Avec vous, je change de sujet.
Le Forum Catholique
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Paterculus - 2013-01-16 21:24:32
Avec vous, je change de sujet.
Cher Steve,
Oui, il y a - en France notamment - des bénédictions de couples de divorcés. Il y a même eu des cas où des prêtres ont été forcés de donner ce genre de bénédictions alors que c'est interdit. Ce fut d'ailleurs l'un des rappels les plus remarqués de Benoît XVI lors de sa visite en France en 2008.
Ces bénédictions (de "couples" d'homosexuels ou de couples de divorcés) ont quelque chose de sacrilège : on ne peut bénir que ce qui est bien, et là on bénit des baptisés qui ont l'intention d'avoir des relations sexuelles en dehors du sacrement de mariage, ce qui est un péché mortel.
Ce que vous suggérez est juste, à condition de bien comprendre les termes.
S'il s'agit de libérer le conjoint qui a été trompé par l'autre, celui-ci ayant eu des relations extra-conjugales, la tradition catholique est unanime et ne peut par conséquent pas varier : l'adultère d'un des conjoints ne supprime pas le lien du mariage.
La raison me paraît en être que Dieu lui-même reste disponible au pécheur repentant, même après un péché mortel.
Je pense que dans le sacrement de mariage on doit avoir conscience de représenter Dieu pour le conjoint.
Mais s'il s'agit de libérer le conjoint qui a été trompé dans le moment même du mariage (vous dites "dés l'origine"), parce que les intentions de l'un ou de l'autre, par exemple, n'étaient pas les bonnes, alors il y a la possibilité de faire reconnaître cette invalidité des intentions et donc du mariage.
Je regrette certaines lourdeurs de la procédure, mais pour être juste il faut être prudent, donc lent.
La première chose à faire, à mon avis, est de cesser d'attendre le jugement du divorce pour commencer la procédure de nullité. Ce serait une façon de séparer l'Etat de l'Eglise. En effet, c'est un corollaire de l'obligation de "passer à la mairie" avant de se marier religieusement que de ne pas pouvoir faire reconnaître la nullité du mariage avant que le divorce ait été prononcé.
La deuxième chose est de considérer que la plupart des mariages sacramentels en France sont nuls, précisément parce qu'en obligeant les fiancés à "passer à la mairie", on met insidieusement dans leur têtre que l'Eglise est d'accord avec l'Etat, donc avec le divorce, la contraception, l'avortement, et bientôt, si on ne se mobilise pas assez, avec le mariage "homo", etc.
Il faut face à ce scandale réagir au niveau de la formation des fiancés. En amont, par une catéchèse digne de ce nom durant l'enfance (vaste programme - mais déjà en insérant une catéchèse sur le mariage dans les programmes où cela ne figure pas, on ferait un grand progrès).
Puis, certains envisagent un "catéchuménat du mariage" et j'y suis favorable, non seulement en raison de la faible valeur, en général, de la catéchèse de l'enfance, mais aussi en raison de la maturité des fiancés qui permet d'aborder des thèmes de façon plus précise. Il faut savoir que dans des procès en reconnaissance de nullité, il y a des gens qui sont tout surpris en voyant leur signature au bas de la déclaration d'intention : cela montre très clairement que la préparation a été bâclée. On doit faire un effort au niveau de cette préparation.
Cela dit, il restera sans doute toujours un petit nombre de gens dont le mariage aura été nul malgré les précautions, et parmi eux une certaine proportion pour lesquels on ne pourra pas prouver la nullité.
Courage, donc, et abandon à la volonté de Dieu : notre espérance est qu'Il nous conduit vers Lui par les moyens qui nous sont adaptés.
Votre dévoué Paterculus
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