A l'attention, notamment, de Y. Daoudal et de Luc Perrin.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2012-10-27 11:59:53
A l'attention, notamment, de Y. Daoudal et de Luc Perrin.
Bonjour ou Rebonjour à Yves Daoudal et à Luc Perrin.
Je vous invite à relire ces paragraphes de Benoît XVI :
1. " Chez les français fut toujours plus mis en première ligne le thème du rapport entre l’Eglise et le monde moderne, à savoir le travail sur ce que l’on appelait le « Schema XIII », qui a ensuite donné naissance à la Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps.
Ici on touchait le point de la véritable attente du Concile. L’Eglise, qui à l’époque baroque avait encore, d’une certaine manière, modelé le monde, à partir du XIXème siècle était entrée d’une façon toujours plus évidente dans une relation négative avec l'époque moderne, qui ne commença vraiment qu’à ce ce moment-là. Les choses devaient-elles demeurer ainsi? L’Eglise ne pouvait-elle accomplir un pas positif dans les temps nouveaux?
Derrière la vague expression « monde d’aujourd’hui » se trouve la question du rapport avec l'époque moderne. Pour l’éclaircir il aurait été nécessaire de mieux définir ce qui était essentiel et constitutif de l'époque moderne. On n’y est pas parvenu dans le « Schéma XIII ».
Même si la Constitution pastorale exprime beaucoup de choses importantes pour la compréhension du « monde » et apporte d’importantes contributions sur la question de l’éthique chrétienne, sur ce point elle n’a pas réussi à offrir un éclaircissement substantiel. "
"Ici on touchait le point de la véritable attente du Concile."
(...)
"Sur ce point elle n’a pas réussi à offrir un éclaircissement substantiel."
CE N'EST PLUS UNIQUEMENT UN CONSTAT D'ECHEC SUR L'APRES CONCILE : C'EST UN AVEU D'ECHEC, A TOUT LE MOINS PLUS QUE PARTIEL, SUR LE CONCILE LUI-MEME.
2. " De manière inattendue, on ne trouve pas la rencontre avec les grands thèmes de l'époque moderne dans la grande Constitution pastorale, mais bien dans deux documents mineurs, dont l'importance est apparue seulement peu à peu, avec la réception du Concile.
Il s'agit tout d'abord de la Déclaration sur la liberté religieuse, demandée et préparée avec une grande sollicitude en particulier par l'épiscopat américain.
La doctrine de la tolérance, telle qu'elle avait été élaborée en détail par Pie XII, n'apparaissait plus suffisante (A QUI ET POURQUOI ?) face à l'évolution de la pensée philosophique (LAQUELLE ?) et de la manière de concevoir l'Etat moderne (LAQUELLE ?).
Il s'agissait de la liberté de choisir et de pratiquer la religion, ainsi que de la liberté d’en changer, en tant que droits fondamentaux de la liberté de l'homme.
Pour des raisons très profondes (LESQUELLES ?), une telle conception ne pouvait pas être étrangère à la foi chrétienne (VRAIMENT ?), qui était entrée dans le monde en demandant que l'Etat ne puisse pas décider de la vérité et ne puisse exiger aucun type de culte (VRAIMENT ?).
La foi chrétienne revendiquait la liberté de la conviction religieuse (LAQUELLE ?) et de sa pratique dans le culte (LEQUEL ?), sans pour autant violer le droit de l'Etat dans sa propre organisation: les chrétiens priaient pour l'empereur, mais ils ne l'adoraient pas.
De ce point de vue, on peut affirmer que le christianisme, avec sa naissance, a apporté dans le monde le principe de la liberté de religion (VRAIMENT ?).
Toutefois, l'interprétation de ce droit à la liberté dans le contexte de la pensée moderne (LAQUELLE ?) était encore difficile (POURQUOI ?) car il pouvait sembler (SEULEMENT ?) que la version moderne de la liberté de religion (MAIS QU'EST DONC CETTE VERSION MODERNE ?) présupposait l'inaccessibilité de la vérité pour l'homme et qu'elle déplaçait donc la religion fondamentalement dans le domaine de la subjectivité.
MAIS N'EST-CE PAS, PRECISEMENT, CE QUE PRESUPPOSE ET CE QUE DEPLACE LA VERSION MODERNE DE LA LIBERTE DE RELIGION, DANS LA PRATIQUE, SANS QUE SA PRATIQUE SOIT EN CONTRADICTION AVE SA THEORIE ?
Il a certainement été providentiel que, treize années après la conclusion du Concile, le Pape Jean-Paul II soit venu d'un pays dans lequel la liberté religieuse était contestée par le marxisme, c'est-à-dire dans lequel régnait une forme particulière de philosophie d'Etat moderne.
