V I I : la conception et l'intention, en elles-mêmes, posent problème.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2013-01-10 00:01:20

V I I : la conception et l'intention, en elles-mêmes, posent problème.

Bonsoir à La mouche du couche.

La focalisation sur telle ou telle herméneutique légitimatrice de l'ensemble du Concile peut avoir pour objectif ou pour résultat

- de faire croire aux catholiques que toutes les difficultés connues et subies, dans et par l'Eglise, depuis l'après-Concile, résultent avant tout et seulement d'un ou de plusieurs défauts de réception et d'une ou de plusieurs interprétations erronées du Concile,

- de faire oublier ou ignorer aux catholiques le fait que ces difficultés découlent notamment, grandement et gravement, d'un défaut de conception endogène, d'une intention erronée intrinsèque, l'un et l'autre ayant été présents et étant propres au Concile lui-même.

En apparence, on est en présence d'un Concile oecuméniQUE ; en réalité, on est en présence d'un Concile oecuméniSTE.

En apparence, on est en présence d'un Concile pastoral, en ce qu'il n'est pas doctrinal ; en réalité, on est en présence d'un Concile adogmatique, en ce qu'il n'est pas dogmatique.

En apparence, on est en présence d'un Concile pastoral, en ce qu'il est censé répondre aux besoins des brebis ; en réalité, on est en présence d'un Concile consensuel, qui correspond, dans les faits, aux désirs des pasteurs qui ont été les Papes ou les Pères du Concile.

Une fois que l'on a compris cela, au contact du Concile lui-même, et, en particulier, des textes les plus controversés de Vatican II, on comprend dans quelle mesure l'herméneutique du renouveau dans la continuité est de nature à faire obstacle à une approche plus généalogique du Concile lui-même.

Les trois traits de caractère que je mets en avant : Concile oecuméniSTE, Concile adogmatique, Concile consensuel, me semblent difficilement réfutables ; d'une certaine manière, Vatican II a affiché ces trois traits de caractère dans son propre ADN, mais ce n'est pas parce qu'un positionnement est affiché dans son principe qu'il est assumable dans la pratique qui a vocation à en découler.

Je crois en conscience que c'est bien cela qui a eu lieu au Concile : il y a eu comme un double mouvement, à la fois

- une élévation du niveau d'englobement ou d'intégration, en direction des non catholiques, des non chrétiens, des non croyants, de l'extérieur de l'Eglise,

et

- un abaissement du niveau d'exigence ou d'intégrité, notamment vis-à-vis des points de repère dogmatiques et liturgiques, à l'intérieur de l'Eglise.

Dès que j'en aurai le temps, je transcrirai, sur le FC, des extraits de prises de position tout à fait critiques, formulées par plusieurs Pères du Concile, au début de la quatrième et dernière session du Concile, à l'automne 1965, à l'égard du projet de constitution pastorale Gaudium et Spes.

J'ai relu ces extraits il y a quelques jours : ces évêques se sont permis de mettre en cause la conception et l'intention d'un texte qui était alors en phase d'achèvement, en recourant à des arguments qu'un catholique traditionnel n'aurait pas reniés hier, et renierait encore moins aujourd'hui.

Eux se sont permis de le faire hier, avant-même la clôture du Concile, au contact du texte lui-même, et nous, au contraire, nous aurions aujourd'hui le devoir

- de croire aujourd'hui en la solidité et en la validité du Concile dans son ensemble,

et

- de ne reconnaître aujourd'hui de la fragilité ou de la nocivité que dans l'après-Concile ?

Il me semble au contraire que le Concile ne doit être appréhendé

- ni au moyen d'un criticisme au moyen duquel on ne lui trouverait que des défauts ou des excès,

- ni au moyen d'un fidéisme grâce auquel on ne lui trouverait que des qualités, que de la pureté.

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
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