Le pape Saint Libère, l’arianisme, et Saint Athanase - III

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Meneau -  2013-01-09 12:10:56

Le pape Saint Libère, l’arianisme, et Saint Athanase - III

Bibliographie


Mgr Fèvre, Pronotaire Apostolique : "Histoire apologétique de la papauté, de Saint Pierre jusqu'à Pie IX", Louis Vivès, 1878, T3, pp 138-182. Disponible en ligne Bibliothèque Saint Libère.

Le Sel de la Terre (Avrillé), n° 18, p190 sq.

Denzinger DS (Denzinger-Schönmetzer) 138 à 143. La lettre Studens paci est curieusement absente du DB (Denzinger-Bannwart).

Dom Guéranger, De la monarchie pontificale, à propos du livre de Mgr l’Evêque de Sura, éd. Palmé, 1870, p116 sq

Mgr Paul Guérin, Les petits Bollandistes, 7ème édition, tome 11, pp 339-344

Edouard Dumont, Revue des questions historiques, 1ère année, Tome 1, p125-167 Paris : Librairie de Victor Palmé, éditeur, 1866

(on peut lire ces deux derniers documents sur http://www.liberius.net/livre.php?id_livre=8 )
Les Martyrs, Tome 3 du Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme jusqu'au XXe siècle TRADUITES ET PUBLIÉES Par le R. P. Dom H. LECLERCQ Moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough, 1921, DEUXIÈME ÉDITION

Abbé A. BOULENGER, Manuel d’Apologétique : Introduction à la doctrine catholique, éd. Emmanuel Vitte, Paris Lyon, 1937, 8e éd., 490 p. On peut le trouver en ligne ici : http://www.salve-regina.com/Catechisme/Manuel_apologetique_Boulenger.htm, le sujet du pape Libère est traité au n°338.

Abbé L.N Béguin, La primauté et l’infaillibilité des souverains pontifes, ed. Huot, 1873, pp146 sq



ANNEXES


Formules de Sirmium

1ère formule :