Le Pape provenait d'une situation qui ressemblait par certains côtés à celle de l'Eglise antique, si bien que devint à nouveau visible le rapport intime entre la foi et le thème de la liberté, en particulier la liberté de religion et de culte. "
LE COMMUNISME ET L'ISLAMISME SONT DEUX RELIGIONS SECULIERES ; POURQUOI DONC L'OPPOSITION CATHOLIQUE A L'ISLAMISME SERAIT-ELLE MOINS PROVIDENTIELLE QUE L'OPPOSITION CATHOLIQUE AU COMMUNISME ?
3. " Le deuxième document qui se serait ensuite révélé important pour la rencontre de l'Eglise avec l'époque moderne est né presque par hasard et s'est développé en plusieurs étapes. Je fais référence à la déclaration Nostra aetate sur les relations de l'Eglise avec les religions non chrétiennes.
Au début, l'intention était de préparer une déclaration sur les relations entre l'Eglise et le judaïsme, un texte devenu intrinsèquement nécessaire après les horreurs de la shoah.
" un texte devenu INTRINSEQUEMENT NECESSAIRE (?) après les horreurs de la shoah "
POURQUOI PAS, MAIS AUSSI POURQUOI INTRINSEQUEMENT NECESSAIRE ?
Les Pères conciliaires des pays arabes ne s'opposèrent pas à un tel texte, mais ils expliquèrent que si l'on voulait parler du judaïsme, alors il fallait aussi prononcer quelques mots sur l'islam. Nous n'avons compris que peu à peu en occident à quel point ils avaient raison à cet égard.
Enfin, l'intuition se développa qu'il était juste de parler également de deux autres grandes religions – l'hindouisme et le bouddhisme – ainsi que du thème de la religion en général.
LE BOUDDHISME EST-IL UNE RELIGION, AU SENS PROPRE DU TERME ?
QUELLE EST LA DEFINITION CATHOLIQUE DE LA RELIGION EN GENERAL ?
A cela s'ajouta ensuite spontanément une brève instruction relative au dialogue et à la collaboration avec les religions dont les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles devaient être reconnues, conservées et promues (cf. n. 2).
POUR QUELLES RAISONS, PAR QUELS MOYENS, ET SURTOUT DANS QUELS BUTS ?
Ainsi, dans un document précis (?) et extraordinairement riche (?), fut abordé pour la première fois (ALORS : PLUTOT CONTINUITE OU PLUTOT RENOUVEAU ?) un thème dont l'importance à l'époque n'était pas encore prévisible.
La tâche que celui-ci implique, les efforts qu'il faut encore accomplir pour distinguer, éclaircir et comprendre, (ALORS QUE NA EST "PRECIS" ET "RICHE" ?) apparaissent toujours plus évidents (A QUI ET POURQUOI ?).
Au cours du processus de réception active est peu à peu apparue également une faille dans ce texte, qui est en soi extraordinaire
(C'EST LA FAILLE, OU C'EST LE TEXTE, QUI EST EN SOI EXTRAORDINAIRE ?):
celui-ci parle de la religion (LAQUELLE ?) uniquement de manière positive et ignore les formes malades et déviées (LESQUELLES ?) de religion, qui du point de vue historique et théologique ont une vaste portée (LAQUELLE ?) ; c'est pourquoi, dès le début, la foi chrétienne a été très critique, que ce soit vers l'intérieur ou vers l'extérieur, à l'égard de la religion (LAQUELLE ?). "
Je vous renvoie enfin à cette phrase :
" L’Eglise, qui à l’époque baroque avait encore, d’une certaine manière, modelé le monde, à partir du XIXème siècle était entrée d’une façon toujours plus évidente dans une relation négative avec l'époque moderne, qui ne commença vraiment qu’à ce ce moment-là. "
Ce ne serait pas plutôt le contraire ?
Le monde (moderne), qui à l’époque baroque avait encore, d’une certaine manière, accepté d'être modelé par l'Eglise, à partir du XIXème siècle était entré d’une façon toujours plus évidente dans une relation négative avec l'Eglise, relation négative qui ne commença vraiment qu’à ce ce moment-là.
MAIS
- le monde (moderne) a-t-il LE DROIT d'être en relation, positive si possible, négative si nécessaire, avec l'Eglise ?
- l'Eglise a-t-elle LE DEVOIR d'être en relation positive avec le monde (moderne), quelle que soit la réaction, positive ou négative, du monde (moderne), face à cette volonté de relation positive de l'Eglise ?
Bonne journée.
Scrutator.
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