fait partie de notre identité. La promesse de la résurrection de la chair n'aurait, sinon, aucun intérêt.

Qu'une partie de notre identité, de notre personnalité, de notre tempérament puisse être défini par notre corps n'est donc pas une surprise en soi. C'est, à mon sens, ce que révèlent avec force les avancées des neurosciences, et avec une acuité telle que certains peuvent se laisser aller à des conclusions qui dépassent les seules implications de ces découvertes.

En l'occurrence, les neurones ont un fonctionnement à une échelle où des phénomènes quantiques pourraient n'être pas anodins (voir à ce sujet le livre de Roger Penrose « L'esprit, l'ordinateur et les lois de la physique » où l'auteur se risque à une hypothèse sur de possibles mécanismes quantiques à l'échelle du cerveau qui pourraient libérer celui-ci d'un fonctionnement purement déterministe ; il me semble aussi que John C. Eccles élabore une hypothèse similaire dans son livre « Évolution du cerveau et création de la conscience », mais je n'en ai plus un souvenir très précis).

La science contemporaine ne permet plus de soutenir le déterminisme qui fut induit par la mécanique newtonienne. La mécanique quantique a balayé ces certitudes matérialistes. Beaucoup de scientifiques raisonnent encore sur le mode matérialiste des XVIIIe et XIXe siècle et, à leur suite, beaucoup de non scientifiques. Mais c'est une vision dépassée (et probablement définitivement dépassée, tellement il est impossible de revenir à un déterminisme (au moins local, pour les puristes) dans le cadre de la physique quantique).

Bref, je vous rassure : c'est un abus d'interprétation que de conclure des neurosciences que l'homme serait déterminé. Il ne peut pas être plus déterminé que les éléments qui le constituent et ceux-ci, finalement régis par la mécanique quantique (ou plus exactement par des règles dont la mécanique quantique sont une « assez bonne » approximation) ne sont pas pleinement déterminés. Ceci laisse la place à la possibilité d'un libre-arbitre, même si celui-ci est mis en jeu dans un contexte parfois plus « déterminé » (ou « contraint ») que nous aimerions le penser.

Thomas
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