Nous croyons un seul Dieu, Père tout-puissant, créateur de toutes choses, principe et chef de tout ce qui est dans le ciel et sur la terre, et Jésus-Christ son Fils unique, Notre Seigneur, né de son Père avant tous les siècles, Dieu de Dieu, lumière de lumière, par qui toutes les choses visibles et invisibles ont été faites, qui est Verbe, sagesse et vérité, lumière et vie, qui dans les derniers temps a été fait homme pour nous, est né de la Vierge Marie, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est ressuscité le troisième jour, est monté au ciel, est assis à la droite du Père, d’où il viendra pour juger les vivants et les morts, et rendre à chacun selon ses œuvres. Son règne durera tous les siècles, et n’aura jamais de fin ; car ce ne sera pas seulement dans ce siècle-ci, mais aussi durant les siècles à venir, qu’il sera assis à la droite de son Père. Et le Saint-Esprit, Paraclet que Notre-Seigneur a promis à ses apôtres, et qu’il leur a envoyé après son ascension, afin de les enseigner et de les avertir de tout ce qui sanctifie les âmes de ceux qui croient en lui.
1° La Sainte Eglise catholique rejette de son sein ceux qui disent que le Fils de Dieu est de ce qui n’était pas auparavant, qu’il est d’une autre substance et non point de Dieu, qu’il y a eu un temps ou un siècle auquel il n’était pas.
2° Si quelqu’un dit que le Père et le Fils sont deux Dieux, qu’il soit anathème.
3° Si quelqu’un, avouant que Jésus-Christ est Fils de Dieu avant tous les siècles, n’avoue pas qu’il a concouru avec son Père à la création du monde, qu’il soit anathème.
4° Si quelqu’un ose dire que Dieu innascible ou une partie de lui-même est né de la Vierge Marie, qu’il soit anathème
5° Si quelqu’un dit que le Fils est avant Marie selon la prescience seulement et la prédestination, qu’il n’était pas Dieu né du Père avant les siècles, et que tout n’a pas été fait par lui, qu’il soit anathème.
6° Si quelqu’un dit que la substance de Dieu s’étend ou se raccourcit, qu’il soit anathème.
7° Si quelqu’un dit que l’extension de la substance fait le Fils, ou qu’il appelle Fils cette extension de substance, qu’il soit anathème.
8° Si quelqu’un dit que le Verbe interne ou le Verbe prononcé est le Fils de Dieu, qu’il soit anathème
9° Si quelqu’un dit que le Fils de Marie n’est qu’un homme, qu’il soit anathème.
10° Si quelqu’un, en disant qu’un Dieu-Homme est né de Marie, entend parler de Dieu innascible, qu’il soit anathème.
11° Si quelqu’un dit, entendant prononcer ces paroles : Et le Verbe s’est fait chair, croit que le Verbe a été changé en chair, ou que, prenant chair, il a souffert quelque changement, qu’il soit anathème.
12° Si quelqu’un, entendant dire que le Fils de Dieu a été crucifié, dit que sa divinité a été sujette au changement, à la corruption, aux souffrances, et qu’elle a souffert quelque diminution ou quelque dommage, qu’il soit anathème.
13° Si quelqu’un dit que Dieu le Père prononçant ces paroles : Faisons l’homme, ne les a pas adressées à son Fils, mais à lui-même, qu’il soit anathème.
14° Si quelqu’un dit que ce n’est point le Fils de Dieu qui a été vu par Abraham, mais Dieu le Père ou une partie de lui-même, qu’il soit anathème.
15° Si quelqu’un dit que ce n’est point le Fils de Dieu qui a lutté contre un homme, contre Jacob, mais le Père ou une partie du Père, qu’il soit anathème.
16° Si quelqu’un, au lieu d’entendre du Père et du Fils ces paroles : Le Seigneur a répandu la pluie de la part du Seigneur, dit que le Fils a répandu la pluie de la part de lui-même, qu’il soit anathème.
17° Si quelqu'un, entendant dire : Le Seigneur Père, le Seigneur Fils, le Seigneur Père et Fils, le Seigneur du Seigneur, dit qu'il y a deux dieux, qu'il soit anathème : car nous n'égalons point le Fils au Père, mais nous le concevons soumis ; et il n'est pas descendu dans Sodome sans que le Père l'ait voulu, et il n'a pas répandu la pluie de lui-même, mais de la part du Seigneur, c'est-à-dire par autorité du l'ère, et il ne s'assied pas de lui-même à sa droite, mais après avoir entendu ses paroles : Asseyez-vous à ma droite.
18° Si quelqu'un dit que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont une seule personne, qu'il soit anathème.
19° Si quelqu'un, confessant un Saint-Esprit consolateur, dit que c'est ce Dieu innascible, qu'il soit anathème.
20° Si quelqu'un dit que le Consolateur n'est point autre que le Fils, contrairement à ces paroles du Fils lui-même : Le Père que je prierai vous enverra un autre Consolateur, qu'il soit anathème.
21° Si quelqu'un dit que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois dieux, qu'il soit anathème.
22° Si quelqu'un dit que le Saint-Esprit est une partie du Père ou du Fils, qu'il soit anathème.
23° Si quelqu'un, entendant ces paroles de la sainte Ecriture : Je suis le premier Dieu et le dernier Dieu, et il n'y a point d'autres dieux que moi, paroles prononcées pour détruire les idoles et les faux dieux, les entend à la façon des Juifs, comme si elles étaient dites pour renier le Fils unique de Dieu, qui est avant tous les siècles, qu'il soit anathème.
24° Si quelqu'un dit que le Fils a été fait par la volonté de Dieu comme une autre créature, qu'il soit anathème.
25° Si quelqu'un dit que le Fils est né du Père sans sa volonté, qu'il soit anathème : car c'est librement, volontairement et sans nécessité actuelle que le Père a montré son Fils engendré de lui-même, sans aucun temps et sans souffrir aucune chose.
26° Si quelqu'un dit que le Fils est innascible et qu'il n'a point de principe, admettant ainsi deux êtres exempts de principes, deux innascibles, deux non-engendrés et, par conséquent, deux dieux, qu'il soit anathème ; car le Fils est le chef qui est principe de toutes choses, mais Dieu est le chef qui est principe de Jésus-Christ. C'est ainsi que nous rapportons toute chose par le Fils à un seul, qui est sans principe, principe de tout.
27° Nous répétons encore, pour plus grand éclaircissement et confirmation de la doctrine chrétienne : Si quelqu'un ne confesse point un Christ Dieu, Fils de Dieu, qui subsiste avant les siècles et a servi son Père dans la création du monde, mais dit que c'est depuis qu'il est né de Marie qu'il a été appelé Christ et Fils et a commencé d'être Dieu, qu'il soit anathème.
Cette formule de foi, dictée par Marc d'Arélhuse, fut adoptée et souscrite par tous les évêques présents, savoir :
Basile , évêque d'Ancyre, Hypacien, Marc d'Aréthuse, Evagrius, Narcisse de Néroniade, Théodore, Démophile de Dérée, Hyrénius, Cécrops de .Nicomédie, Térence, Silvain de Tarse, Bassus, Macédonius de Mopsueste. Marthus, Théodote d'Héraclée, Actique, Eudoxe de Germanice, Jules, Ursace de Singidon, Surinus, Valens de Mursa, Simplice, Exupérance de Tortone, Junior, Gaudentius de Naisse, etc.


