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La différence de perspective est frappante entre les deux auteurs alors que leur propos est le même : expliquer l'arrivée (timide car, dans les deux cas, il ne s'agit que d'une messe au mieux mensuelle) de la forme extraordinaire dans une paroisse. Tandis que l'un affirme un droit et expose les modalités d'application qui lui semblent les plus adaptées, l'autre concède ce qu'il considère comme un privilège et l'assortit donc des restrictions d'usage.
– Le premier prend a priori les demandeurs pour des catholiques comme les autres. Il explique que “ les conditions (reconnaissance de la valeur de la forme ordinaire, sens de l’Église, volonté de communion) ” étant réunies “ pour recevoir cette demande comme légitime ”, décision a été prise de célébrer chaque dernier dimanche du mois, “ avec l’accord de [l'évêque] et sous la responsabilité [du] curé-doyen ”. Une communication simple et rassurante puisqu'on comprend que les détails ont été réglés pour le bien de tous : pour tenir compte “ du contexte paroissial et notamment de la diminution importante du nombre de prêtres en activité ”, “ deux prêtres assureront ce service en alternance ”.
– Le second soupçonne a priori les demandeurs d’être de dangereux « révisionnistes ». Il commence par expliquer qu'il “ ne saurait être question de la constitution d’un groupe particulariste se situant en opposition ou même en marge de la communauté, avec une catéchèse ou d’autres services à part ” et qu'il “ ne saurait non plus être question de remise en cause des apports du Concile, même sous l’aspect particulier de la réforme liturgique ”. Et d’énumérer six points qui semblent plus des conditions suspensives que des modalités d'application et qui portent tous en eux une menace sourde : la messe n'aura lieu que “ quelques dimanches dans l'année ” ; pas de prêtre remplaçant autorisé ; l'éventuel successeur de l'actuel curé ne sera pas tenu de continuer. Bref, le curé en question se fait législateur odieux
Sans en dire plus de l’un et de l’autre, précisons que le premier texte, fidèle aux directives de Benoît XVI, est d' un prêtre né après le concile, tandis que le second est d'un prêtre qui approche de ses 70 ans. Beaucoup estiment qu’il faut encore attendre dix ans pour que la mentalité des paroisses et des pasteurs de France ait radicalement changé. Nous pensons, pour notre part, que cinq ans suffiront