Numéro 6 : Presque le même constat que Benoît XVI.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2012-10-28 22:45:22

Numéro 6 : Presque le même constat que Benoît XVI.

Rebonsoir,

1. Benoît XVI, au début de l'Année de la Foi :

" Les dernières décennies ont connu une « désertification » spirituelle. Ce que pouvait signifier une vie, un monde sans Dieu, au temps du Concile, on pouvait déjà le percevoir à travers certaines pages tragiques de l’histoire, mais aujourd’hui nous le voyons malheureusement tous les jours autour de nous. C’est le vide qui s’est propagé. Mais c’est justement à partir de l’expérience de ce désert, de ce vide, que nous pouvons découvrir de nouveau la joie de croire, son importance vitale pour nous, les hommes et les femmes. Dans le désert on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre ; ainsi dans le monde contemporain les signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie, sont innombrables bien que souvent exprimés de façon implicite ou négative. Et dans le désert il faut surtout des personnes de foi qui, par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi tiennent en éveil l’espérance. La foi vécue ouvre le cœur à la Grâce de Dieu qui libère du pessimisme. Aujourd’hui plus que jamais évangéliser signifie rendre témoignage d’une vie nouvelle, transformée par Dieu, et ainsi indiquer le chemin. "

2. Ce message, à la fin du synode :

" Nous savons que, dans le monde, nous devons faire face à l’âpre combat contre «les Principautés et les Puissances », «les esprits du mal » (Ep 6, 12). Nous ne nous cachons pas les défis des phénomènes de globalisation, ni ne les craignons. Ils doivent être pour nous une chance pour l’élargissement de la présence de l’Évangile. De même les migrations - avec le poids de souffrance qu’elles comportent et dont nous voulons sincèrement être proches par un authentique accueil des frères - sont des occasions, comme cela est déjà arrivé dans le passé, de diffusion de la foi et de communion à travers la variété des formes qu’elles prennent. La sécularisation, mais aussi la crise de l’hégémonie de la politique et de l’État, conduisent l’Église à repenser sa propre présence dans la société, mais sans renoncer à cette présence. Les nombreuses et toujours nouvelles formes de pauvreté ouvrent des espaces inédits au service de la charité : la proclamation de l’Évangile engage l’Église à être proche des pauvres et à faire sienne leur souffrance à la manière de Jésus. Même dans les formes les plus âpres de l’athéisme et de l’agnosticisme nous entendons pouvoir reconnaître, bien que sous la forme de contradictions, non un vide, mais une nostalgie, une attente qui espère une réponse adéquate. "

J'ajoute ici le point suivant : à mon sens, le vide spirituel n'exclut

a) ni la nostalgie d'une plénitude spirituelle assimilée au passé historique ecclésial, ou identifiée au passé historique personnel, de la personne concernée,

b) ni l'angoisse, face à la perspective de devoir se soumettre et de ne pas pouvoir résister à une vacuité spirituelle encore plus grande, qui est encore à venir, mais qui est déjà devinable ou perceptible,

c) ni un ennui durable et profond, une indifférence à Dieu et à la question de Dieu, au moment où qui que ce soit vous en parle ou au moment où quoi que ce soit vous y fait penser.

Or, ma modeste théorie est à peu près la suivante : on comprendra le mode de remplissage de ce vide, chez la plupart de nos contemporains, uniquement en appelant ce par quoi ce vide est comblé, en recourant seulement à l'expression biblique requise pour désigner la chose : L'IDOLATRIE.

C'est la raison pour laquelle j'affirme que la post-modernité est néo-paienne, car elle est idolâtre, et "entend le rester", comme aurait dit qui vous savez.

Il me semble que tant que certains n'auront pas compris que les principaux donneurs d'ordre "spirituels" d'aujourd'hui, dont les principaux médias audio-visuels et ceux qui les dirigent, n'ont aucun intérêt à ce que cette idolâtrie

a) cesse de sévir, dans les coeurs et dans les moeurs, dans les familles et dans les nations,

b) soit dénoncée et combattue, en tant qu'idolâtrie multi-forme, par l'Eglise catholique,

la nouvelle évangélisation, aussi bien intentionnée soit-elle, aura du mal à contrer son adversaire, la sécularisation,

- alors que la sécularisation est vraiment opposée à Dieu, en tant que seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit,

- et que la sécularisation n'est absolument ce qu'elle dit être, quand elle dit être promotrice de l'homme ou au service de l'homme.

Bonne nuit.

Scrutator.
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