2ème formule :

[Désolé pour les termes grecs, n’étant pas helléniste, je ne suis pas sûr qu’ils soient correctement retranscrits]

Plusieurs difficultés se sont élevées de notre temps sur des matières de foi. Nous les avons toutes examinées avec soin à Sirmium, en présence do nos frères, les saints évêques Valens, Ursace, Germinius et les autres. Il n'y a qu'un seul Dieu Père tout-puissant, comme le croit tout l'univers, et Jésus-Christ son Fils unique Notre-Seigneur et notre Sauveur, engendré du Père avant tous les siècles. Il est certain aussi qu'on ne peut et qu'on ne doit pas prêcher qu'il y a deux dieux, sous prétexte que Notre-Seigneur a dit : J'irai à mon Père et à votre Père, à mon Dieu et à votre Dieu. Dieu est le Dieu de tous les hommes, comme l'enseigne l'Apôtre : Dieu n'est-il Dieu que des Juifs ? Ne l'est-il pas aussi des gentils, car il n'y a qu'un seul Dieu qui justifie par la foi ceux qui sont circoncis comme ceux qui ne le sont pas. On est aussi demeuré d'accord sur les points suivants, sans aucune difficulté. Un sujet de trouble pour quelques-uns est le mot substance, appelé en grec ούσία, et pour le marquer plus précisément, όμουσίον ou όμοιουσίον. Il faut absolument n'en pas parler sous quelque couleur ou prétexte que ce soit, puisque ces expressions ne se trouvent pas dans la Sainte Ecriture, et qu'elles sont au-dessus de la science des hommes. Nul ne peut raconter la naissance du Fils. C'est de lui qu'il est écrit : Qui expliquera sa génération? Il est clair qu'il n'y a que le Père qui sache comment il a engendré le Fils, et le Fils qui sache comment il a été engendré par Le Père. Il n'y a point de doute que le Père est plus grand que le Fils, et qu'il le surpasse en honneur, en dignité, en clarté et en qualité de Père, comme le Fils le témoigne lui-même quand il dit : Celui qui m'a envoyé est plus grand que moi. Personne n'ignore que la loi catholique enseigne que le Père est plus grand que le Fils et que le Fils est sujet au Père avec toutes les choses que le Père lui a assujetties ; que le Père n'a point eu de commencement, qu'il est invisible, immortel et impassible; que le Fils est né du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, qu'il n'y a que le Père qui connaisse la manière dont le Fils a été engendré, que le Fils de Dieu, qui est Notre-Seigneur et notre Dieu, a pris une chair et un corps, c'est-à-dire une nature humaine dans le sein de la vierge Marie, selon la prédiction de l'ange ; que dans cette nature humaine prise de la Vierge Marie, il a souffert, comme l'Ecriture l'enseigne, principalement le Docteur des gentils. La foi veut que nous confessions encore la Trinité, selon les paroles de l'Evangile : Allez baptiser tous les peuples, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Le nombre de la Trinité est un nombre entier et parfait. L'Esprit Paraclet a été envoyé par le Fils, selon qu'il l'avait promis, pour instruire, enseigner, sanctifier tous les apôtres et tous les fidèles.
Souscrivirent: Ursace de Singidon, Valens de Mursa, Germinius de Sirmium, Potame de Lisbonne, Osius de Cordoue.


