J'abonde pleinement dans votre sens.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2013-01-20 15:57:34

J'abonde pleinement dans votre sens.

Rebonjour à Aigle,

1. Les projets de schémas pré-conciliaires qui avaient été préparés par les commissions du même nom étaient, quant à leur forme, je le reconnais volontiers, des plus austères et sévères.

2. Mais il me semble que le Concile a été à la fois une occasion et un prétexte, pour passer de l'austérité et de la sévérité à un discours extrêmement accommodant, que l'on a qualifié de plus bienveillant, conciliant, compréhensif, que le discours antérieur, alors qu'il n'était pas seulement tout cela, mais qu'il était aussi un moyen d'abandonner, à tout jamais (selon l'espoir et l'esprit de certains), tout un controversisme qui faisait que, si le contenant comportait de l'austérité, le contenu, pour sa part, portait en lui de l'autorité.

3. Une certaine forme de sociologisme horizontaliste et humanitariste, extrêmement identifiable dans la deuxième partie de GS, s'est donc substituée à une théologie néo-thomiste qui était, c'est exact, enclavée ou enfermée ; aussi s'est-on tourné d'une manière volontariste, ad extra, en direction, comme vous l'écrivez, des athées, des intellectuels, des jeunes, des ouvriers, des protestants, etc...

4. Mais pour leur dire quoi, exactement :

- ce que l'on croyait pouvoir leur dire, compte tenu des attentes humaines ou chrétiennes qui, en eux, étaient attribuées ou constatées ?

ou

- ce que l'on savait devoir leur dire, compte tenu de ce que l'Eglise elle-même a le devoir d'affirmer, et non, il est vrai, d'asséner ?

5. Je ne mets pas en doute, en d'autres termes, la sincérité initiale, à laquelle vous faites allusion, même si j'ai déjà fait remarqué ailleurs que le Concile porte en lui-même une conception défectueuse et une intention viciée, mais

- quand on a vu que cela "ne marchait pas", et on l'a vu bien assez vite, y compris à Rome, en amont des années 1967 et 1968,

- quand on a vu que cette volonté de se rapprocher des hommes et des femmes d'aujourd'hui était transformée ou se transformait en une volonté de se rapprocher des idées, des valeurs, non catholiques, attribuées ou constatées, chez les hommes et chez les femmes d'aujourd'hui,

qu'est-ce qui a empêché le pontife et les évêques concernés, non de revenir en arrière, mais de revenir à l'essentiel ?

6. On pouvait très bien donner son congé à une certaine manière, jugée excessivement incommodante, de prendre appui sur une théologie néo-thomiste, mais on est allé "un peu plus loin", en édulcorant et en euphémisant de nombreux éléments, au sein du christianisme catholique.

7. Ce que je crois, c'est que Benoît XVI, sur toutes ces questions, voudrait bien, mais ne peut point, tirer les conclusions qui s'imposent, au contact des résultats, qualitatifs et quantitatifs, d'un demi-siècle de pastorale globalement accommodante, dans le contexte européen occidental, car, après tout, il est tout à fait possible que le Concile Vatican II et les décennies qui l'ont suivi aient donné davantage de fruits, sur un ou deux autres continents.

8. J'y verrais, pour ma part, je l'ai peut-être déjà écrit, une ruse de la raison historique, puisque le Concile Vatican II, infiniment plus universel que le Concile Vatican I, a été, à plusieurs titres, quand on voit qui en a assuré l'animation et l'orientation intellectuelles, un Concile...européen.

Bonne fin d'après-midi et à bientôt.

Scrutator.
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