Je voudrais pouvoir en être aussi sûr...
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2012-12-11 23:20:04
Je voudrais pouvoir en être aussi sûr...
Bonsoir, Paterculus.
1. Vous écrivez ce qui suit, et c'est bien entendu votre droit le plus strict :
" (et tout le monde savait que si les Pères en parlaient, ils le condamneraient) "
ce qui veut dire, si je ne m'abuse : "tout le monde savait que si les Pères avaient parlé du communisme, ils auraient condamné le communisme".
2. En un sens, ni vous ni moi n'en savons rien, et n'en saurons jamais rien : ce qui n'a pas été dit ne l'a pas été, ce qui n'a pas été fait ne l'a pas été, et l'on peut toujours spéculer sur les conséquences, éventuelles ou incertaines, possibles ou probables, d'une prise de position qui n'a pas été exprimée, mais cela ne change rien au fait que cette position n'a pas été exprimée, ou si mal, ou si peu, etc...
3. En revanche, nous quittons le terrain de la spéculation, pour rejoindre celui de la constatation, de l'observation
- de cette absence d'expression de la prise de position évoquée
et
- des conséquences les plus CERTAINES de cette absence de condamnation explicite, spécifique, radicale, substantielle, du communisme, au Concile Vatican II.
4. Les conséquences, nous le savons, ont été accablantes : l'absence de condamnation du communisme au Concile a en effet fait autorité chez bon nombre de catholiques, évêques, clercs et laics, en Europe occidentale, du milieu des années 1960 à la fin des années 1970, voire jusqu'à la fin des années 1980, pour les plus "indésaveuglables" d'entre eux.
C'est pourquoi, au contact de cette phrase, que votre message m'inspire : "tout le monde savait que si les Pères avaient parlé du communisme, ils auraient condamné le communisme", j'ajoute ce qui suit : je voudrais pouvoir en être aussi sûr...
5. Je viens de recommander à Presbu la (re)lecture de ce petit ouvrage : "Les évêques de France et le marxisme - histoire d'une connivence", de Jean BOURDARIAS ; il s'agit d'un ouvrage paru aux éditions Fayard, en 1991.
6. La grande leçon de toute cette affaire, c'est ceci : encore aujourd'hui, pour bon nombre de catholiques, l'irréalisme (aujourd'hui, vis-à-vis de l'islamisation ou de la vassalisation de l'Union européenne) est plus...(comment dit-on, déjà ?), "plus authentiquement évangélique" que le réalisme, surtout quand l'irréalisme s'autoproclame "de gauche" ou "ouvert" et disqualifie le réalisme "archaique" ou "rétrograde", car "de droite" ou "fermé".
C'est cette distorsion cognitive là qui me semble la plus grave conséquence de plusieurs facteurs, dont l'absence de la moindre condamnation, claire et ferme, et surtout dissensuelle, de quasiment quoi que ce soit de fondamentalement "moderne", à Vatican II.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.
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