3ème formule :

Exposition de la foi faite à Sirmium en présence de notre seigneur le très-pieux et victorieux empereur Constance, auguste, éternel, sous le consulat de Flavius Eusèbe et d'Hypatius, le onzième des calendes de juin. Nous croyons un seul et vrai Dieu, Père tout-puissant, auteur de toutes choses, et son Fils unique, qui est né de lui sans passion avant tous les siècles, avant tout principe et avant toute idée ou terme de temps que l'Esprit peut concevoir. Les siècles et les choses ont été faits par lui ; il a été seul engendré par le Père seul de seul Dieu de Dieu, semblable à son Père, qui l'a engendré, selon la sainte Ecriture, dont la génération n'est connue que du Père. Nous savons que ce Fils unique de Dieu est descendu du ciel sur la terre pour abolir le péché, qu'il est né de la Vierge Marie, a conversé avec ses disciples, a accompli les mystères selon la volonté de son Père, a été crucifié, est mort, est descendu aux enfers pour y disposer de tout ce qui était nécessaire; que les portes de l'enfer ont tremblé en sa présence, qu'il est ressuscité le troisième jour, a conversé avec ses disciples, est monté au ciel quarante jours après, est assis à la droite de son l'ère, d'où il viendra au dernier jour dans la gloire de son l'ère, pour rendre à chacun selon ses oeuvres. Nous croyons aussi le Saint-Esprit, que Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, a promis d'envoyer aux hommes pour les consoler et pour leur servir d'avocat, selon qu'il est écrit : Je m'en vais à mon Père et je le prierai, et il vous enverra un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité ; il prendra de ce qui est à moi et il vous le donnera. Quant au terme de substance, dont les Pères se sont servis par simplicité, et qui, n'ayant pas été compris par le peuple, est devenu une cause de chute pour plusieurs, nous avons jugé à propos de le rejeter, puisqu'il ne se trouve point dans l'Ecriture, qui n'a jamais parlé de substance du Père ou du Fils.
Nous disons que le Fils est en tout semblable au Père, comme la sainte Ecriture le dit et l'enseigne.
Cette formule fut souscrite par : Marc d'Aréthuse, Basile d'Ancyre, Germinius de Sirmium, Valens de Mursa, Ursace de Singidon, Georges d'Alexandrie, Pancrace de Péluse, Acace de Césarée, Eudoche d'Antioche, etc.


Lettres attribuées au Pape Saint Libère

1ère lettre : Studens paci

» Copie de la lettre de Libère, évêque de Rome, aux évêques d'Orient. — A nos très-chers frères les évêques d'Orient, Libère, évêque de la ville de Rome, salut.
» Lorsque j'eus reçu les lettres que votre charité avait adressées à Jules, de sainte mémoire, sur la condamnation d'Athanase et des autres, désireux de faire régner la paix et la concorde entre les Eglises, et marchant sur les traces des anciens, j'envoyai à Alexandrie, au susdit Athanase, les prêtres de Rome Lucius, Paul et Hélion, en qualité de légats, pour l'inviter à se rendre à Rome, afin qu'en ces circonstances il fût statué à son égard, selon la discipline de l'Eglise. Ces susdits prêtres portaient au même Athanase une lettre de ma part, dans laquelle je lui disais que, s'il ne se rendait pas à mon invitation, il était retranché de la communion de l'Eglise romaine. De retour, mes envoyés déclarèrent qu'il avait refusé de venir. Enfin, je me suis conformé aux lettres que votre charité nous avait écrites sur la cause dudit Athanase. Je vous préviens aujourd'hui que je suis uni avec vous tous et avec tous les évêques de l'Eglise catholique. Quant au susdit Athanase, il est séparé de la communion de l'Eglise romaine, et aucun échange de lettres n'a lieu entre nous.
» Qu'y a-t-il dans ces lettres d'opposé à la sainteté? Tout n'est-il pas inspiré par la crainte de Dieu? Mais Potame et Epictète, qui, au concile de Rimini, condamnèrent l'Evêque de Rome avec tant d'empressement et de joie, ne voulurent rien entendre. Bien plus, Fortunatien, qui envoya, à deux reprises, cette lettre à divers évêques, n'eut aucun succès. »

