Impossible n'est pas Français
Le Forum Catholique
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Rothomagus - 2012-10-10 12:56:40
Impossible n'est pas Français
C'est en tout cas, ce que disait Napoléon Bonaparte.
Je comprends bien que vous êtes convaincu par ce que vous dites, cela ne me convainc pas pour autant.
1°) On s'interroge beaucoup, ces derniers temps, sur "l'esprit de Vatican II". On devrait aussi s'interroger sur "l'esprit de Trente".
2°) L'Eglise disons "ordinaire" ne parvient pas encore à résorber la fracture entre les fidèles et l'institution, créée par cet élitisme tridentin. Je maintiens que la coupure du monde pour des séculiers, à notre époque, et parce que les temps ont changé en Europe en matière éducative, n'est pas une solution pérenne.
3°) L'Eglise "extraordinaire", c'est à dire le petit monde de la Tradition, ne parvient pas plus à éviter les poncifs. Cependant, la FSSPX, et un peu la FSSP, utilisent le seul moyen traditionnel de contourner l'obstacle :
Par un système éducatif qui leur est propre, ils permettent à de jeunes gens extraits de la société contemporaine, de vivre dans des écoles où la prêtrise est envisagée naturellement. Et où cela ne représente pas une coupure franche entre leur vie quotidienne, et leur futur au séminaire.
4°) Cependant, ce biais éducatif ne résoud pas le problème initial. Jusqu'au XVIIème siècle, toutes les couches de la société et toutes les paroisses même minuscules pourvoyaient, par l'organisation ancienne du clergé, les diocèses en clercs et prêtres. Progressivement, une fracture s'est établie et une longue et lente diminution du recrutement s'est faite sentir.
5°) La question n'est pas de savoir pourquoi l'Europe ne recrute plus beaucoup de prêtres, mais pourquoi certains autres pays, dans les mêmes conditions canoniques, le font en nombre plus important. Parce que ces pays sont des pays pauvres sans système éducatif obligatoire, ou des pays à peine développés ou en développement dont la prêtrise représente une ascension sociale. Et que les écoles privées y sont souvent demeurées pourvoyeuses de vocations. Là encore, la prêtrise peut apparaître comme une évolution naturelle pour le chrétien convaincu. Et le séminaire la voie unique, dans la continuité d'études secondaires.
6°) Si on ne se pose pas les bonnes questions, jamais nous ne trouverons les bonnes réponses. Comment la catholique de base (et non pas l'hypercatholique traditionnaliste), vivant dans notre société, peut-il envisager de devenir prêtre ? Eh bien, à de rares exceptions près, il ne l'envisage pas du tout. Car, même praticant régulier, la coupure instaurée par Trente via les séminaires existe toujours. Que l'inclinaison naturelle de certains est refroidie par le fait de devoir presque quitter le monde pendant quelques années, alors que leur vocation séculière, d'être "dans le siècle", pourtant ne devrait pas les y obliger.
Comment lever cet obstacle sans créer une alternative à la formation dans des séminaires (séminaires entendus en tant que lieux physiques, et non pas en tant que processus de formation) ?
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