2ème lettre : Pro deifico

« Libère a rendu vaines ses paroles et ses actions en écrivant la lettre suivante aux ariens ; ces hérétiques avaient injustement condamné saint Athanase, évêque orthodoxe.
» A nos très-chers frères les prêtres et les évêques d'Orient, Libère.
» La sainteté de notre foi est connue de Dieu et des hommes, conformément aux paroles du Psalmiste : « Que vos jugements soient justes, enfants « des hommes. » Je n'ai point défendu Athanase; seulement comme Jules, mon prédécesseur, d'heureuse mémoire, l'avait reçu, je craignais d'être estimé prévaricateur; mais quand il a plu à Dieu que j'aie connu que vous l'aviez condamné justement, j'y ai consenti aussitôt, et j'ai chargé noire frère Fortunatien des lettres que j'en ai écrites à l'empereur. Ainsi, rejetant de notre communion Athanase, dont je ne prétends pas même recevoir les lettres, je déclare que je veux avoir la paix et l'union avec vous et avec tous les évêques orientaux, par toutes les provinces ; et afin que vous connaissiez clairement la sincérité avec laquelle je vous parle, notre frère Démophile ayant bien voulu me proposer la foi véritable et catholique (perfidie arienne! cette réflexion est de moi et non de l'apostat; ce qui suit est de Libère), que plusieurs de mes frères les évêques ont proposée, discutée et adoptée à Sirmium, je l'ai reçue volontiers (je dis anathème à Libère et à ses pareils !) sans y rien trouver à redire (anathème à Libère ! anathème trois fois au prévaricateur !) Au reste, je vous prie que, puisque vous me voyez d'accord avec vous en toutes choses, vous vouliez bien travailler en commun afin que je sois rappelé de mon exil et que je retourne au siège que Dieu m'a confié.
» Cette profession perfide de Sirmich, que Libère appelle catholique, fut proposée par Démophile et souscrite par Narcisse, Théodore, Basile, Eudoxe, Démophile, Cécrops, Sylvain, Ursace, Valens, Evagrius, Hyrenius, Exupérance, Cérentien, Bassus, Gaudentius, Macédonius, Marc, Aétius, Jules, Séverin, Simplice et Junior (à chercher), tous hérétiques. »

3ème lettre : Quia scia vos

« Libère exilé, à Ursace, Valens et Germinius :
Parce que je vous sais fils de la paix, amis aussi de la concorde et unité de l’Église catholique, pour cela et non poussé par quelque contrainte, je le dis devant Dieu, mais pour le bien de la paix et concorde, qui vaut mieux que le martyre, je vous adresse cette lettre, très-chers seigneurs. Sache donc votre prudence que Athanase, qui a été évêque d’Alexandrie, avant que je sois venu à la cour du saint empereur, selon les lettres des évêques d’Orient, a été séparé de la communion de l’église romaine, comme tout le clergé de l’Église romaine en est témoin. Mais la cause pour laquelle j’ai paru tarder à écrire sur son sujet à nos frères d’Orient, a été à ce que les légats, que j’avais dirigés de Rome à la cour, de même les évêques qui avaient été exilés, ceux-ci eux-mêmes avec eux, s’il était possible, fussent rappelés. J’ai demandé à notre frère Fortunatien de porter au très-clément empereur la lettre que j’ai faite aux évêques d’Orient, afin qu’ils sachent que je suis avec eux ensemble séparé de la communion d’Athanase ; ce que sa piété recevra, je crois, avec satisfaction pour le bien de la paix ; j’en ai envoyé aussi une copie par le fidèle Hilaire, secrétaire de l’empereur. Que votre charité voie que j’ai fait tout cela en simplicité et douceur. C’est pourquoi je vous adjure dans la présente lettre par le Dieu tout-puissant, et par Jésus-Christ son Fils, notre Dieu et Seigneur, de vouloir bien vous rendre auprès du très-clément empereur Constance Auguste et lui demander que pour le bien de la paix et concorde, en laquelle sa piété se réjouit toujours, il ordonne que je retourne à l’Église qui m’a été divinement confiée, afin que sous son règne l’Église romaine n’ait point à souffrir de tribulation. Vous devez savoir par cette présente lettre, frères très-chers, d’un esprit calme et simple que je suis en paix avec vous tous évêques de l’Église catholique. Vous acquerrez une grande consolation en effet au jour de la rétribution, si par vous la paix a été rendue à l’Église romaine. Je veux aussi vous faire savoir que nos frères et co-évêques Épictète et Auxentius, je suis en communion ecclésiastique avec eux ; ce qu’ils recevront, je pense, volontiers. Au reste, quiconque contredira à la paix et concorde, qui a été déclarée dans toute la terre par la volonté de Dieu, saura qu’il est séparé de notre communion. »


Discours du pape Libère à la prise de voile d’une sœur de St Ambroise.

On admirera ici un modèle d’orthodoxie anti – arienne.
« C'est après un saint mariage, ma fille, que vous avez soupiré. Voyez-vous quelle foule de peuple est venue célébrer la naissance de votre époux, et personne ne s'en est retourné à jeun. C'est lui qui, invité aux noces de Cana, changea l'eau en vin. IL saura aussi opérer en vous les changements nécessaires pour permettre à ce corps matériel de porter des fruits de virginité. C'est lui qui, dans le désert, avec cinq pains et deux poissons, nourrit quatre mille hommes, et d'autres en plus grand nombre eussent été rassasiés s'ils eussent été présents. Aujourd'hui, pour célébrer vos noces, il avait appelé de nombreux convives ; il les a nourris, non de pain d'orge ou de froment, mais de son corps descendu du ciel.
» C'est en ce jour qu'en tant qu'homme il est né de la Vierge, lui engendré de son Père, Fils unique sur la terre. Fils unique dans les cieux.
» Dieu de Dieu, enfanté par une Vierge, égal en tout à son Père qui l'a engendré, le Verbe a la même justice, la même puissance, la même splendeur que lui, sans aucun degré d'infériorité, sans extension, sans confusion; il lui est uni sans être confondu, il en est distrait sans en être séparé. Sans lui, rien n'existe sur la terre, dans les mers ou aux cieux. Ce Verbe rempli de bonté était au. commencement, voilà son éternité. Il était dans le Père, voilà tout à la fois son union et sa distinction. El le Verbe était Dieu, voilà sa divinité. Nous ne pouvons que vous indiquer brièvement les motifs de votre foi. Eh bien ! ma fille, ce Dieu est votre livre.
» Oh! aimez-le, il est si bon! Qui donc est bon, si ce n'est Dieu seul? Il n'y a pas de doute que le Fils ne soit Dieu, et comme Dieu est infiniment bon, il est donc certain que le Fils est plein de bonté, .le vous Je répète, aimez-le : c'est lui que le Père a engendré avant la lumière comme étant éternel, de son essence divine comme son Fils, de son intelligence comme son Verbe.
» Il est l'objet des complaisances de son Père; il est le bras , la force du Créateur toutl-puissant, la sagesse qui procède de la bouche de Dieu. En lui la divinité habite corporellement dans sa plénitude, son Père ne peut s'en séparer; il le porte dans son sein, il le place à sa droite, il fallait bien vous apprendre à
connaître la sagesse, vous montrer la vertu.
» Si donc le Christ est la force et la vertu de Dieu, il existe éternellement : son Père pourrait-il être sans son Fils? Si l'un est éternel, l'autre l'est aussi; si le Père est parfait, le Fils l'est pareillement; ôter aux perfections de l'un, c'est diminuer les perfections de l'autre. Il n'y a pas d'inégalité dans la perfection d'un Dieu. Aimez donc, ma fille, ce Dieu aimé de son Père ; honorez celui que Dieu le Père honore; qui n'honore pas le Fils, n'honore pas le Père; qui nie le Fils ne possédera pas le Père : voilà pour votre foi. Mais je sais qu'elle est sûre et éclairée.
» Quant à votre jeunesse, ma fille, elle m'inspire bien quelque crainte. Vous userez d'un peu de vin, afin de ne pas affaiblir votre santé ; mais que ce ne soit pas par sensualité : à votre âge, on ne saurait être trop prudent. Vous observerez aussi les jeûnes prescrits, avec un saint courage : la mortification est efficace pour éloigner les tentations. Que la raison vous éclaire, que l'espérance vous fortifie , que la crainte vous stimule. Ne pas savoir maîtriser ses convoitises, c'est ressembler à un cheval mal dressé, qui s'emporte, court, tombe dans le précipice et périt.(…)

Je m'arrête ici.
Cordialement
Meneau
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